La falaise de l’économie

Le bonhomme court à  toute vitesse au devant de la falaise, et tant qu’il ne voit pas le vide sous ses pas il continue de courir… Ce gag récurrent, qui fait partie des grands classiques des dessins animés, est souvent drôle.

Le bonhomme court à toute vitesse au devant de la falaise, et tant qu’il ne voit pas le vide sous ses pas il continue de courir… Ce gag récurrent, qui fait partie des grands classiques des dessins animés, est souvent drôle. Mais l’image l’est beaucoup moins lorsqu’elle s’applique à l’économie mondiale. Et ça l’est d’autant moins lorsque c’est l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), qui publie des mises en garde. En effet, l’organisation internationale estime que la reprise actuelle de l’économie mondiale devrait ralentir sensiblement en 2011. Mais, surtout, elle fait état de risques clairs pour la  croissance : l’insoutenabilité des dettes publiques des pays européens, notamment l’Irlande, le Portugal et l’Espagne, l’incertitude sur l’état des bilans des banques, qui possèdent encore beaucoup d’actifs toxiques, l’indisponibilité du crédit, ou encore la possible rechute de l’immobilier américain. Et tout ceci dans un contexte difficile de tensions sur les changes… Mais la principale question que l’OCDE pose est peut-être la plus inquiétante. Les politiques de soutien des gouvernements, après avoir relancé quelque peu la machine, deviennent de moins en moins efficaces, et ne peuvent être maintenues beaucoup plus longtemps. Alors comment faire en sorte de maintenir la croissance sans soutien de l’Etat ? Peut-être bien que le bonhomme européen commence à comprendre qu’il marche dans le vide. Il faudrait vite trouver une solution durable car dans les dessins animés, après la prise de conscience, il y a la chute.