Holcim prépare l’intégration de son activité avec Lafarge

Des comités constitués chez Holcim et Lafarge planchent sur les modalités d’intégration de l’activité des deux cimentiers au Maroc.

C’est bien l’export qui a permis à Holcim Maroc de tirer son épingle du jeu en 2014. A l’inverse des autres cimentiers qui ont vu leur chiffre d’affaires baisser du fait d’une demande locale en recul de 5,4%, la filiale du géant suisse a vu son activité augmenter de 6%, à 3,3 milliards de DH l’année passée. Holcim en est redevable à une forte augmentation des ventes de clincker (un composant du ciment) à l’étranger, lesquelles ont généré 316 MDH pour un volume de 794 000 tonnes écoulé essentiellement en Côte d’Ivoire et en Mauritanie, alors qu’une année auparavant ces ventes n’ont totalisé que 58 MDH. A l’inverse, le chiffre d’affaires tiré de la vente de ciments baisse du fait de moindres volumes écoulés, un effet que l’industriel a toutefois en partie compensé par une hausse des prix autour de 3%. Il en est de même pour les bétons et granulats qui n’échappent pas à la baisse.

Reste à savoir si Holcim parviendra en 2015 aussi à sécuriser une croissance d’activité grâce aux exportations. L’industriel y a bien intérêt car aucun revirement de tendance n’est anticipé pour la demande locale de ciment. Le management de Holcim s’attend en effet à ce que le marché baisse encore de 2% sur l’année en cours, conforté en cela par la baisse ininterrompue des mises en chantier depuis trois ans.

Hormis tous ces aspects, c’est naturellement le projet de fusion-absorption avec Lafarge qui occupera le cimentier l’année en cours. Pour faire le point sur l’opération, celle-ci avance bien à l’échelle mondiale, près d’un an après son annonce. Les actionnaires de la maison mère ont donné leur feu vert à la fusion, en assemblée générale le 8 mai dernier. Ils ont ainsi validé l’augmentation de capital réservée aux actionnaires de Lafarge. La balle est maintenant dans le camp de ce dernier dont les actionnaires doivent à leur tour valider l’opération. Au rythme où vont les choses, l’on s’attend à ce que la fusion soit bouclée en juillet 2015.

Les choses devraient aller aussi vite sur le terrain. Il faut en effet préciser que les deux géants ont vendu pour plus de 70 milliards de DH d’actifs dans le monde entier pour éviter de se retrouver dans une position dominante dans leurs différents pays de présence. Résultat, ce n’est que l’un ou l’autre des deux opérateurs qui reste aujourd’hui en activité sur 85% des marchés où sera présent le futur ensemble Holcim-Lafarge. L’intégration opérationnelle devrait donc se faire sans difficulté dans ces cas.  

Sur les pays restant en revanche, les deux cimentiers restent en activité et devront mettre en commun leurs forces une fois la fusion réalisée. Le Maroc se trouve parmi cette deuxième catégorie de pays. Le management de Holcim Maroc reste pour l’heure discret sur les détails de l’intégration avec Lafarge Maroc. L’on apprend néanmoins que, chez l’un et l’autre, des comités planchent actuellement sur les modalités d’intégration. Travaillant pour l’heure chacun de son côté, ils devraient mettre en commun leurs travaux une fois la fusion actée.