Forte volatilité du marché monétaire

Un taux moyen pondéré maximal de 4,96% et une volatilité à 0,76%.
Le marché s’est montré très sensible aux rumeurs.

La volatilité n’a pas manqué de caractériser le marché monétaire en 2005. Après le record enregistré en 2001 (1,06% ), elle s’établit cette année à 0,76%, suite à un exercice 2004 au cours duquel elle a affiché son plus bas niveau sur cinq ans (0,23%), selon la rétrospective du marché de BMCE Capital Markets (BKM).
En conséquence, le TMP (taux moyen pondéré) a affiché un maximum de 4,96%, contre 3,18% l’année précédente. Ceci s’explique par l’avènement de périodes de tensions sur le marché, quand certaines opérations causent des mouvements de liquidités importants.

Des taux au jour le jour quasi stables jusqu’à fin mai

Durant le premier semestre, trois éléments ont fait que les taux au jour le jour (JJ) affichent une tendance haussière : l’émission obligataire de la SFI (sortie nette d’un milliard du dirhams) et la demande en monnaie fiduciaire à l’occasion de Aïd Al Adha. Ce qui a poussé Bank Al-Maghrib (BAM) à injecter plus d’un milliard de dirhams pour maîtriser le débordement des taux.
Et après un mois de février où le T4M (taux moyen mensuel du marché monétaire) s’est établi à 2,98%, ce dernier s’est stabilisé jusqu’au mois de mai autour de 2,33%.

La «dévaluation» vient fausser les calculs…

Le deuxième semestre a enregistré une hausse importante des taux, franchissant la barre des 4,25%. Et pour cause : la rumeur sur la dévaluation du dirham.
Cette perspective, fortement démentie pourtant par les autorités monétaires, a poussé les acteurs du marché à se positionner sur les devises étrangères. Ce qui a causé une sortie massive de liquidités : les positions monétaires déficitaires des banques ont atteint 7,6 milliards de dirhams en moyenne quotidienne durant le mois de juin.
La banque centrale a été contrainte d’injecter plus de cinq milliards sous forme d’avances en pension de 24 heures et de 7 jours, sans pour autant alimenter suffisamment le marché, par crainte que les opérateurs n’achètent davantage de devises. Le TMP a enregistré son plus haut niveau, soit 4,96%.

Retour des tensions après un calme relatif

Durant les mois de septembre et de novembre, le marché monétaire a retrouvé son calme. Bank Al Maghrib était dans une position de retrait de liquidités, et le TMP est descendu au niveau de 2,26%.
Mais vers le mois de novembre, les importantes spéculations sur l’éventuelle émission obligataire de Méditel (six milliards de dirhams) ont fortement influencé les taux à la hausse. Le TMP est alors reparti à la hausse à 4,10%