Difficulté d’accès à  la propriété ? Pensez aux plans d’épargne logement

La Banque Populaire et le CIH sont les seuls à  proposer des produits de ce type.
Le client commence par constituer une épargne avant d’accéder à  un crédit logement.
La rémunération de l’épargne constituée et le taux du prêt sont avantageux par rapport aux conditions standard.

Parmi les produits bancaires commercialisés sur le marché, il existe des offres qui passent quasiment inaperçues.  C’est le cas notamment du plan d’épargne logement, formule élaborée il y a quelques années par deux établissements de la place : la Banque Populaire (BP) et le Crédit immobilier et hôtelier (CIH). Rarement proposé par les conseillers bancaires à leur clientèle, ce produit présente pourtant des avantages intéressants pour les personnes pouvant difficilement constituer un apport personnel en vue d’acquérir un logement. Le client doit toutefois y souscrire bien avant de décider d’acheter un bien immobilier pour que la formule soit efficace.

Deux offres d’épargne logement existent sur le marché : «Tawfir Chaâbi Liliskan» chez la BP et «Plan Epargne Logement Iskane» chez le CIH. Les deux fonctionnent selon les mêmes mécanismes. Pendant les premières années du plan, le client constitue progressivement une épargne qui sera rémunérée et utilisée pour financer une partie du logement à acquérir. La deuxième phase consiste, elle, en l’octroi d’un crédit immobilier classique, mais à des conditions avantageuses. C’est d’ailleurs ces conditions qui font la différence entre l’offre des deux banques, de même que les caractéristiques de l’épargne à consituer.

En effet, chez la BP, l’ouverture du compte d’épargne logement se fait à partir de 500 DH, soit le montant minimal exigé pour les versements mensuels que doit opérer le client. Aucun plafond n’est fixé pour ces versements. Par contre, le montant total de l’épargne ne doit pas dépasser les 300 000 DH. Dans ce sens, le plan d’épargne de la BP est assimilé à un compte sur carnet, puisque, tout comme ce dernier, seuls les
300 000 premiers dirhams sont rémunérés.

La durée de l’épargne doit pour sa part être supérieure à 3 ans, sans toutefois dépasser les 4 ans. Quant à la rémunération des sommes constituées, elle est basée sur le taux en vigueur applicable aux comptes sur carnet (actuellement de 2,87%). Un bonus d’un point est néanmoins accordé en fin de contrat si les versements mensuels sont réguliers (au moins 10 par an).

Après les quatre années d’épargne, le client bénéficie systématiquement d’un crédit. Chez la BP, son montant est égal à deux fois le montant de l’épargne constituée, en dehors des versements libres que le client peut effectuer. Le taux d’intérêt appliqué à ce crédit correspond au taux moyen appliqué à l’épargne pendant les 12 derniers mois du contrat, majoré de 3 points. Cela dit, si ce calcul aboutit à un niveau désavantageux pour le client par rapport au taux d’intérêt standard des crédits immobiliers, c’est ce dernier qui est retenu. Quant à la durée du prêt, elle ne peut excéder les 20 ans chez la BP.

Le produit d’épargne logement du CIH offre, lui, plus de flexibilité. En effet, l’ouverture du compte peut se faire à 100 DH seulement et le montant minimum des versements mensuels est de 300 DH. Aucun plafond du montant total de l’épargne n’est fixé, et la durée de l’épargne peut aller jusqu’à 5 ans. Et pour ce qui est de la rémunération, le CIH applique le taux en vigueur du compte sur carnet, majoré d’un demi point.
Pour ce qui est des conditions du crédit, aucune relation entre le montant de l’épargne et celui du crédit n’est mise en place. Le client peut en effet solliciter un crédit en fonction de sa capacité d’endettement et de son âge. Chez la BP, si le montant de l’épargne est faible, celui du prêt le sera aussi.

Côté intérêts du crédit, le taux appliqué par le CIH dans  cette formule est égal au taux standard minoré de 50 points de base si le taux est variable et d’un point s’il est fixe. Enfin, la durée du prêt peut aller jusqu’à 25 ans.

D’une manière générale, ces formules ne sont vraiment intéressantes que si un effort particulier d’épargne est fait pendant les premières années. Cela permet de disposer d’un apport personnel conséquent au moment de l’acquisition, avantage que le taux de rémunération attrayant de l’épargne ou le taux d’intérêt réduit du crédit ne sauraient procurer.