Dominos à  l’européenne

Les images de dominos qui tombent en cascade sont toujours impressionnantes. Chaque pièce en entraîne une autre, pour aboutir au final à  une magnifique réalisation.

Les images de dominos qui tombent en cascade sont toujours impressionnantes. Chaque pièce en entraîne une autre, pour aboutir au final à une magnifique réalisation. La tradition de ce jeu millénaire est d’origine asiatique, mais ce sont les Européens qui y jouent le mieux en ce moment. Et cette fois-ci, le résultat risque de ne pas être beau à voir… Après avoir sauvé la Grèce d’une faillite quasi certaine en mai dernier, l’Europe s’est récemment attaquée au problème irlandais. Et il a fallu toute la persuasion des autorités européennes, ainsi que la pression beaucoup moins amicale des marchés, pour que les Irlandais, exsangues, acceptent l’aide qu’on leur proposait. Mission accomplie pour l’Europe ? Pas vraiment. Car d’autres pièces de dominos menacent de tomber. Le Portugal tout d’abord. Soudainement boudés par les investisseurs, les bons du trésor portugais ne cessent de se dégrader, rendant le financement du pays de plus en plus coûteux. Dans la rue, les manifestations se multiplient. L’Europe, décidément sur la brèche, s’apprête à intervenir de nouveau, à coups de milliards. Le «fonds de stabilisation» est d’ailleurs prévu pour ce genre de situations. Sauf que… la prochaine pièce qui commence à vaciller est un bien plus gros morceau : l’Espagne. Le pays n’est certes pas dans une position aussi précaire que son voisin, mais il doit impérativement prouver aux marchés qu’il peut rester debout. Lorsque l’on se souvient de la demande d’adhésion du Maroc à l’Union européenne en 1987, on se dit qu’actuellement il vaut mieux être simple spectateur des dominos européens plutôt que d’en faire partie.