Jeunes promoteurs : l’offre bancaire pour accompagner les projets reste très limitée

Seuls le crédit «jeune entreprise» et le crédit «Moukawalati», deux produits garantis par l’Etat, sont proposés.
Le financement ne peut dépasser 1 MDH dans la première formule et 250 000 DH dans la seconde.
Informatique, télécoms et enseignement, les secteurs privilégiés par les jeunes entrepreneurs.

Que peut faire aujourd’hui un jeune entrepreneur pour financer la création de son entreprise ? Quels sont les instruments que proposent les différents organismes financiers pour répondre aux besoins des investisseurs débutants ? Si la volonté des pouvoirs publics et des professionnels de la finance d’aider les jeunes créateurs d’entreprises est affichée depuis des années, les instruments destinés à les financer demeurent toujours limités. La quasi-inexistence de fonds de capital investissement dédiés à la jeune entreprise et l’impossibilité de celle-ci de se financer à travers le marché des capitaux ne lui laissent qu’un seul chemin : celui de la banque. Or, les établissements bancaires marocains n’ont toujours pas développé de formules propres et personnalisées en faveur des jeunes entrepreneurs. Hormis des offres comme «Rasmali», produit d’Attijariwafa bank destiné à financer les artisans et la petite entreprise, les seuls instruments que proposent les banques dans ce sens sont le crédit «jeune entreprise» et le crédit «Moukawalati», deux produits garantis par l’Etat.

Si chaque banque baptise ces deux produits différemment, ils gardent les mêmes caractéristiques, quel que soit l’organisme. Ainsi, dans le crédit jeune entreprise, le prêt a pour objet le financement d’investissements physiques (droit au bail, construction, aménagement, matériel de production…) et des besoins en fonds de roulement. Tous les Marocains âgés de 20 à 45 ans peuvent avoir accès à ce produit. Il suffit d’avoir un diplôme ou une expérience pouvant justifier une qualification professionnelle, et de présenter un projet viable. Cela dit, même si la garantie de l’Etat couvre 85% du montant du prêt, le dossier du jeune entrepreneur doit être bien ficelé pour espérer obtenir l’aval de la banque et de la Caisse centrale de garantie (CCG). Un plan d’affaire détaillé doit dans ce sens être établi et présenté à ces deux organismes, car l’étude de dossier va de l’étude de marché, pour s’assurer de l’existence d’un marché pour l’affaire, à l’évaluation du profil de l’entrepreneur en passant par l’étude technique et financière du projet. Notons à ce titre que certaines banques offrent un service d’assistance aux jeunes créateurs d’entreprises pour les aider à monter leur dossier. Par exemple, la Banque Populaire, via sa fondation pour la création d’entreprises, accompagne et assiste les entrepreneurs à titre gratuit, et ce, depuis l’élaboration du business plan jusqu’au démarrage du projet.

Par ailleurs, toutes les activités sont éligibles au crédit jeune entreprise, qu’elles soient dans le commerce, l’industrie ou les services. Mais selon plusieurs banquiers, les demandes de prêts concernent surtout des projets dans l’informatique, les télécoms et l’enseignement.

Le montant du crédit jeune entreprise est limité à 1MDH, l’équivalent de 90% du programme d’investissement à réaliser. Cela dit, il peut atteindre un maximum de 3 MDH si l’entreprise est créée par trois associés et plus. La durée du prêt est de 7 ans au minimum et peut aller jusqu’à 12 ans. Un différé de remboursement d’une durée maximale de 2 ans peut par ailleurs être accordé.

Notons qu’outre la garantie de l’Etat, le crédit jeune entreprise doit être couvert par des garanties portant sur les éléments constitutifs du projet, y compris les délégations d’assurance afférentes à ces éléments et la délégation d’assurance-vie si elle est contractée.

Concernant le traitement des dossiers, l’étude prend deux à trois semaines selon la banque. Et s’agissant des taux d’intérêt pratiqués, les banques affirment qu’ils sont à des niveaux préférentiels sans donner d’indication précise.

Pour ce qui est du crédit Moukawalati, il s’adresse aux jeunes diplômés à la recherche de financement pour s’installer à leur propre compte et portant un projet validé par l’Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences (Anapec). Le projet ne doit pas dépasser 250 000 DH. Néanmoins, ce montant peut être porté à 500 000 DH si deux promoteurs s’associent.

Le crédit Moukawalati se compose de deux parties : une part financée par l’Etat sous forme d’avance non productive d’intérêts et une part financée par la banque et régie par la convention «Fonds de garantie pour la création de la jeune entreprise». L’avance de l’Etat s’élève à 10% du programme d’investissement, avec un plafond de 15 000 DH par porteur de projet.

Le crédit bancaire couvre le reliquat, soit 90% de l’investissement. La durée maximale de remboursement de l’avance de l’Etat est de 6 ans dont 3 ans maximum de différé. Quant au remboursement du crédit, il peut s’étaler sur 7 ans dont 2 ans de franchise. Le montant global est couvert à hauteur de 85% par le Fonds de garantie pour la création de la jeune entreprise.

D’autres garanties doivent cependant être présentées, notamment sur les éléments constitutifs du projet. Il s’agit, entre autres, du nantissement du fonds de commerce et du matériel, de l’hypothèque en cas d’achat du local, des délégations d’assurance afférentes à ces actifs et de la délégation d’assurance-vie si elle est contractée.