Enfin un palmarès des meilleurs OPCVM

Une première au Maroc !
Une initiative de «La Vie éco», en association avec EuroPerformance et FinAccess.
Onze fonds seront récompensés.
Quatre catégories en compétition sur trois périodes : 1 an, 3 ans et 5 ans.
Les résultats seront connus le 15 mars prochain. Un numéro spécial est prévu pour
le 25.

Vous l’aurez certainement remarqué. Depuis deux semaines déjà, La Vie éco consacre une de ses pages à l’annonce de la création du premier palmarès des OPCVM (organismes de placement collectif en valeurs mobilières) au Maroc. Une première qui n’a, de l’avis de tous, que trop tardé ! Créé à l’initiative de La Vie éco, en association avec EuroPerformance et FinAccess (voir encadré), le palmarès vient répondre à un besoin réel. Celui des épargnants et investisseurs qui ne se retrouvent pas dans les différents chiffres publiés et qui souhaitent être mieux informés sur les performances véritables des fonds qui gèrent leur argent.

Ancrer la culture de la transparence
Notre objectif est également de récompenser les meilleurs fonds. Ceux qui ont, chacun dans sa catégorie, pu offrir la meilleure rentabilité pour le plus faible niveau de risque. Car un rendement, on ne le dira jamais assez, ne peut être apprécié qu’en tenant compte du risque pris pour l’atteindre.
Techniquement, un indicateur de performance/régularité sera calculé et permettra d’identifier, selon leur type, les OPCVM ayant le mieux affronté les grandes fluctuations en fonction d’une période donnée (1 an, 3 ans et 5 ans).
Une note allant de 0 à 20 sera ainsi donnée à chacun des OPCVM dans un groupe donné. Elle reflétera le rapport performance/régularité entre produits comparables et récompensera la régularité de la gestion.

Une idée qui date de 1998…
Si les palmarès des OPCVM sont banalisés à l’étranger (voir encadré en page suivante), c’est loin d’être le cas chez nous. Notre démarche vient répondre aux attentes d’un lectorat, composé également d’épargnants, mais elle a également eu un très bon écho auprès des observateurs et professionnels des marchés financiers. L’initiative a, de même, rencontré un accueil favorable de la part de l’ASFIM (Association des gestionnaires des OPCVM) et de ses membres, dont certains avaient d’ailleurs tenté, par le passé, de mettre en place ce genre de classement. L’idée du palmarès, bien qu’elle date de 1998 (cf. La Vie Economique des 27 mars, 3 avril et 1er mai 1998), n’a trouvé de véritable opportunité de concrétisation que six ans après.

… toutes les entraves ont été levées depuis
Les principales entraves à sa réalisation se résumaient en trois points à l’époque. Un, la plupart des OPCVM commercialisés alors «n’avaient pas un historique suffisant et cohérent avec l’horizon de placement des différents fonds pour se prêter à ce genre d’exercice». Deux, «tout classement devrait tenir compte du risque présenté par chaque OPCVM ». Trois, « il fallait trouver une entité indépendante et crédible pour le faire».
Aujourd’hui, ce débat est dépassé. La durée d’observation est maintenant suffisamment longue pour établir un palmarès. Le métier de la gestion collective s’est industrialisé depuis le lancement des premiers fonds, fin 1995 ; on dénombre aujourd’hui plus de 180 fonds qui gèrent près de 85 milliards de dirhams pour le compte de 22 500 épargnants et investisseurs.
Les problèmes de mesure du risque et l’inexistence d’une entité indépendante et surtout professionnelle et crédible sont aussi réglés. C’est d’ailleurs Wafa Gestion qui a eu, en mars 2004, le mérite d’organiser le premier séminaire sur les critères de sélection et de classement des performances des OPCVM. Et c’est elle qui avait présenté EuroPerformance au marché. Un organisme de référence européen avec lequel nous nous sommes associés pour notre palmarès.
Il est clair que l’enjeu stratégique et commercial d’un classement est de taille pour les fonds en compétition. C’est justement pour cela que la pratique internationale veut que le classement ne vienne pas des gestionnaires de fonds eux-mêmes. Ailleurs, ce sont les organes de la presse spécialisée qui passent à l’acte. « Un journal financier a pour vocation de mettre à la disposition de son lectorat, fait d’épargnants et d’investisseurs, les outils d’aide à la décision. Notre rôle est de concevoir cet outil en toute indépendance et en collaboration avec les gestionnaires de fonds qui veulent bien jouer le jeu», avait déclaré en avril 2004 Olivier Maestracci, directeur des études chez EuroPerformance. C’est désormais chose faite. La Vie éco a donc signé une convention avec FinAccess qui prévoit l’organisation, chaque année, d’un palmarès des fonds marocains.
Le concept de performance étant aussi complexe que sensible, et s’agissant d’une nouveauté, nous avons adopté une démarche résolument participative.
La méthodologie proposée (voir encadré) par nos partenaires EuroPerformance et FinAccess ne peut évidemment pas faire l’unanimité tant les critères sont nombreux. C’est normal. Mais nous avons essayé, autant que faire se peut, de tenir compte des observations de chacun pour «marocaniser» le modèle.

Une performance passée ne garantit en rien l’avenir
La profession a déjà consenti énormément d’efforts en termes de vulgarisation et s’est volontairement orientée vers une logique de transparence. La certification AIMR et la notation financière en sont autant de preuves. Mais elles restent purement qualitatives. Elles ne renseignent aucunement sur la pertinence des méthodes de gestion appliquées, encore moins sur leur impact sur les performances. Le palmarès s’impose. Reste à préciser qu’il a aussi ses limites. Les résultats calculés sur des périodes passées ne donnent aucune information sur la performance future de l’OPCVM. Tout au plus, il s’agit d’un raisonnement valable sur la période étudiée. Il sert également d’outil de comparaison a posteriori.

Chaque année, «La Vie éco» décernera des trophées aux gestionnaires qui auront pu offrir la meilleure rentabilité pour le plus faible niveau de risque.