La Bourse en 2004 : entre records et insuffisances

Pour la Bourse de Casablanca, l’année 2004 est celle de tous les records. A commencer par la capitalisation, qui a pointé à 206,13 milliards de DH à fin décembre, effaçant ainsi la performance de 159 milliards de fin août 1998, qui a précédé une spirale baissière de plus de quatre ans. Du coup, grâce à une seule opération, en l’occurrence l’OPO de Maroc Telecom, le Maroc soigne la «marchéisation» de son économie. Son ratio capitalisation / PIB se hisse de 28%, juste avant la cotation de l’opérateur, à plus de 43% à la fin de l’exercice. Certes, on est encore loin de certains pays émergents qui dépassent les 100% mais le pas franchi est gigantesque. Toutefois, l’euphorie de la capitalisation ou de l’engouement populaire pour le placement en Bourse ne devrait pas occulter la défaillance de cette dernière à remplir son véritable rôle de financement de l’investissement. L’année 2004 s’achève sur un faible montant (moins de 300 MDH) de fonds propres levés par émission d’actions nouvelles. Rapporté aux 5,2 milliards de DH distribués en dividendes au titre de la même période, le ratio en découlant est à moins de 5% alors qu’il se situe historiquement, pour un pays comme la France, à 130%.