Financement des TPME, des solutions alternatives

Les Conseils de Laila El Andaloussi, Expert-comptable, Membre élue au Conseil national de l’Ordre des experts-comptables.

Le Haut-commissariat au plan (HCP) vient de livrer les résultats d’une enquête menée auprès des entreprises entre janvier et juillet 2019 qui révèle qu’une entreprise sur cinq recourt au financement externe. Ce sont, bien évidemment d’après cette étude, les très petites et moyennes entreprises (TPME) qui souffrent le plus des difficultés d’accès au crédit.

Dans un contexte où le financement est le nerf de la guerre et moteur de croissance et de stabilité, ce constat fort inquiétant résume parfaitement la situation que vivent nos TPME.

Certes, ces dernières années, des mécanismes de garanties ont été déployés par l’état pour donner une impulsion nouvelle au financement et en partageant le risque avec d’autres acteurs. Cependant, les TPE et PME sur le terrain se sentent toujours exclues du système et sont amenées à se financer par des crédits interentreprises et par l’allongement des délais de paiement qui alimentent à leur tour les difficultés de trésorerie. L’étude du HCP révèle également que 93% des financements externes sont concentrés sur le crédit bancaire et confirme que le système de financement classique est omniprésent, tandis que d’après d’autres statistiques seulement 5 à 6% du financement représente des levées de fonds en bourse et 2% reviennent au capital-risque.
Aussi, il est crucial de développer davantage les solutions alternatives de financement tel que le capital-risque en améliorant son cadre juridique et fiscal pour en faire un véritable levier, en créant des véhicules légers à même de prendre des petits tickets dans les PME, pour lesquels les investisseurs institutionnels sont souvent réticents.

Mettre en place un cadre institutionnel réglementaire organisé des réseaux et clubs d’investisseurs providentiels, incitatif fiscalement pour les personnes physiques qui prennent des participations, boosterait la levée de fonds en faveur d’entreprises innovantes.

Il serait aussi souhaitable au niveau du marché boursier de simplifier les modalités d’accès des PME au 3e compartiment, jugées très exigeantes et décalées par rapport à la réalité des PME marocaines.

Le montant de l’augmentation du capital via la bourse pourrait être revu et ramené à des seuils moins importants afin d’encourager les entreprises à lever les fonds conformément à leur niveau de capitalisation.

Enfin, accélérer la cadence de vote des projets de lois par nos parlementaires et activer l’entrée en vigueur du projet sur le crowfunding insufflera une nouvelle dynamique et accroîtra le potentiel de création et développement de notre tissu entrepreneurial.