Introductions en Bourse : des contacts prometteurs avec des PME d’Afrique de l’Ouest

Le top management de la Bourse a fait le déplacement à  Dakar pour partager son expérience en matière de financement des PME. Bientôt un compartiment en bourse pour lever des fonds en devises.

La Bourse de Casablanca reste un exemple à suivre en Afrique pour ce qui est du financement des petites et moyennes entreprises, même si ces entités ne pèsent que 2% de la capitalisation du marché. A preuve, le top management de la Bourse de Casablanca était invité au premier Forum international sur le financement des petites et moyennes entreprises (FIFPME), qui s’est tenu du 18 au 20 novembre à Dakar au Sénégal, dans le but de partager son expérience en la matière.

Il faut dire que les efforts déployés pour ouvrir le marché actions aux PME marocaines sont multiples. «Cela passe d’abord par un allégement des conditions d’accès à la cote pour cette cible», avance Karim Hajji, DG de la Bourse de Casablanca. C’est à ce souci que répond  le marché de croissance, un compartiment dédié aux petites structures. En effet, ce compartiment n’impose aucun seuil minimum de capitaux propres à détenir ou de chiffre d’affaires pour les PME qui souhaiteraient s’y inscrire. Toutefois, le montant minimum qui peut y être levé s’établit à 10 MDH et les PME qui souhaiteraient s’y introduire doivent être accompagnées par une société de bourse pendant une durée d’au moins 3 ans via une convention d’animation.

Outre cette incitation, depuis juin dernier, la Bourse de Casablanca prend en charge jusqu’à 50% du coût d’introduction pour les PME, dans la limite de 500 000 DH. Un coup de pouce appréciable quand on sait que les frais d’accès à la cote sont estimés entre 2,5% et 5% du montant levé. Plus que cela, l’idée d’une Bourse spécialement dédiée aux PME est actuellement en gestation selon des informations concordantes émanant des professionnels.

Le management de la Bourse n’en reste pas là et offre, en plus de ces mesures, un accompagnement volontariste des émetteurs potentiels qui touche, entre autres, des PME. «Un département dédié a été créé et se charge de la fidélisation et de la prospection des émetteurs», illustre Badr Benyoussef, directeur de développement à la Bourse de Casablanca.

Mais plus que de partager son expérience, le top management de la Bourse a également profité de son déplacement à Dakar pour prospecter les entreprises en Afrique de l’Ouest qui pourraient s’introduire à la Bourse de Casablanca. Après tout, «toute entreprise africaine peut s’inscrire à la cote casablancaise, à condition d’obtenir une autorisation du ministère des finances», rappelle M. Hajji. Avec la prochaine mise en place du compartiment en devises sur le marché casablancais, il sera même possible pour ces entreprises de lever des fonds en monnaies étrangères. Avant d’en arriver là, le top management de la bourse assure avoir établi des contacts prometteurs lors de son déplacement, notamment avec des entreprises agroalimentaires d’Afrique de l’Ouest.