La folie des denrées

Les prix montent. Partout dans le monde, c’est le même phénomène qui prend de l’ampleur. Blé, maïs, soja, riz… Le prix des denrées alimentaires continue de monter, pour atteindre des sommets que l’on n’a pas connus depuis 1984 (avec des données ajustées de l’inflation). Le problème de la mondialisation est que ces prix ne dépendent pas uniquement du temps qu’il fait au dessus de nos têtes. Aujourd’hui, même le climat doit être considéré d’une manière «globale». Et les raisons de la flambée des denrées alimentaires ne manquent pas : sécheresse en Russie, en Chine et en Argentine, inondations au Canada et au Pakistan, hausse du pétrole et du coût du transport… On a dompté la nature, mais on ne maîtrise pas toujours les éléments. A ces aléas  s’ajoutent aussi les réactions paniquées des importateurs, qui s’empressent d’augmenter leurs réserves de grains avant qu’ils ne soient encore plus chers. Et la spéculation financière, dans tout cela? Le G20, présidé actuellement par la France de Sarkozy, n’a de cesse de l’accuser de tous les maux. Elle augmente la volatilité, il est vrai, mais la spéculation seule ne peut maintenir les prix élevés sur le long terme. Le G20 doit impérativement apporter des solutions, mais il se trompe peut être de cible. En dehors des circonstances climatiques actuelles, qui restent heureusement temporaires, le véritable problème est que nous serons 9 milliards en 2050, et que nous voudrons tous manger à notre faim, de manière plus diversifiée. Et ce soir encore, des millions de personnes se coucheront le ventre vide. Ils auront soif, aussi. Mais ça, c’est encore une autre histoire!