Découvert bancaire : les taux vont jusqu’à  14%

Ils commencent à  10.5% HT, mais peuvent dépasser le taux maximum de Bank Al-Maghrib en cas de dépassement du plafond. La facilité peut atteindre 100% du revenu disponible du client. La banque se réserve le droit de supprimer ce service en cas d’utilisation abusive.

Le découvert bancaire reste le moyen le plus sollicité pour faire face à des dépenses imprévues. Mais il s’agit d’une ligne de crédit qui n’obéit pas forcément aux conditions des prêts bancaires classiques, surtout en matière de taux appliqués. Car le taux d’un découvert démarre à 10,5% HT et peut atteindre 14%, sachant que la limite est actuellement de 14,30%, seuil correspondant au taux maximum des intérêts conventionnels fixé par Bank Al-Maghrib chaque année. Le mode de fonctionnement de ce prêt (recours ponctuels et restitution à la fin de chaque mois) explique ce niveau élevé de taux. Selon les données recueillies par La Vie éco, Attijariwafa bank applique un taux de 12% alors que BMCE Bank et la BCP facturent un taux de 11,5% avec possibilité chez la première banque d’atteindre 11,95%. Auprès du Crédit Agricole, le taux démarre à 13% au moment où il se situe à 14% chez la Société Générale. En revanche, chez le CIH, le taux commence à 10,50%.

Le découvert est un produit qui n’est pas systématiquement accordé au client à l’ouverture d’un compte bancaire. Il est d’abord proposé puis, en cas de demande du client, soumis à l’autorisation de la direction de la banque après constitution d’un dossier de crédit. A moins que le client opte pour un pack qui inclut le découvert parmi les services offerts. Les banques peuvent aussi supprimer ce droit à leurs clients en cas d’utilisation abusive ou de non-respect de certaines conditions, et ce, sans avoir à rendre compte de leur décision. D’ailleurs, cette clause est précisée dans la convention de compte signée par le client. Il peut arriver que la banque refuse le découvert à un client s’il ne dispose pas de revenus réguliers ou s’il est en début d’activité par exemple. Généralement, le découvert est autorisé à partir du moment où le client justifie de 6 mois d’activité et de 3 mois d’ancienneté de compte avec constatation de virement de salaire. Il doit en outre présenter un engagement de domiciliation de salaire irrévocable. Et même en remplissant ces conditions, la banque a le droit de priver un client de ce service si elle juge que son employeur ne dispose pas d’une notoriété satisfaisante sur le marché.

En tout cas, les banques fixent des conditions standard en matière de revenu et de plafond de la facilité de caisse. Ainsi, Attijariwafa bank propose cette ligne de crédit à hauteur de 60% du salaire alors que le Crédit Agricole, la Banque Populaire et la Société Générale se limitent à 50% du salaire. BMCE Bank, elle, va jusqu’à 80% mais elle impose que le plafond ne dépasse pas 300000 DH. Cela dit, toutes les agences bancaires contactées s’accordent à affirmer que le plafond autorisé peut aller jusqu’à 100% du revenu disponible du client, déduit de l’ensemble de ses dettes en cours de remboursement.

Comme le plafond du découvert peut être revu à la hausse, le taux pratiqué peut être également révisé, si la banque se trouve en face d’un client important. Un conseiller commercial rapporte par exemple que sa banque a récemment accordé un découvert de 4 MDH au taux de 7%. «Ces conditions exceptionnelles ne sont accordées que si le client apporte les garanties nécessaires, notamment un portefeuille titres ou un plan d’épargne à nantir ou même un terrain à hypothéquer au profit de la banque», précise notre conseiller.

Les intérêts facturés suite à l’utilisation du découvert sont calculés trimestriellement. Par exemple, pour une autorisation de 10 000 DH, vous pouvez facilement vous retrouver avec des agios de 330 DH à la fin du trimestre si on suppose que le taux appliqué est de 12%. Mais hormis le taux d’intérêt, il existe des frais annexes relatifs à l’étude du dossier et à l’assurance. Ces frais varient en fonction des banques, mais l’on trouve généralement une charge de 100 DH par an pour la constitution du dossier et au moins la même somme pour l’assurance.

Des frais de dossier et d’assurance en plus des intérêts

Par ailleurs, il arrive qu’un client dépasse le plafond autorisé du découvert, par exemple en cas d’émission de chèques. Ces situations sont traitées au cas par cas selon le profil du client, le montant du dépassement et sa durée. Car le dépassement n’est pas autorisé systématiquement. Il fait d’abord l’objet d’une demande adressée par le banquier au département chargé de la gestion globale des risques. Au cas où la réponse est favorable, le client peut se voir attribuer cet avantage temporairement. Mais il faut savoir que ce dépassement n’est pas dénué de frais. Dès lors que le franchissement du seuil est accepté, Attijariwafa bank, par exemple, applique une commission de dépassement de 275 DH. De leur côté, la majorité des autres banques appliquent un taux supérieur à celui du découvert en vigueur mais seulement sur la somme qui va au-delà du plafond. Cependant, si le client est amené à franchir fréquemment son plafond, il peut demander à son banquier de réétudier son dossier de découvert et de lui accorder un plafond plus important.