Intermédiation assurance : Une agence sur deux risque la banqueroute cette année

• Des agences ont vu leurs revenus chuter de 70% depuis la pandémie.
• Alourdissement des charges de fonctionnement, hausse des impayés valeurs…, la tension est au plus haut.

Depuis le début de la pandémie, les intermédiaires en assurance sont mis à mal. En plus des sempiternelles difficultés qui plombent leurs activités (problèmes de commissionnement et de revenu, la problématique de la TVA..), la crise a mis à nu la réalité des agences. On nous apprend qu’elles sont 1 200 agences qui risquent de faire faillite ou de fermer définitivement (Voir l’entretien avec Salim Kanouni, DG de C.Q.Risk Assurances). Ce chiffre est alarmant, dans un marché qui compte environ 2 100 intermédiaires qui ne couvrent pas moins de 60% des 43 milliards de chiffre d’affaires drainé par ce secteur (derniers chiffres annuels de l’ACAPS à fin 2018).
Les opérateurs du secteur de l’intermédiation approchés affirment que les compagnies d’assurance mandantes ne leur ont apporté aucun soutien financier durant cette crise sanitaire. Elles auraient même participé à la baisse du chiffre d’affaires des agences en réduisant leur commission proportionnellement au rabais de 30% accordé aux assurés sur la période de confinement. Pour rappel, La Fédération marocaine des sociétés d’assurances et de réassurance (FMSAR) a décidé en mai dernier de faire bénéficier aux assurés disposant d’une assurance automobile d’un rabais de prime pouvant atteindre, pour un contrat annuel, 30% de la portion de prime RC automobile et garanties annexes couvrant les deux mois de confinement. Une décision qui a suscité une vague d’indignation dans les rangs des intermédiaires. Certains ont vu leurs revenus chuter drastiquement (jusqu’à 70%), suite à cette décision combinée à un alourdissement des coûts dus aux livraisons, au transport du personnel et aux installations de dispositifs pour les mesures barrières et à la recrudescence des impayés valeurs, supportés entièrement par l’intermédiaire seul.
Nous avons eu accès à un courrier formulé par la Fédération nationale des agents et courtiers d’assurance au Maroc (FNACAM) à l’ACAPS, dont voici un extrait : «Les dernières mesures prises par les compagnies d’assurances en faveur des assurés, qui consistent à répercuter une partie de la baisse de sinistralité de certains risques, ne devraient pas impacter les commissions des intermédiaires. Ces décisions sont du ressort unilatéral des compagnies et ne devraient pas faire subir des conséquences aux intermédiaires qui n’y ont pas contribué.
Le réseau se trouve déjà dans une situation difficile à cause du confinement. Son chiffre d’affaires a d’ores et déjà enregistré des baisses allant jusqu’à 50% pour certains intermédiaires pour les seuls mois de mars et d’avril… Quant à l’encaissement, il enregistre une baisse inquiétante, vu la conjoncture actuelle.
Tout ceci prive déjà les intermédiaires d’une partie importante de leurs revenus. Ils ne peuvent plus supporter une baisse supplémentaire de leurs chiffres d’affaires, sachant que leurs charges de fonctionnement n’ont pas baissé et ont même été alourdies par des dépenses liées aux nouvelles mesures sanitaires Covid-19».

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