Défensif, modéré, audacieux… , quel profil d’investisseur avez-vous ?

à‚ge, revenus, aversion au risque, espérance de gain…, plusieurs paramètres sont à  mesurer.
Déterminer son profil permet de gérer ses placements avec des objectifs clairs et en tenant compte de sa situation et de ses contraintes.
Un exemple de questionnaire et une présentation des cinq profils qui existent.

Acheter une action sur le marché, participer à une introduction en Bourse ou souscrire à un fonds de gestion collective sont des décisions que plusieurs investisseurs particuliers continuent à prendre de façon presque «intuitive». Rares sont en effet les épargnants qui interviennent en Bourse ou qui décident de l’opportunité d’un placement financier dans le cadre d’une stratégie globale, avec des objectifs et des contraintes bien définis et qui tient compte de leur situation et de leurs connaissances des marchés. Pourtant, miser une bonne partie de son épargne sur des valeurs boursières volatiles mais à fort potentiel de croissance n’est pas vraiment un choix recommandé pour un quinquagénaire. De même, un jeune cadre de 30 ans qui garde son épargne dans un compte sur carnet ou un dépôt à terme est loin de faire le meilleur placement.
Pour les banquiers et les conseillers patrimoniaux, un investisseur particulier doit prendre en compte bien des éléments avant de choisir tel produit financier ou opter pour telle composition de son portefeuille. Certes, l’âge est un élément déterminant dans le choix des instruments de placement. Mais il ne constitue pas le seul critère. Deux personnes du même âge et de formation identique auront une tolérance au risque différente, ce qui influence leur attitude à l’égard des placements. Il y a également le niveau de revenus de l’investisseur, sa capacité à épargner et ses besoins actuels et futurs qui entrent en jeu.
Tenir compte de l’ensemble de ces éléments revient à déterminer son profil d’investisseur. En répondant à un certain nombre de questions, l’épargnant sort à la fin avec une orientation globale qui lui permettra de répartir son épargne entre les différents produits qui existent sur le marché, selon ses propres objectifs et contraintes. A titre d’exemple, si une personne a un profil d’investisseur qu’on appelle «défensif» ou «prudent», cela veut dire qu’elle a une tolérance au risque très faible, et donc orientera ses placements vers des produits à revenu fixe. Si, au contraire, son profil d’investisseur est du type «audacieux», elle préférera maximiser le rendement de son portefeuille à long terme tout en acceptant une prise de risque à court terme. Cette personne privilégiera donc les placements en actions.

Âge : les jeunes peuvent prendre plus de risques

Tous les questionnaires que proposent les conseillers patrimoniaux à leurs clients pour déterminer leur profil d’investisseur démarrent avec une question sur l’âge. Ce facteur pèse significativement sur le résultat final du test. Une personne de moins de 35 ans a en effet peu de chance de se voir définie comme ayant un profil défensif, quels que soient ses réponses aux autres questions, et une autre de 60 ans peut difficilement avoir un profil audacieux. Car un jeune cadre peut se permettre de miser sur des produits risqués mais très rémunérateurs. Alors qu’un père de famille proche de l’âge de la retraite n’a pas intérêt à faire ce choix, et doit plutôt opter pour des instruments peu risqués et liquides. D’une manière générale, donc, plus l’âge de l’investisseur augmente, plus son profil passe d’audacieux à défensif.

La disponibilité de l’épargne compte aussi

Deuxième paramètre qui entre en jeu dans la détermination du profil : la disponibilité de l’épargne. Si par exemple vous comptez utiliser tout ou partie de votre argent dans moins de trois ans, vous n’avez aucun intérêt à miser sur les actions ou les obligations à maturités longues, car en plus de leur faible liquidité, ces titres présentent un risque élevé de perte de valeur à court terme. Dans ce cas de figure, il est plus judicieux d’opter pour des dépôts à terme, des OPCVM monétaires ou, au plus, des fonds obligations court terme. Par contre, si vous ne comptez commencer à retirer votre épargne qu’après 10 ans ou plus, les placements en actions ou en parts d’OPCVM obligations moyen et long terme sont plus indiqués.
 Si l’investisseur ne prévoit de faire aucun retrait de son capital ou de ses gains au cours des cinq premières années, son portefeuille peut contenir une bonne partie d’actions et de produits de taux à long terme. Si, par contre, il compte effectuer des retraits importants, par exemple pour financer les études de ses enfants ou utiliser son capital et ses rendements comme source de revenus, principale ou secondaire, son portefeuille doit être constitué de façon à permettre  à la fois une certaine liquidité et un rendement périodique suffisant.

La prise de risque dépend également de vos revenus

Vient ensuite le niveau de revenu de l’épargnant. Plus ce dernier est élevé, et plus l’investisseur peut prendre des risques. A titre d’exemple, une personne âgée de moins de 35 ans, qui compte investir à long terme, et dont le revenu annuel avant impôt est inférieur à 150 000 DH, aura un profil dit «modéré». Son portefeuille doit donc comporter exclusivement des produits de taux. Si cette personne gagnait plus de 750 000 DH par an, et même si tous les autres paramètres restent inchangés, son profil passerait à «équilibré». Son portefeuille doit dans ce cas intégrer une petite dose de risque, notamment à travers les OPCVM diversifiés dont la moitié des actifs est placée en actions.
Et au revenu doit s’ajouter l’éventuelle épargne déjà existante. Un capital de 1 MDH disponible sur le compte d’un investisseur lui permettra de prendre plus de risque et diversifier son portefeuille par rapport à un autre qui ne dispose d’aucune mise de départ significative.
Bien entendu, la situation financière de l’épargnant doit être placée dans un contexte plus qualitatif. Car même avec des revenus élevés, une personne qui vit ses premières années de vie professionnelle et qui vient de contracter des crédits pour s’équiper n’a pas les mêmes besoins ni la même capacité à économiser qu’une autre dont les emprunts sont presque complètement remboursés et qui épargne de façon régulière.
Place maintenant au risque que l’investisseur est prêt à prendre ainsi qu’à la manière avec laquelle il va le gérer. Tout d’abord, l’épargnant doit préciser quel type de gestionnaire il est, s’il va évaluer son portefeuille assez fréquemment pour vendre ce qui a baissé et acheter ce qui augmente, ou s’il n’y apportera des modifications que rarement, lorsque la tendance de fond des marchés et ses objectifs changent. Ensuite, il doit se fixer dès le départ un seuil acceptable de perte à court terme, notamment durant les périodes difficiles des marchés. Ainsi, si l’investisseur ne tolère aucune baisse de valeur, même temporaire, son profil sera qualifié de prudent et ses placements doivent principalement être constitués de produits à revenus fixes. Si par contre il peut accepter une baisse allant jusqu’à 25%, il peut intégrer une bonne dose d’actifs plus risqués dans son portefeuilles, en l’occurrence des actions ou des parts d’OPCVM actions.
Ce point doit être couplé au niveau de gain que souhaite réaliser l’investisseur pour déterminer avec plus de précision son degré d’aversion au risque. Par exemple, si pour un placement initial de 100 000 DH il ne souhaite dégager à moyen terme (de 3 à 5 ans) qu’une rentabilité de 16%, avec une évolution stable et peu volatile de son portefeuille, son profil sera du type prudent. Si au contraire, il espère réaliser un gain de 40%, tout en acceptant le risque de voir la valeur de son portefeuille baisser à moins de 100 000 DH durant la période de placement, il sera plutôt considéré comme un investisseur audacieux.

Cinq profils, du plus risqué au plus prudent

Enfin, l’épargnant doit déterminer son niveau de connaissance en matière de placements avant de se lancer. Car un investisseur averti qui connait les différents produits financiers et leurs mécanismes d’évolution peut prendre plus de risques qu’un autre qui n’a que des connaissances de base sur les marchés.
Après avoir répondu à toutes ces questions, votre profil d’investisseur sera l’un des cinq répertoriés par les professionnels : défensif, modéré, équilibré, croissance et audacieux.
Un investisseur défensif se soucie surtout de la sécurité de ses placements et de la préservation de son capital. Le portefeuille type qu’on lui recommande se compose de 80% de dépôts à terme ou de bons de caisse, et de 20% de produits monétaires, notamment des parts d’OPCVM monétaires. L’investisseur modéré privilégie aussi la sécurité de ses placements mais attend également un rendement supérieur à celui du marché monétaire. Pour cette catégorie d’épargnants, on recommande un portefeuille constitué de 20% de dépôts à terme, de 20% de parts d’OPCVM investis en obligations court terme et de 60% de parts d’OPCVM obligations moyen et long terme.
Pour le profil équilibré, le portefeuille type se compose également de dépôts à terme (20%), d’OPCVM obligations moyen et long terme (40%), mais intègre une bonne dose d’OPCVM diversifiés (40%). Alors que pour le profil croissance, le portefeuille est plus varié, comprenant les fonds monétaires (10%), obligataires (20%), diversifiés (20%) ainsi qu’une bonne partie (50%) de placements en actions ou en OPCVM actions. Enfin, l’investisseur audacieux, le profil plus risqué, investit son portefeuille à hauteur de 80% en actions, et garde les 20% restants liquides, sous forme de placements monétaires.
Notons enfin que le profil d’un investisseur ne reste pas figé pendant plusieurs années. Il est donc utile de répéter l’exercice et de se poser les mêmes questions périodiquement, en fonction de l’évolution de votre situation.