La réparation automobile rapporte gros !

Un garage de 200m2 nécessite un investissement de départ de 340000DH, hors local.
Une marge commerciale de 25% est appliquée sur la vente des pièces de rechange.
L’affaire peut rapporter un bénéfice net de 660000 DH par an en début d’activité.

Le secteur de la réparation automobile subit une mutation. Dans les principales villes du Royaume, les mécaniciens de quartier commencent à disparaître au profit des garages organisés proposant une gamme élargie de services en plus de la vente des pièces de rechange de plusieurs marques. Cette tendance est alimentée par le changement des habitudes des automobilistes. En effet, ces derniers, aux dires des spécialistes, préfèrent de plus en plus se rendre chez un garagiste pour réparer ou faire contrôler leurs véhicules, ou tout simplement avoir un devis avant de se décider, plutôt que de s’orienter vers un magasin de pièces détachées, puis vers le mécanicien du quartier. Ainsi, le client économise d’abord son temps car le garagiste propose non seulement la réparation, mais le produit à remplacer également. Ensuite, il est sûr de la qualité de service puisque les garagistes utilisent du matériel adapté, vendent des produits de marque et emploient un personnel qualifié. Certains proposent même des prestations avec garantie. Enfin, le client bénéficie également du service après-vente. Ce qui leur donne davantage de crédibilité par rapport à leurs concurrents non structurés.

En plus de ces avantages comparatifs, avec l’accroissement continu du parc automobile les garagistes se frottent les mains car la demande progresse parallèlement. Pour ainsi dire, ouvrir un garage est aujourd’hui un business juteux. Mais encore faut-il que l’investissement et l’organisation du travail soient effectués dans les règles de l’art dans le but de proposer un service complet, crédible et de qualité. Il faut savoir qu’ouvrir un garage peut s’effectuer de deux manières différentes. L’investisseur peut soit adhérer à un réseau de franchise international, c’est-à-dire représenter une grande marque, ou être indépendant sous sa propre marque (voir encadré). En tout cas, ouvrir un garage d’une superficie de 200 m2 nécessite un investissement d’environ 340 000 DH, hors local. L’affaire peut rapporter un bénéfice net d’un peu plus de 660 000 DH la première année, correspondant à une marge nette de 27%, sachant que notre exemple se base sur un garage ouvert par un particulier sous aucune marque connue.

Près de 80% des charges vont à l’achat de pièces de rechange

Pour se lancer dans ce business, il faudra trouver un local ayant pignon sur rue dans une zone assez fréquentée, avec un trafic de voitures élevé. Ce local doit disposer d’une superficie minimale de 200 m2 en vue d’y installer tous les équipements nécessaires. Pour l’aménagement, il faut compter 50 000 DH pour arranger les conduites d’eaux et les fils électriques, pour la peinture et pour répartir l’espace selon les activités. Dans ce cadre, il faut prévoir un espace pour les différents appareils, un autre pour le stockage des produits consommables et un autre servant de vestiaire au personnel. Pour sa part, l’équipement nécessite un budget d’un peu plus de 180 000 DH. Il inclut 2 ponts-élévateurs d’un montant de 30 000 DH chacun.

Les professionnels du secteur recommandent de ne pas recourir aux marques chinoises qui sont dangereuses pour le personnel et de faire plutôt appel aux marques qui répondent aux normes européennes de sécurité. Notons que leur prix peut aller jusqu’à 150 000 DH en fonction de leur taille, de leur marque et de leur durée de vie. Il faut également prévoir un appareil de diagnostic à 35 000 DH servant à repérer les réparations à réaliser dans une voiture, un testeur de batterie à 8 000 DH, en plus d’une station de climatisation avec ses accessoires à 35 000 DH. Il s’agit d’un appareil qui mesure la quantité de gaz de refroidissement dans une voiture pour comparer son degré de conformité avec la quantité idéale dont elle doit disposer.

En outre, un garage doit inclure un chargeur de batterie à 12000 DH, un compresseur (appareil qui produit de l’air pour gonfler les pneus) à 5 000 DH et un récupérateur-aspirateur d’huile à 7000 DH. Parallèlement, il faut s’équiper de servante (une table qui contient différentes clés) à 10 000 DH. Pour la même somme, il faut prévoir les divers équipements à l’instar des chandelles, des crics, des couchettes pour les mécaniciens… Un logiciel d’une valeur de 30 000 DH est également indispensable pour la gestion de l’atelier ainsi que d’autres équipements à l’instar d’un ordinateur, imprimante, chaises pour la réception du personnel…, d’une valeur de 30 000 DH. Et vu que l’affaire pourrait ne pas tourner à plein régime dès les premiers mois d’activité, il faut prévoir un fonds de roulement de 50000 DH pour faire face aux charges récurrentes.Ces charges sont liées au loyer du local, à la masse salariale et aux frais de service, mais le plus gros va à l’achat des pièces de rechange.

En effet, les charges locatives peuvent se limiter à 10 000 DH par mois pour un local de 200 m2 sur une avenue centrale, soit 120 000 DH annuellement. La masse salariale, elle, engendre des charges de 132 000 DH par an et englobe 2 mécaniciens à un salaire mensuel de 4 000 DH chacun et 1 aide-mécanicien à 3 000 DH. Quant aux frais de services, ils occasionnent une charge annuelle de 12 000 DH.Pour les pièces de rechange et les consommables, le garagiste devra constituer un stock. Il est recommandé dans un premier temps de s’approvisionner à un rythme mensuel. A mesure que l’activité prend de l’ampleur, le propriétaire pourra se doter d’un stock servant à 3 mois de consommation ou même plus, en fonction de ses besoins et de son budget. Quoi qu’il en soit, un garage ayant un bon emplacement devrait écouler 20 batteries par mois, dont le prix d’acquisition est de 800 DH l’unité, soit une charge annuelle de 192 000 DH ; 50 filtres à huile à 300 DH chacun, soit 180 000 DH et des plaquettes et des disques de freins pour un montant global de 216 000 DH à raison de 300 DH par unité. De même, il faut prévoir un budget de 180 000 pour les lubrifiants à 200 DH le bidon, 10 kits de 4 bougies à 24 000 DH et 10 courroies d’alternateur et de distribution au même prix. De plus, le garage pris en exemple devrait commercialiser 5 amortisseurs par mois coûtant au total 90000 DH annuellement à raison de 1 500 DH chacun. Il devrait distribuer également en moyenne 10 embrayages mensuellement pour une charge annuelle de 120 000 DH, soit 1000 DH par unité. A cela, il faut ajouter les diverses charges relatives à l’entretien récurrent du garage ou encore aux uniformes des mécaniciens, pour un budget de 18 000 DH. En tenant compte de l’amortissement du matériel d’équipement sur une durée de 10 ans à 16 200 DH, les charges annuelles totalisent près de 1,5 MDH.

Les garagistes appliquent une marge commerciale de 25% en moyenne sur les batteries, filtres et matériel de freinage (disques et plaquettes) et de 20% sur les autres pièces, à savoir les amortisseurs, les embrayages, les bougies, les courroies… Pour illustrer, une batterie acquise à 800 DH par mois est facturée au client à 1 000 DH. Aussi, un client ayant besoin de remplacer un amortisseur devra payer 1 875 DH alors que la pièce coûte au garagiste 1 500 DH… Ainsi, dans notre exemple, les recettes liées à la vente d’articles d’entretien s’élèvent à près de 110 000 DH par mois, soit 1,3 MDH par an. Cela sans compter le prix de la main-d’œuvre. Généralement, celle-ci est facturée à 100 DH/heure. En supposant un garage qui fonctionne 8 heures par jour, samedi compris, les recettes générées par les 2 mécaniciens embauchés atteignent environ 500 000 DH par an. Mis à part ces activités, il est des clients qui se rendent chez le garagiste pour des petites interventions ou des réparations rapides. Ces prestations diverses génèrent un chiffre d’affaires de 50 000 DH par mois, soit 600 000 DH par an.En tout, le garage peut générer 2,4 MDH de recettes par an. En déduisant les charges annuelles, le bénéfice se monte à 944 000 DH. Avec un IS de 30%, l’activité offre un bénéfice net de 660 450 DH, soit une marge nette de plus de 27% nI.B.