Des ficelles pour doper votre retraite

Le plus souvent, les régimes actuels n’assurent de pensions confortables.
Les produits de retraite complémentaire proposés par les compagnies
d’assurance permettent d’augmenter la rente.
Les placements en Bourse, sur le long terme, notamment en actions et OPCVM,
peuvent garantir des taux de rendement bien plus intéressants !

S’offrir une retraite confortable est sans doute l’objectif de toute personne active. Si, en début de carrière, on s’attarde peu sur les questions concernant les natures des régimes, les avantages des uns et des autres, les types de contrat d’assurance-groupe…, on commence a y réfléchir sérieusement dès que survient la quarantaine, un peu trop tard. Et il faut dire que le sujet mérite réflexion car, parfois, les pensions servies aux retraités s’avèrent insuffisantes. Par exemple, la pension maximale servie par la CNSS est inférieure à 5 000 DH par mois, quand bien même vous aurez cotisé durant toute votre carrière. La CIMR, certes, est un régime plus intéressant, sachant, d’une part, qu’il n’y a pas de plafond de cotisation et que l’on peut moduler son revenu futur en choisissant, par exemple, de souscrire à certains produits optionnels. Encore faut-il que votre employeur, appelé à payer sa part patronale, veuille vous suivre dans cette voie. En tout état de cause, la CIMR reste un bon choix, mais il est aujourd’hui impératif de diversifier ses placements pour prétendre à un revenu digne de ce nom après toute une carrière passée à travailler.

Plan d’épargne complémentaire : une rentabilité moyenne

Dans ce sens, deux pistes sont envisageables. La première est celle des compagnies d’assurance, lesquelles proposent des plans d’épargne retraite basés sur un système de capitalisation. La deuxième piste consiste à aller directement sur les marchés où investissent ces compagnies, à savoir le marché des actions et celui des obligations.
En ce qui concerne les plans d’épargne retraite, il s’agit de contrats de capitalisation par lesquels le souscripteur s’engage à verser une cotisation périodique (200 DH par mois à titre d’exemple), jusqu’à une date convenue (à l’âge de 55 ans ou de 60 ans) à partir de laquelle la compagnie d’assurance s’engage à lui verser une rente à vie, un capital ou une combinaison des deux. Les cotisations périodiques sont revalorisées annuellement par un taux de rendement résultant des placements de la compagnie d’assurance durant l’année écoulée.
Il faut dire que les produits d’épargne retraite complémentaire disponibles aujourd’hui sur le marché, et qui ont d’ailleurs plus ou moins les mêmes caractéristiques, ont séduit un grand nombre de clients et continuent d’attirer les épargnants en quête de placement sûr.
A titre d’illustration, un souscripteur qui commence à l’âge de 25 ans à cotiser à hauteur de 300 DH par mois aura droit, à l’âge de 65 ans, à une rente annuelle certaine sur 15 ans de 49 300 DH (près de 4 100 DH par mois) ou un capital de plus de 510 000 DH et ce, sur la base d’un taux de rendement annuel net de 5,5%. Un autre souscripteur qui commence à l’âge de 35 ans à cotiser à raison de 1 000 DH mensuellement aura, à l’âge de 65 ans, une rente annuelle certaine sur 15 ans de 87 300 DH ou un capital de plus de 900 000 DH, toujours sur la base du même taux de rendement.
Mis à part la sécurité du capital constitué, le produit présente aussi l’avantage d’être accessible, puisque le montant minimum des cotisations mensuelles est de 200 DH seulement.
Cela dit, des inconvénients existent. Si le produit est accessible, les souscripteurs ne peuvent pas disposer librement de leur épargne au départ. En effet, les compagnies d’assurance appliquent une pénalité pouvant atteindre 5% du montant constitué si un souscripteur décide de retirer sa mise durant les cinq premières années. Il y a aussi l’aspect fiscal qui n’est pas très favorable aux souscripteurs. En dehors de l’imposition que ces derniers subissent indirectement sur les plus-values réalisées par les compagnies d’assurance (plus-values sur les placements en actions, obligations…), il y a en plus l’impôt sur le revenu (IR) qui est applicable à l’épargne constituée si elle est retirée durant les dix premières années.
La charge fiscale pèse donc lourd sur le rendement de ce produit qui, de plus, n’est plus au même niveau de rentabilité qu’il y a une dizaine d’années. En effet, alors que les taux de rendement des produits d’épargne retraite dépassaient les 10% au début des années 1990, ils ne sont plus que de 5% actuellement et arrivent rarement à dépasser les 6%. La principale raison de cette baisse est la politique d’investissement des compagnies d’assurance qui reste axée majoritairement sur les produits sans risque, à savoir les bons du Trésor. Etant donné que les taux d’intérêt de ces produits ont connu une baisse structurelle en quelques dizaines d’années, la rentabilité des placements des compagnies d’assurance s’est effritée considérablement, conduisant à la baisse des taux servis pour l’ensemble des produits de l’assurance-vie.
Maintenant, sachez que vous pouvez attaquer directement les marchés où investissent ces compagnies, et profiter de la liberté d’arbitrage dont elles ne disposent pas.

Produits d’épargne : une fiscalité contraignante

  Beaucoup d’entre vous considèrent la Bourse comme un marché offrant des opportunités de gain rapide, où l’on ne doit miser son argent que pour quelques mois maximum. Il faut savoir que sur le long terme (10 ans et plus), il n’y a pas mieux qu’un placement en actions, dans la mesure où le risque devient faible avec le temps et que la tendance des cours s’inscrit en hausse dans la plupart des cas. «Avec un horizon de placement supérieur à dix ans, on peut espérer la sécurité du capital et une croissance honorable si l’on sélectionne bien ses valeurs», affirme Gharib El Hadi, président de la SMAF (Société marocaine des analystes financiers).
Entre janvier 1993 et septembre 2007, la Bourse de Casablanca a enregistré une croissance exceptionnelle. Le Masi, indice de toutes les valeurs, a progressé de plus de 1 000%, passant de 1 168 points à 12 936 points. Aucun indice sectoriel ne s’est inscrit en baisse, et toutes les variations sont au minimum à trois chiffres. Parmi les valeurs cotées qui ont le plus progressé on trouve Centrale Laitière, dont le cours est passé de 275 DH en janvier 1993 à 7 450 DH en septembre 2007, soit une progression de plus de 2 600%. On trouve aussi les valeurs Zellidja, avec une performance de 1 765%, Eqdom avec une hausse de 1 150% et BMCE Bank avec une progression de 1 120%.
Imaginez que vous déteniez un portefeuille de titres composé de valeurs comme Ona, BMCE et Ciments du Maroc, que vous avez acheté en 1993. La plus-value que vous réaliseriez en liquidant aujourd’hui ce portefeuille dépasserait tout ce que peut espérer un investisseur.
Cela dit, un investissement à long terme en Bourse implique le choix de valeurs matures, de fond de portefeuille, en d’autres termes, des titres parmi les valeurs du Madex. Cet investissement implique aussi un suivi régulier pour pouvoir agir à temps au cas où des changements interviennent dans un secteur ou dans une société (hausse des prix des matières premières, changement de stratégie, mise en place de nouvelles lois…). Enfin, il faut songer à garder entre 10% à 20% de son épargne en liquide pour pouvoir saisir les opportunités qui risquent de se présenter.

Bourse : une rentabilité élevée pour peu que l’on sache patienter

La Bourse vous semble trop compliquée ? Vous n’avez pas le temps de vous occuper de votre portefeuille d’actions ? Pensez OPCVM. Les épargnants peuvent toujours recourir aux services des sociétés de gestion, dont les fonds enregistrent des performances remarquables sur le long terme par rapport au rendement modeste des plans d’épargne classiques. En effet, entre septembre 1997 et septembre 2007, l’ensemble des fonds qui existaient à l’époque ont enregistré une forte croissance et ce, quelle que soit leur catégorie. Ainsi, des fonds investis en obligations moyen et long terme, tels que BMCI Epargne Obligations, ont pu réaliser une performance de plus de 100%, ce qui est exceptionnel pour cette catégorie de fonds. Les OPCVM diversifiés ont, quant à eux, dépassé les 170% de performance, tel CFG Croissance, fonds géré par CFG Gestion. Enfin, les OPCVM investis en actions ont pu marquer des progressions qui ont dépassé les 200% de performance. Tel est le cas, par exemple, du fonds CAP Al Moucharaka de Wafa Gestion. Bref, l’ensemble des fonds qui ont été créés avant 1997 ont enregistré des performances honorables.
Sachez qu’il est aussi possible de préparer sa retraite en misant sur des instruments plus classiques, tels que les bons de caisse et les dépôts à terme, même si leur rendement se situe à près de 3% seulement. L’immobilier peut aussi constituer un bon placement pour la retraite. Beaucoup n’hésitent pas à s’endetter pour acquérir un bien immeuble et le louer pour payer les mensualités des crédits. A terme, ils se retrouvent avec un revenu locatif permanent mais aussi un capital intéressant en cas de cession de l’immeuble.