Excellent mois d’août pour la Bourse de Casablanca

A plus de 32%, la performance annuelle a gagné 11 points du 31 juillet au 28 août.
L’effet CGI et l’anticipation de bons résultats semestriels sont les principales raisons de la hausse.
Les professionnels tablent sur au moins 40% pour l’année 2007.

La place casablancaise a enregistré une croissance honorable durant la période des vacances. L’indice de toutes les valeurs, le Masi, est repassé au-dessus de la barre des 12 000 points, portant sa performance annuelle à 32,2% le 28 août au lieu de 20,9% le 31 juillet, soit une progression de plus de 11 points. Idem pour l’indice des grandes valeurs, le Madex, lequel a porté sa croissance annuelle de 21,4% à 32,9% durant la même période. Cette performance est le fruit du bon comportement de la majorité des valeurs de la cote. En effet, les 21 indices sectoriels de la place ont enregistré des variations positives. Pour les valeurs, sept seulement ont vu leurs cours baisser contre 61 qui ont évolué positivement.

L’importance de la demande a boosté les cours
Il faut dire que, traditionnellement, le marché des actions s’est toujours inscrit en hausse durant le mois d’août de chaque année, période durant laquelle la Bourse est presque désertée par les investisseurs, laissant le champ libre aux sociétés de Bourse pour réaliser des opérations pour leur propre compte. Cela dit, et comme l’expliquent les professionnels de la place casablancaise, la situation cette année est spéciale. La hausse observée en ce mois d’août est attribuable à deux principaux éléments qui ont marqué la période estivale. Le premier est relatif à l’introduction en Bourse de la CGI (Compagnie générale immobilière).

Outre l’impact «post-cotation» de cette valeur sur le marché (voir article en p. 33), la fin de la période de souscription a engendré un accroissement de la demande sur l’ensemble des titres de la cote. «Le marché a commencé à prendre après la période de souscription car les investisseurs ont cherché à replacer leurs liquidités vu qu’ils ont été faiblement servis», explique Yahya Jbili, trader actions chez Upline Securities.

En effet, les professionnels affirment que les investisseurs, qu’ils soient particuliers ou institutionnels, cherchaient en vain des titres de différents secteurs (banques, cimenteries, holdings, énergie et mines…), faute d’offre sur le marché, ce qui a provoqué la hausse. D’ailleurs, la progression des indices avec le faible volume enregistré ces dernières semaines le démontre bien. Les transactions hebdomadaires sur le marché central, durant le mois d’août, peinaient à dépasser les deux milliards de dirhams, alors qu’elles s’établissaient à plus de sept milliards en milieu d’année.

Outre l’effet CGI, l’accroissement de la demande est lié également à l’anticipation de bonnes réalisations pour les sociétés cotées. «Le marché s’attend à la publication de résultats semestriels en progression pour l’ensemble des valeurs. Ceci a fait que les cours s’inscrivent en hausse en attendant la confirmation en septembre», affirme Nezha Saber, analyste financier chez Upline securities. En effet, nombre de professionnels du marché boursier anticipent l’annonce de bons résultats semestriels pour les sociétés cotées, voire des réalisations exceptionnelles pour certaines valeurs telles que les banques, les cimenteries et les holdings.

Maroc Telecom, première capitalisation boursière sur le marché, a déjà publié des résultats en forte progression au 30 juin 2007, avec un chiffre d’affaires consolidé en hausse de 19,5% à 13 milliards de dirhams, un résultat opérationnel en progression de 33,6% à 6 milliards de dirhams et un résultat net part du groupe en amélioration de 28,4% à 3,8 milliards de dirhams.

Dans ce contexte, les valeurs de la cote, que ce soit les petites ou les grandes capitalisations, ont enregistré des performances notoires durant ces dernières semaines. La CGI figure en tête avec une progression de plus de 114% au 28 août. L’action introduite le 10 du même mois au prix de 952 dirhams a atteint en effet 2 046 dirhams durant sa troisième semaine de cotation. Elle est suivie par Le Carton qui a marqué une hausse de 28,6% au cours de 503 dirhams avant d’être suspendue en attendant sa radiation.

Plus loin figurent seize titres qui ont réalisé des performances comprises entre 10 et 20%, dont principalement Auto Nejma (+19,8%), Managem (+17,3%) et Ciments du Maroc (+15,3%). 18 ont enregistré des progressions comprises entre 5 et 10% tels que Attijariwafa bank (+9,2%), Lafarge Ciments (+8,7%), Ona (+8,4%) et la Samir (+6,3%). Enfin, 25 titres n’ont pas dépassé le seuil de 5% de performance, dont Maroc Telecom qui a évolué de +3,6% seulement du 31 juillet au 28 août malgré l’annonce des bons résultats. Dans le rouge, en revanche, figurent sept valeurs comme Taslif, qui a enregistré une contre-performance de -15,7% et aussi les sociétés du secteur informatique (IB Maroc, HPS et M2M) avec des variations négatives comprises entre -0,3% et -1,2%.

Une performance d’au moins 40% prévue au terme de 2007
Pour les quatre prochains mois de l’année, les professionnels du marché estiment que la hausse devrait se maintenir et ce, pour deux principales raisons. D’abord, l’annonce des résultats semestriels des sociétés cotées qui devrait confirmer l’optimisme des investisseurs et créer un dynamisme sur le marché. Il y a ensuite la série des introductions en Bourse prévues avant la fin de l’année.

Les opérations les plus certaines selon les affirmations des acteurs du marché sont celles de Sanad-Atlanta qui devrait intervenir en septembre et porter sur un montant de près de 1,3 milliard de dirhams, de Salafin, la société de financement filiale du groupe BMCE, de Stokvis Nord Afrique, société opérant dans la distribution d’engins de travaux publics et de matériel agricole et de manutention, filiale du groupe Alj, et enfin de la Snep, filiale du groupe Chaâbi.

Avec cette succession d’introductions prévues durant les quatre prochains mois et la bonne santé des sociétés cotées que vont confirmer les publications semestrielles, les analystes tablent sur une performance annuelle d’au moins 40% pour l’année 2007.