La rémunération des dépôts à  terme revient à  la normale

Le taux moyen pondéré des dépôts sur 6 mois est passé de 3,96% en décembre 2008 à  3,48% en mars dernier. Celui des DAT sur 1 an a reculé de 4,34% à  3,89%.
Malgré cette baisse de la moyenne, sur le terrain, les banquiers continuent à  servir du 4% ou plus, pour attirer les clients importants.

Après avoir franchi la barre des 4% durant la deuxième moitié de 2008, les taux moyens pondérés (TMP) des dépôts à terme (DAT) reviennent à la normale. Selon les dernières statistiques de Bank Al-Maghrib (BAM) sur l’évolution des taux créditeurs, le TMP des dépôts sur 6 mois est passé de 3,96% en décembre 2008 à 3,48% en mars 2009, soit une baisse de près de 50 points de base. De même, celui des DAT sur 1 an a reculé de 4,34% à 3,89%, marquant une régression de 45 points de base.
Ainsi, les taux des DAT observés par la banque centrale semblent avoir rompu avec les niveaux exceptionnels qui avaient fait le bonheur de plusieurs investisseurs en 2008. Il faut dire que la course des banques pour la collecte des dépôts afin de faire face à leurs besoins de liquidités s’est quelque peu calmée dernièrement. Avec la bonne progression de l’encours des DAT en 2008, et même durant le premier trimestre 2009, le tassement du rythme de croissance des crédits, la baisse du taux directeur qui a rendu moins onéreux le recours des banques aux avances de BAM et, non moins important, l’abaissement du taux de la réserve monétaire obligatoire, le recul des taux de ces instruments de placement se trouve justifié.
En effet, l’encours des DAT a progressé de près de 23% en 2008, s’établissant à 154,4 milliards de DH à la fin de l’année. Durant le premier trimestre de 2009, il a évolué de 3,2%, à 159,3 milliards de DH, alors que le total des dépôts bancaires a reculé de 1,5% sur la même période. C’est dire si l’engouement des investisseurs pour ce produit de placement «classique» est devenu important en ces temps de morosité boursière et de manque de visibilité sur le marché des bons du Trésor. En face, les crédits n’ont augmenté que de 1,8% durant le premier trimestre 2009, ce qui montre que les banques n’ont plus besoin d’autant de liquidités qu’en 2008 pour financer l’économie.

Jusqu’à 4,75% pour un DAT sur 1 an effectué par un MRE
De leur côté, et après l’abaissement, le 25 mars dernier, par la banque centrale de son taux directeur de 25 points de base, le ramenant à 3,25%, les avances hebdomadaires de BAM sont devenues moins coûteuses pour les banques, permettant à ces dernières de limiter leurs propositions de taux élevés sur les DAT pour collecter plus de ressources.
Fini donc les taux d’intérêt supérieurs aux rendements des actions ou à ceux des bons du Trésor ? Pas tout à fait. Sur le terrain, plusieurs banquiers interrogés affirment que la situation n’a pas beaucoup changé par rapport à 2008. «Même si les taux standards des DAT sont restés inchangés et que l’encours de ces dépôts a beaucoup augmenté dernièrement, nous continuons toujours de proposer aux clients intéressants des niveaux de taux supérieurs aux niveaux officiels», confie un directeur d’agence.
Les taux standards -appliqués à minima- des DAT sont en effet toujours à 2,75% pour un dépôt sur 3 mois, à 3% sur 6 mois et à 3,25% sur 1 an. Seulement, et il s’agit d’une pratique courante, les banquiers n’hésitent pas à soumettre aux comités directeurs ce qu’ils appellent «une dérogation» ou «un surpaiement» pour appliquer à un client un taux plus élevé. Chez une grande banque de la place, on assure qu’un gros client peut toujours obtenir pour un dépôt sur 1 an jusqu’à 4,25% d’intérêt, et que, pour un MRE, ce taux peut atteindre 4,75%. «Ces niveaux intéressent tellement nos clients que beaucoup d’entre eux n’hésitent pas à convertir leurs plans d’épargne-retraite, moins avantageux en termes de fiscalité et de liquidité, en DAT sur 1 an renouvelables pendant un certain nombre d’années, par exemple pendant 3 ans. Nous leur donnons la possibilité d’effectuer cette conversion», affirme l’un des responsables de cette banque.
Des taux d’intérêt intéressants peuvent donc toujours être obtenus. Mais selon certains directeurs d’agences, se voir accorder un surpaiement de DAT par rapport aux taux standards n’est plus automatique. «Dernièrement, notre direction générale a demandé aux chefs d’agences de ne plus proposer de dérogation de taux systématiquement», confie l’un d’entre eux. Ce responsable explique que pour sa banque, il n’est plus question d’accorder des taux dérogatoires aux anciens clients qui souhaitent reconduire leurs dépôts, sauf quand il s’agit de sommes importantes. Il précise toutefois que les taux exceptionnels sont toujours de vigueur pour attirer de nouveaux clients ou recruter ceux des autres banques.
Ainsi, pour obtenir un meilleur taux, il ne faut pas hésiter à négocier ou à faire jouer la concurrence. Il faut savoir aussi que le système bancaire est toujours déficitaire en termes de liquidités, ce qui devrait maintenir la demande des banques en matière de dépôts, et qu’une agence peut avoir besoin de plus de liquidités qu’une autre, même quand il s’agit de la même banque.