Dividendes : mieux que les bons du Trésor, cette année

Les entreprises ont été généreuses envers leurs actionnaires : le taux de distribution s’est situé à 95%.
Les taux de rendement dividendes/cours offrent une prime de risque intéressante.

Parfois plus de six points de base par rapport à un placement sécurisé.

Dans les jours ou les semaines à venir, les entreprises cotées à la Bourse des valeurs de Casablanca auront fini de rétribuer leurs actionnaires. En tout, ce sont près de 4,3 milliards de dirhams qui ont été redistribués par les sociétés cotées sous forme de dividendes. Fait inhabituel, les sociétés cotées ont fait preuve d’une grande générosité envers leurs actionnaires puisque le taux de distribution des résultats se situe aux alentours de 95 %. Prudence toutefois: ce taux ne permet en aucun cas de dégager une tendance générale tant la rentabilité de chaque secteur et de chaque société sont différents.
En gros, on peut répartir la cote marocaine en trois grandes catégories en se basant sur la politique de distribution des entreprises qui la composent. Ainsi, on distingue les entreprises très généreuses, les entreprises raisonnablement généreuses et, enfin, celles qui n’ont pas les moyens de l’être.

L’ONA championne du dividende en 2002
Sur la base de cette classification, l’ONA et ses filiales sont certainement champions de la cote. A lui seul, le groupe a distribué pour plus de 2,5 milliards de dirhams de dividendes au titre de l’année 2002. La générosité du groupe ONA n’a toutefois surpris personne puisque le groupe orchestre depuis plus d’une année une impressionnante opération de mobilisation de cash. Toutes les filiales y sont passées, que le résultat le permette ou non (SCE, BCM, Managem, SMI, Lesieur affichent des taux de distribution supérieurs à 100 %).
En dehors du groupe ONA, le reste des entreprises qui ont dégagé un résultat positif ont tenté tant bien que mal de maintenir un niveau de dividendes élevé, histoire de récompenser, à leur manière, le courage des actionnaires qui les ont accompagnées durant les années de crise. Il faut dire aussi qu’en l’absence de programmes d’investissements importants qui mobiliseraient les fonds propres de la société, ces entreprises n’ont d’autre choix que de faire plaisir à leurs actionnaires. Les banques (BMCE Bank, Crédit du Maroc et BMCI), la Samir et les entreprises du secteur des BTP ont ainsi fait le choix d’une politique de distribution satisfaisante.
On distingue finalement un troisième groupe, composé d’une quinzaine de sociétés qui ne reverseront pas un seul centime à leurs actionnaires au titre de l’année 2002. Certaines d’entre elles le font pour garder le peu de résultats qu’elles ont réalisé en vue d’améliorer leurs fonds propres, alors que d’autres n’ont pas réellement le choix : elles affichent des résultats négatifs. La mise en paiement de dividendes est cependant une condition pour le maintien d’une valeur à la cote. Les entreprises qui s’abstiennent pendant plus de trois années de rémunérer leur actionnariat prennent le risque de se voire radiées de la cote. Si les autorités du marché venaient à appliquer cette règle, le CIH, Longometal, La Marocaine Vie et Papelera de Tetouan se retrouveraient rapidement en mauvaise posture.
En dépit de leurs performances financières parfois très médiocres, les entreprises cotées ont tenu à maintenir un niveau de dividendes élevé en 2002. La baisse des cours a par ailleurs permis à certaines d’entre elles d’afficher des taux de rendement à deux chiffres et de participer ainsi à l’amorce du mouvement de reprise que connaît la place casablancaise depuis plusieurs semaines maintenant. En considérant uniquement le rendement de dividende, le placement boursier s’avère aujourd’hui intéressant. Comparées à un placement sans risque (bons du Trésor à 5 ans rémunérés à 4,42 %), certaines valeurs offrent une prime de plus de 6 points de base.

Un taux de rendement intéressant
2 002 reste toutefois une année particulière puisqu’elle a vu l’intérêt des actionnaires minoritaires et ceux des dirigeants des sociétés cotées converger. En effet, les conseils d’administration rechignent le plus souvent à rémunérer correctement leurs actionnaires. Au vu de l’évolution de la crise boursière, on ne peut espérer qu’une chose : que ça dure !