Dette privée : 15,9 milliards de DH levés au 3e trimestre 2010

Le volume des titres de créances négociables émis à  fin septembre 2010 a augmenté de 55% par rapport à  fin septembre 2009.
Le marché de certificats de dépôt et des emprunts obligataires a été le plus actif, avec plus de 11 milliards de DH levés.
Les émissions de billets de trésorerie ont été multipliées par six.

Le marché de la dette privée au Maroc connaît un engouement sans précédent. Le troisième trimestre de cette année, qui devait normalement être calme comme pour les autres compartiments du marché des capitaux en raison des vacances et du Ramadan, a enregistré un volume record de 15,9 milliards de DH, soit une hausse de 55% par rapport à la même période en 2009. D’une part, le resserrement des liquidités bancaires pousse les opérateurs économiques à trouver des solutions alternatives de financement. De l’autre, les conditions avantageuses qu’offre le marché des Titres de créances négociables (TCN), en termes de taux et de disponibilité des ressources, favorise davantage le recours des entreprises et des établissements de crédit à cette source de financement. Toutes les catégories de titres ont été émises durant ce trimestre. Selon les derniers chiffres fournis par BMCE Capital Markets, les émissions obligataires ont représenté 36,4% du volume global, suivies par les certificats de dépôts avec 34,1%, les billets de trésorerie avec 19,5% et les bons de sociétés de financement avec 10%.
Les émissions de billets de trésorerie ont été très prisées par les entreprises en raison de leurs besoins de trésorerie récurrents, des restrictions bancaires et des conditions favorables de cet instrument par rapport au crédit classique. Le volume global émis s’est élevé à fin septembre à 3,09 milliards de DH, soit plus de six fois le volume enregistré durant la même période en 2009. Les principaux émetteurs dans ce compartiment sont Disway, qui a levé 250 MDH sur plusieurs tranches, Maghreb Steel qui a mobilisé près de 900 MDH et Nexans Maroc, qui revient sur ce marché et qui a émis pour 200 MDH de billets de trésorerie.

Attijariwafa bank et Crédit du Maroc concentrent 50% du volume des certificats de dépôt du 3e trimestre

Pour ce qui est des certificats de dépôt, le volume enregistré durant ce troisième trimestre confirme la prééminence de cet instrument dans la stratégie de financement des établissements de crédit sur le court et le moyen terme. Sur une année glissante, les émissions de certificats ont progressé de 145%, passant de 2,2 milliards à 5,4 milliards de DH. On retrouve quasiment les mêmes signatures que les années précédentes, notamment Attijariwafa bank et Crédit du Maroc qui concentrent 50% du volume du trimestre (1,6 milliard de DH pour la première et 1,25 milliard pour la seconde). Notons toutefois que BMCE Bank, opérateur habituellement très actif sur ce marché, n’a effectué aucune levée en raison du renforcement de ses fonds propres de 6,4 milliards de DH suite à la cession des actions d’autocontrôle à la CDG pour 3,4 milliards, l’augmentation de son capital en faveur du Crédit Mutuel pour 2,5 milliards et l’augmentation de son capital réservée au personnel pour 500 MDH (opération visée par le CDVM qui devrait être réalisée avant fin 2010).
Dans le compartiment obligataire également, le troisième trimestre a enregistré des opérations de taille, en l’occurrence les émissions d’obligations de Lydec et Addoha pour des montants respectifs de 1,2 et 2 milliards de DH. Ces levées ont permis de doper le volume global qui se bonifie de 21% sur une année glissante pour atteindre 5,8 milliards de DH. Au cours de la même période, le duo Afriquia Gaz et Maghreb Oxygène a émis pour 700 MDH d’obligations sur une durée de 5 ans.
Quant aux bons des sociétés de financement, leur volume a enregistré un recul de 43% par rapport au troisième trimestre 2009, s’établissant à 1,6 milliard de DH. Cette baisse est consécutive au ralentissement du rythme de production des crédits à la consommation qui a limité les besoins de financement des établissements concernés.
Les derniers mois de 2010 devraient confirmer, selon les analystes, la tendance qui a prévalu tout au long de l’année. En effet, de nombreux conseils d’administration ont approuvé le recours à la dette privée (émissions obligataires) comme moyen de financement, notamment la CGI pour un volume de 1,5 milliard de DH, l’ONDA et TMSA pour des émissions de 2 milliards ou encore Méditel pour un montant de 1,2 milliard de DH, entreprises nouvelles sur ce marché qui viendront s’ajouter aux émetteurs récurrents tels que l’ONCF et Autoroutes du Maroc. Pour leur part, les émissions de billets de trésorerie et des certificats de dépôts devraient également connaître un engouement important, ne serait-ce qu’au vu des programmes qui arrivent à échéance d’ici à la fin de l’année et qui devraient certainement être reconduits.