La valeur minière continue à  faire les frais de son profit warning

La pilule a du mal à passer pour le marché. Déjà deux semaines que la filiale minière d’Ona, Managem, a joué cartes sur table en annonçant un avertissement sur résultat (profit warning) de 600 MDH au titre de son exercice 2008, et son cours boursier n’en finit toujours pas de chuter. Du 14 janvier 2009 (date où la perte prévisible été rendue publique) au 26 janvier, le titre se sera départi de 35,2%, passant d’un cours de 229,95 DH observé le 15 janvier à 149 DH le 27 du mois. En remontant à un peu plus loin , tout juste au 25 décembre 2008, la dégringolade frôle les 38%.
Aux antipodes de ces déboires, l’autre minière de la cote, Compagnie Minière de Touissit (CMT),  affiche une santé insolente en ayant accumulé sur les 2 dernières semaines une croissance d’un peu plus de 25%. Ce que les deux valeurs minières de la cote ne se valent pas… du moins à comparer leurs fondamentaux. Elles sont pourtant soumises à un même contexte de crise internationale, qui a nettement fait chuter les cours des métaux et des différents minerais. Seulement, au moment où CMT brandit des contrats de couverture optimisée, pour maintenir ses résultats inchangés, Managem périclite.
Tout se sera bousculé pour la filiale minière : effondrement des cours des principaux métaux exploités (cobalt, cuivre, zinc et plomb) au second semestre 2008, renchérissement des intrants notamment les réactifs (acide sulfurique). En catastrophe, une charge de 200 MDH a été constatée afin d’aligner les engagements de couvertures sur les productions prévisionnelles de l’or de la mine d’Akka. Une manœuvre qui permettrait d’«alléger le portefeuille de couverture à des conditions de marché favorables», justifie le management de l’entreprise. Ce qui n’en établit pas moins la perte consolidée de Managem pour 2008, comme cité auparavant, à 600 MDH.
Neanmoins, des actions ont été déployées par  le groupe pour sauver les meubles. Celles-ci passent par une rationalisation des coûts de production de toutes les filières de Managem et l’exploitation des chantiers présentant des marges élevées, pour une meilleure compétitivité compte tenu des niveaux actuels des cours. Les gains escomptés s’élèveraient à environ 200 MDH. A court terme, le mot d’ordre est au recentrage sur les investissements qui présentent la meilleure rentabilité et qui concourent à la génération rapide de cash. Dans la foulée, les investissements seraient ramenés à 60% de la capacité d’autofinancement du groupe. La logique derrière toutes ces mesures étant d’«augmenter la capacité de résistance face à la crise actuelle à court terme pour rétablir l’équilibre opérationnel en 2009». Partant, l’opérateur minier maintient ses perspectives de croissance, avec un objectif de chiffre d’affaires dépassant les 3 milliards de DH et une marge opérationnelle de l’ordre de 20% à l’horizon de 3 ans.