Encore du chemin à  faire pour hisser le Maroc au rang de hub financier

Le marché nécessite une refonte des cadres juridique et technique. Réorganisation des compartiments de la bourse, introduction de nouveaux instruments financiers…, autant d’éléments sur lesquels se penchent les autorités de tutelle.

«Le Maroc remplit tous les critères pour devenir un hub financier tant en termes de solidité du cadre macroéconomique du pays que de connectivité», a annoncé Lamia Merzouki, directrice Stratégie et partenariat au sein du Moroccan Financial Board lors d’une conférence organisée le 31 janvier par la Chambre de commerce britannique. Le pays tend même à devenir le 3e centre financier en Afrique après celui de l’Ile Maurice et de Johannesbourg, selon le Global Financial Index.

Cela dit, si sur le plan institutionnel la création de Casa Finance City a donné une longueur d’avance au Royaume, les cadres juridique et technique tels qu’ils sont actuellement sont loin d’être satisfaisants. C’est ainsi que les autorités de tutelle planchent sur la refonte du cadre légal financier. Cela consiste à assurer un système de gouvernance au diapason des normes internationales, visant l’indépendance des autorités de régulation vis-à-vis des pouvoirs publics. Le but étant d’attirer les investisseurs étrangers à s’installer à CFC. En ce sens, il est question de mettre en place l’AMMC, de réviser le statut de Bank Al-Maghrib et de créer l’autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale. Il faut dire aussi que l’actualisation du cadre juridique ne peut être mise sur pied sans la promulgation d’une nouvelle loi sur la bourse «qui permettrait de créer de nouveaux produits sans passer par le circuit législatif, pénalisant en termes de temps», admet Karim Hajji, directeur général de la Bourse de Casablanca.

Par ailleurs, la réorganisation des compartiments de la bourse est également dans la ligne de mire. Avec la création prochaine d’un compartiment réservé aux PME, les sociétés cotées seraient regroupées en deux segments : un principal et un autre pour les PME. S’ajoute à cela l’actualisation des exigences d’introduction en bourse. Les sociétés qui désirent ouvrir leur capital au public devraient répondre à une obligation de flottant minimum et non de capital.

L’amélioration de l’infrastructure du marché boursier est un élément tout aussi important que les autres pour pouvoir ériger le pays en place financière régionale. En effet, les autorités de tutelle sont en train de dessiner un nouveau schéma portant essentiellement sur la création des ETF et des OPCI et d’une plateforme technologique multi-asset et multi-market également. Parallèlement à cela, une nouvelle Chambre de compensation devrait être créée. «Elle devrait voir le jour dans les deux ou trois années à venir» a assuré M. Hajji.

Cependant, l’efficacité de ces mesures ne peut être palpable si le marché boursier continue de pâtir du manque de liquidité engendré non seulement par la méfiance des investisseurs mais également par la faible innovation en termes de produits et services offerts. D’ailleurs, ceux-ci n’ont pas changé depuis 1993. D’où la nécessité de développer une nouvelle génération d’instruments financiers et de vulgariser davantage l’importance du capital investissement pour accompagner les entreprises à s’introduire en bourse. M. Hajji note dans ce cadre que «le tiers des IPO effectuées depuis 2004 ont été réalisées par des sociétés de capital investissement».