La rémunération des comptes sur carnet devrait encore une fois se replier

Ce repli interviendra consécutivement au recul des taux des bons du Trésor à 52 semaines. La baisse devrait être de moindre ampleur que les deux derniers semestres. Le rendement devrait atteindre environ 2%, soit un plus bas jamais atteint.

Les comptes sur carnet rapportent de moins en moins. Les taux servis par les banques se sont inscrits sur une tendance baissière depuis 2013. Ils sont passés de 3,74% au second semestre 2013 à 2,12% à la même période en 2015, perdant ainsi 1,6 point. En cause notamment, le repli des taux des bons de Trésor à 52 semaines sur lesquels est indexé le rendement de ces produits. La situation n’est pas près de se redresser de sitôt et la rémunération des comptes sur carnet devrait encore une fois baisser le premier semestre de l’année prochaine. Cela dit, ce repli devrait être de moindre ampleur que celui enregistré les deux derniers semestres. Avec un taux moyen pondéré des bons du Trésor à 52 semaines de 2,51%, et en déduisant 50 points de base comme le prévoit la formule de calcul du taux des comptes sur carnet, ces derniers devraient rapporter plus ou moins 2%, soit un plus bas jamais atteint. En net (après déduction de la TPPRF de 30%), le taux se situerait aux alentours de 1,4%.

Il faut dire que la ligne de taux utilisée comme référence par Bank Al-Maghrib a fortement baissé depuis la fin de l’année 2013. Elle a poursuivi son recul au courant de 2014 pour se stabiliser légèrement cette année. Depuis le début du mois de juin, le taux moyen pondéré a perdu 7 points de base, principalement en raison du Trésor qui se désintéresse des maturités courtes et s’oriente vers les échéances moyennes et longues. En effet, il a davantage axé ses levées sur la maturité de 5, 10 et 15 ans, et dans une moindre mesure le 20 ans. L’amélioration de la situation des finances publiques y a fortement contribué. De plus, l’Etat a reçu récemment 2 prêts auprès de la Banque Mondiale de 200 millions de dollars chacun, destinés conjointement à la réforme de la gouvernance et l’amélioration des transports publics. Par conséquent, il a encore plus ralenti le rythme de ses levées sur le marché local de la dette, enfonçant davantage les taux. En tout cas, les professionnels du marché obligataire avaient bien prévu une courbe assez plate cette année vu les besoins limités du Trésor. De leur côté, les investisseurs n’ont pas manqué de revoir leurs anticipations et leurs exigences à la baisse, se contentant pendant bien des séances de s’aligner sur ce qu’offre le Trésor.

En dépit de la baisse continue de la rémunération des comptes sur carnet, il reste néanmoins un placement intéressant parce que, d’une part, il est liquide et accessible aux petits épargnants. D’autre part, les plus gros déposants l’utilisent en vue de pondérer la rentabilité de leur portefeuille. Il n’y a qu’à voir l’évolution de l’encours de ces comptes d’épargne pour s’en apercevoir. Il s’est situé à fin octobre à 137 milliards de DH, en hausse de 8,2% depuis octobre 2014 et de 14,6% sur 2 années glissantes.