Jlec : les analystes s’attendent à  une stabilisation du cours

L’opération d’introduction a été sursouscrite 6,7 fois, un niveau jugé fort vu le contexte actuel. La première séance de cotation s’est soldée par une hausse du cours de 1% seulement et une position vendeuse des particuliers.

L’introduction en Bourse de Jlec a attiré beaucoup de souscripteurs, toutes catégories confondues. En effet, l’opération a été sursouscrite 6,7 fois, soit un taux de satisfaction globale de la demande de près de 15%. Ainsi, le montant total souscrit a totalisé plus de 6 milliards de DH pour une offre de titres de 1 milliard de DH.

Dans le détail, la catégorie des salariés est celle qui a été la mieux servie avec un taux de satisfaction de 56% pour un montant souscrit de 62 MDH. La 2e catégorie relative aux personnes physiques dont la demande n’excède pas 560 titres a été satisfaite à concurrence de 23,5%, soit un montant demandé de 767 MDH. Les particuliers exprimant une demande supérieure à 561 titres avec un maximum de 11 740 actions (3e type d’ordre) n’ont été servis qu’à hauteur de 7% de leur demande, pour un total de près de 2 milliards de DH. Enfin, la demande des institutionnels et des étrangers a été comblée à 13,2% et 27,3% respectivement pour des montants demandés de 3 milliards de DH et 925 MDH.

La demande exprimée sur l’action est qualifiée de «forte» par certains analystes compte tenu du contexte actuel du marché boursier. Selon eux, la sursouscription enregistrée témoigne d’un retour progressif de la confiance, surtout que le marché manque de papier frais. D’autant que la liquidité est bel et bien existante, sauf qu’elle est réorientée vers d’autres produits de placement, monétaires et obligataires notamment. Mais, si l’on compare cette introduction avec celles des années glorieuses où la bourse battait des records, l’engouement des investisseurs paraît minime. A titre d’exemple, l’introduction du promoteur immobilier Addoha qui portait sur un montant de 2,7 milliards de DH a été sursouscrite 17,5 fois, soit un taux de satisfaction de la demande de 5,7%. L’opération de la CGI (3,5 milliards de DH) a, elle, drainé une demande 100 fois supérieure à l’offre, établissant le taux de satisfaction à 0,71%.

D’ailleurs, c’est en procédant à ce comparatif que d’autres professionnels estiment que le titre n’a pas réussi à attirer autant d’investisseurs sur la place. Même les étrangers, connus pour être les faiseurs du marché, ne se sont pas réellement engagés sur la valeur en raison de son niveau de valorisation, plus élevé que la moyenne du marché, selon les analystes.

Il faut toutefois relativiser car le contexte économique n’est pas le même, encore moins les conditions de souscription aux opérations d’introduction en bourse. En effet, entre 2006 et 2008, l’économie marocaine se portait bien et le marché boursier était inscrit sur un trend haussier, ce qui favorisait les placements risqués. De plus, les souscriptions pouvaient être réalisées par procuration et à crédit (effet de levier), ce qui dopait la demande. Ces deux moyens ont été interdis il y a quelques années, compte tenu des problèmes relatifs à la multiplication des sous-comptes et au remboursement des crédits contractés pour l’achat d’actions. Tout cela a eu pour conséquence de limiter la demande des titres au cours des dernières opérations d’introduction.

En outre, certains analystes considèrent que la nature de la société est différente. «Avec des perspectives stables et un business plan certain, le titre ne peut être considéré comme une valeur de croissance ou de spéculation», souligne l’un d’entre eux. Autrement dit, les acquéreurs du titre sont plus intéressés par les dividendes distribués que par l’évolution du cours en bourse.

Quoi qu’il en soit, pour sa première séance de cotation, le titre a clôturé à un cours de 452 DH, en hausse de seulement 1% par rapport à son prix d’émission de 447,50 DH, et a totalisé un volume de 93 MDH sur le marché central et 200 MDH sur le marché de blocs. Fini donc les réservations à la hausse de 10% lors des premières séances de cotation ! Est-ce un signe de maturité du marché ou de manque d’intérêt d’investisseurs ? En tout cas, pour les prochains mois de cotation, les analystes s’attendent à une stabilisation du cours, voire à une baisse due à un mouvement de vente des personnes physiques. D’ailleurs, le titre a fini la séance du 24 décembre sur une position vendeuse. Cela dit, «c’est en constatant une baisse du cours que les institutionnels marocains et étrangers pourraient se repositionner sur le titre», conclut notre source.

De manière générale, les analystes s’accordent à affirmer que Jlec contribuerait certes à redresser la situation sur le marché, mais qu’elle reste une valeur de fond de portefeuille qui ne devrait pas booster les échanges. Cependant, ils sont plus confiants par rapport à Marsa Maroc et au comportement de son cours boursier.