Investir en bourse : ces gestes qui peuvent vous aider

Mieux vaut passer par une société de bourse, le conseil fait parfois défaut au sein des agences bancaires. Les commissions de courtage sont négociables.
Les détenteurs d’un compte peuvent souscrire à  une IPO en mettant en garantie leur portefeuille titres/espèces existant.

Les introductions en bourse tant attendues par la place financière commencent à se matérialiser. Après Jlec en décembre 2013, Résidences Dar Saada devrait faire son entrée en bourse le 18 décembre prochain et les autres, à savoir Total Maroc et Marsa Maroc, sont prévues au cours du 1er trimestre de l’année prochaine. Les particuliers souhaitant placer une partie de leur épargne en bourse devraient tout d’abord s’informer sur la procédure de souscription à une introduction en bourse, et surtout se renseigner sur les différentes commissions prélevées tant à l’achat qu’à la vente. Le choix de passer par une société de bourse ou par une banque s’impose également. Les étapes suivies pour souscrire ou réaliser des transactions sont les mêmes chez les deux établissements ainsi que les frais et les commissions prélevés pour chaque opération, mais la qualité du service diffère. Si l’intermédiation boursière et le conseil sont le cœur du métier d’un broker, ce n’est pas le cas de la banque.
En effet, la banque ne dispose pas de conseillers ou d’analystes à même de recommander au client une stratégie de placement par rapport à telle ou telle valeur. Les chargés de clientèle, ne disposant pas d’une plateforme de cotation, encore moins de formation professionnelle en la matière, ne sont souvent même pas au courant de l’évolution des valeurs. Ils ne font qu’exécuter les ordres qu’ils reçoivent de leurs clients. Et encore ! Car même sur ce point, des problèmes existent lorsqu’un client choisit, par souci de simplicité, de passer par son agence bancaire.
Houda B. avait souscrit à l’action SNEP au prix de 1250 DH. Adoptant un comportement spéculatif très court termiste, à l’instar de la plupart des personnes physiques, elle a voulu vendre quelques jours après l’introduction de la société, un 7 novembre. Après avoir passé un ordre de vente le 12 du même mois, il n’a été exécuté qu’une semaine plus tard. Entre-temps, le cours qui avait pointé à 1800 DH est descendu jusqu’à 1300DH. Elle s’est retrouvée avec une plus-value dérisoire, couvrant juste les frais liés à l’opération. L’agence bancaire en question, n’assumant pas sa responsabilité, a prétexté la non-réception par la société de bourse filiale du fax ordonnant la transaction. Mme B. n’est pas la seule à avoir eu ce type de problèmes. Plus étonnant, Zakaria M., lui, n’a pas trouvé d’interlocuteur au niveau de son agence bancaire; son banquier ayant déserté pendant plus d’une heure, «pause-déjeuner oblige».

Contrairement aux banques, les sociétés de bourse exigent parfois un capital minimum

Cela étant, le passage par son banquier pour souscrire à une opération boursière, même s’il présente plusieurs inconvénients liés à la qualité de la prestation, il offre toutefois l’avantage d’investir en bourse pour n’importe quel budget, même si c’est pour disposer d’une seule action. Chose qui ne s’appliquait pas aux sociétés de bourse quelques années auparavant. En effet,  dans les années fastes de la bourse, les intermédiaires boursiers, de taille moyenne à grande, n’acceptaient pas d’ouvrir des comptes à des clients moyens, disposant d’un capital de quelques dizaines de milliers de dirhams. Aucun capital minimum n’était exigé d’une manière officielle certes, mais certaines sociétés de bourse étaient élitistes. Un client ne pouvait disposer d’un compte titres/espèces que s’il avait un apport de 500 000 DH à 2 MDH au moins ! Cependant, avec le manque de liquidité sur le marché actions et la compression continue des marges sur commissions, les brokers sont actuellement à l’affût de tout type de client. «Si un client se présente, de nos jours, avec 1 MDH, il sera accueilli par le directeur du groupe himself, alors qu’il y a tout juste 6 années, cette somme était considérée à peine comme un ticket d’entrée», ironise un commercial d’une société de bourse de la place. C’est dire que cette barrière à l’entrée est tombée pour les investisseurs de petite taille. Cependant, il n’est pas exclu que ces organismes exigent, une fois que la bourse retrouvera son dynamisme d’antan, un capital minimum.

Les sources de financement doivent être communiquées à l’intermédiaire

Ainsi, pour investir en bourse, le client doit, bien entendu, ouvrir un compte titres/espèces auprès d’une société de bourse après avoir rempli un questionnaire servant à l’identifier et à préciser ses sources de financement. Cela rentre dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent imposé par Bank Al-Maghrib récemment. Ainsi, le montant à investir est, soit remis par chèque, soit viré sur le compte en banque de la société de bourse, soit versé en espèces sur le même compte.
A ces possibilités, s’en est ajoutée une autre depuis quelques années. Il s’agit du collatéral. En fait, un client qui dispose déjà d’un portefeuille titres auprès d’une société de bourse peut, au moment de la souscription à une nouvelle introduction, lui remettre une partie du montant à investir en espèces ou par chèque ; le reste faisant l’objet d’une garantie des titres de son portefeuille existant. Dans ce cas, le client doit remettre une attestation de blocage de ces valeurs pour ladite opération. Si, à la date de l’allocation des titres, soit une semaine après le 1er jour de la date de souscription, le client a reçu la quantité demandée dont le montant n’est pas couvert par le capital initial, il devra verser au broker le restant dû. Autrement, ce dernier est dans l’obligation de faire jouer la garantie. Là, un problème se pose au niveau de la nature des titres à vendre afin de s’acquitter de la somme due par le client. Les opérateurs du marché préconisent la vente des valeurs liquides qui disposent d’un taux de rotation élevé. En tout cas, une fois le chèque remis ou le montant viré, il est immédiatement encaissé par la société de bourse. L’investisseur devra par la suite attendre en moyenne une semaine pour connaître le nombre de titres qui lui sont alloués et près de 20 jours pour la restitution du reliquat si le montant de l’investissement dépasse celui dû à l’opération.

Des frais sont prélevés sur chaque opération, à la vente comme à l’achat

Cette opération n’est pas exemptée de frais. D’ailleurs, que ce soit à l’achat ou à la vente, des frais sont retranchés du montant investi. Ainsi, la bourse de Casablanca prélève 0,1% HT au titre de la commission d’admission et Maroclear 0,2% HT pour le règlement et livraison des titres et espèces. Si ces frais sont fixes, celle des sociétés de bourse, et du réseau bancaire ne l’est pas. Elle diffère d’un intermédiaire à un autre et va de 0,2% à 0,6% en fonction aussi de la taille du client. En effet, elle reste négociable selon les transactions du client sur le marché, les montants investis, les plus-values récupérées et réinvesties dans le circuit, l’horizon de placement… Un client qui, par exemple, réinvestit en bourse la rémunération perçue au titre des dividendes, ou encore qui réalise des transactions à une fréquence régulière, obtiendra une commission de courtage moins élevée qu’un client lambda dont les interventions sont ponctuelles. Il est des cas, où il est précisé dans la note d’information de l’introduction en bourse, qu’aucune société de bourse ne doit appliquer de remise pour ses clients, comme c’est le cas actuellement de Résidences Dar Saada qui a fixé le taux de commission à 0,6% HT. Quoi qu’il en soit, l’ensemble de ces commissions est frappé d’une TVA de 10%.
Somme toute, si les mêmes commissions sont appliquées, que le client passe par son agence bancaire ou par une société de bourse et si les barrières à l’entrée imposées ne sont plus d’actualité, autant privilégier l’investissement à travers un broker. Le particulier gagnera au moins une certaine qualité dans les prestations fournies.