Financement automobile : pour quelle formule opter ?

Le «vrai» crédit gratuit est la solution la plus intéressante mais l’apport personnel exigé est conséquent. Les taux d’intérêt proposés pour la LOA et le crédit classique varient d’une société de financement à l’autre.

Les ventes automobiles continuent de surfer sur leur trend haussier. Après une année 2016 exceptionnelle, où 163 110 unités ont été écoulées, en hausse de 23,56% par rapport à 2015, le marché poursuit son dynamisme en ce début d’année 2017. A fin février, le marché toutes catégories confondues (importé-monté et fabrication locale) marque un bond d’environ 18% avec 24 464 véhicules vendus. Cette tendance devrait se poursuivre, selon les spécialistes du secteur, boostée entre autres par une forte demande qui s’appuie sur des solutions de financement de plus en plus variées et attractives proposées notamment par les sociétés de financement. En effet, dans un contexte de plus en plus concurrentiel et où les taux d’intérêt sont orientés à la baisse, les formules mises sur le marché se multiplient et mettent en avant plusieurs avantages pour l’acquéreur. Au point que ce dernier peut se perdre et avoir du mal à faire son choix. Entre le crédit classique simple, le crédit à un taux zéro, la location avec option d’achat (LOA) ou plus récemment la location longue durée (LLD) pour les particuliers que certains concessionnaires ont lancée avec leurs partenaires, que suggère chaque formule et quelle est la plus avantageuse ?

Notons-le d’emblée, le crédit classique demeure très prisé malgré le retour en force de la LOA. Les statistiques de l’Association professionnelle des sociétés de financement (APSF) à fin septembre révèlent que sur une production de 6,3 milliards de DH de financements automobiles, le crédit classique pèse 3 milliards de DH.

De plus en plus, ce sont les concessionnaires automobiles qui jouent le rôle de prescripteurs des financements au moment de la vente d’un véhicule, notamment en proposant les formules d’une société de financement partenaire. Si les acheteurs intéressés par les véhicules d’une marque n’hésitent souvent pas à prendre la solution de financement proposée, ils gagneraient à sonder le marché pour s’assurer qu’ils obtiennent les meilleures conditions. Car une convention entre un concessionnaire et un établissement de crédit ne garantit pas forcément au client d’avoir les meilleurs avantages.

La LOA séduit de nouveau

Exemple : pour l’achat d’un véhicule de 210 000 DH, avec un apport personnel de 50 000 DH et un crédit classique sur une durée de 60 mois (5 ans), la société de financement conventionnée par un concessionnaire automobile propose un taux d’intérêt d’environ 12%, soit une traite mensuelle de 3 560 DH, en plus les frais de dossier d’environ 1 200 DH.

Chez une autre société de financement, la traite se limite à 3 314 DH sur une durée de 59 mois, soit un taux d’environ 9,8%. L’apport personnel s’élève dans ce cas à 52 420 DH et les frais de dossier à 2 370 DH. Mais malgré tout, en optant pour la deuxième société de financement, le client économiserait un peu plus de 14000 DH sur toute la durée du crédit (un coût total de 250 316 DH contre 264 800 DH).

Les acheteurs peuvent également être attirés par le crédit gratuit, une solution qui existe depuis plusieurs années mais qui est de plus en plus mise en avant par les concessionnaires et les sociétés de financement. Là aussi la vigilance est de mise car toutes les formules présentées comme gratuites ne le sont réellement pas (frais de dossiers importants dans certains cas). Et même quand il n’y a aucun frais de dossier, l’assurance-crédit est souvent importante. De plus, cette formule de crédit n’est pas accessible à tout le monde, puisqu’elle est conditionnée par le versement d’un apport personnel assez conséquent. On parle d’un minimum de 40%, d’autres fixent le seuil à 50% du montant du véhicule. Une autre condition exigée par certaines sociétés est celle de la durée du crédit qui ne devrait pas excéder 59 mois. En cas de dépassement de cette durée, l’emprunteur devra supporter des frais additionnels même s’il verse un apport de 50%. Reprenons l’exemple de la voiture à 210000 DH. Le client devra donc verser à la société de financement 50% d’apport. La mensualité à payer sera de 1779,70 DH sur une période de 59 mois, soit 105002 DH au total. Aussi, il devra payer une assurance vie mensuelle de 61,30 DH, soit 3 616,70DH sur toute la durée du crédit. En tout, le véhicule revient à 213 600 DH, mais avec un apport conséquent de 105000 DH.

Pour ce qui est de la location avec option d’achat (LOA), rappelons que cette solution de financement avait connu un franc succès au moment de son lancement il y a plusieurs années avant qu’elle ne soit boudée par le marché depuis 2013 en raison de l’application de la TVA sur la vente des voitures d’occasion qui a directement relevé la valeur résiduelle des véhicules. Ceci dit, depuis l’année dernière, cette formule a été repensée par les sociétés de financement pour neutraliser l’impact fiscal. La reprise est visible, comme en témoignent les chiffres de l’APSF. En effet, à fin septembre 2016, la production de la LOA a marqué un bond de 61%, à 3,3 milliards de DH.

En faisant la simulation d’un véhicule d’une valeur de 210 000 DH auprès d’une société de financement, il en ressort une mensualité de 3695 DH, sur 59 mois, après versement d’un apport de 42000 DH. Les frais de dossier ne dépassent pas les 280DH et la valeur résiduelle est de zéro. A l’échéance, la voiture coûterait à son acquéreur 260 283 DH. 

Par ailleurs, deux autres formules signées Ford ont vu le jour l’année dernière. Des solutions offertes exclusivement à travers Wafasalaf. Il s’agit de Ford Salaf, une offre de financement lancée en mars 2016, qui a séduit près de 43% des utilisateurs Ford depuis son lancement jusqu’à fin 2016. La solution en question n’est autre qu’un crédit gratuit. Pour financer une voiture Ford d’un montant de 203 000 DH, l’acquéreur devra verser un apport de 50% du montant de la voiture, soit 101 500 DH. L’autre moitié sera répartie sur la durée de crédit choisie par le client, à savoir 35 mois ou 47 mois, soit des mensualités de 2 900 DH ou 2 159,70 DH. Toutefois, si avec le même apport le client décide de prolonger la durée du crédit au-delà de 4 ans, il devra supporter des frais de dossier. Notons que cette même formule est «valable» avec un apport de 30%, mais la solution n’aura de gratuit que le nom, puisque le client devra supporter des frais de dossier pouvant aller jusqu’à 18 000 DH.

La LLD pour particuliers n’est pas encore répandue sur le marché

Pour compléter son offre Ford Salaf, la marque a lancé «Ford Tajdid» qui permet l’usage d’une voiture neuve tous les trois ans avec de faibles niveaux d’apports et des mensualités qui intègrent également l’entretien du véhicule. Ainsi, le client choisit le modèle Ford de son choix. Après quoi Ford Tajdid identifie la valeur future minimum garantie (pour un délai allant jusqu’à 40 mois). Après déduction de la valeur future minimum garantie (VFMG) du prix d’achat, le client ne paie, à taux d’intérêt réduit, que le solde restant. Grâce à cette garantie VFMG, Ford Tajdid permet au client de se protéger contre le risque de chutes inattendues des prix des voitures d’occasion. Elle permet également de donner plus de liberté et de flexibilité au client. Ce dernier a la liberté à la fin du contrat soit de renouveler le contrat et s’offrir une nouvelle Ford avec les mêmes conditions, soit de rendre le véhicule et rompre ainsi le contrat, soit de conserver le véhicule et s’acquitter de la valeur future minimum garantie. Notons que le véhicule est au nom du bénéficiaire de la formule en question même avant l’échéance.

En reprenant le même exemple du véhicule Ford, et avec un apport de 20% (soit 41 000 DH), l’acquéreur devra payer une mensualité de 2 429 DH, et ce, sur une période de 36 mois. Aussi, il devra payer des frais de dossier d’environ 3 500 DH. En outre, la valeur résiduelle du véhicule est de 110 500 DH. Au total, le coût global du véhicule ressort à 242 400 DH, entretien du véhicule inclus.

Au final, l’on constate que les formules de financement classiques peuvent être avantageuses à condition de faire jouer la concurrence puisque les taux proposés changent sensiblement d’une société de financement à l’autre. De même pour la LOA qui peut être aussi bien moins chère que plus coûteuse par rapport au crédit classique selon le taux proposé. Pour ce qui est du crédit gratuit, il demeure la formule la plus intéressante mais seulement s’il n’y a pas de frais de dossier et si l’emprunteur est disposé à verser un apport personnel conséquent. Enfin, la LLD, proposée pour le moment uniquement par Ford à travers sa solution Tajdid, n’est pas sans attrait avec un apport et des mensualités faibles incluant l’entretien du véhicule.