Crédit revolving : la formule peut être intéressante à  condition de savoir l’utiliser

Substitué au crédit classique, il permet dans certains cas d’économiser sur les charges d’intérêt.

Son usage de prédilection est la couverture des imprévus et la possibilité de bénéficier dans l’immédiat de rentrées futures d’argent.
Il ne faut surtout pas l’utiliser comme complément de salaire régulier.

De tous les produits de financement lancés ces dernières années sur le marché marocain, le crédit revolving est celui qui a rencontré le moins de succès. La preuve, en plus de 10 ans d’existence, les crédits revolving distribués par les sociétés de financement sont tout juste parvenus, à fin juin 2009, à un encours de 671,2 MDH. Insignifiant, au regard des 37,4 milliards de DH qu’atteint à la même date l’encours global des crédits à la consommation. C’est du moins ce que laissent apparaître les statistiques de l’Association professionnelle des sociétés de financement (Apsf).
Par quoi peut-on expliquer cet échec ? Les professionnels s’empressent d’invoquer la mauvaise perception de ce produit par les consommateurs, le revolving ayant été associé dès son lancement à une source dangereuse de surendettement. C’est ce qui explique d’ailleurs que toutes les sociétés de financement et les banques qui commercialisent actuellement ce produit ne font presque jamais mention explicitement du terme «revolving» sur leurs supports promotionnels préférant plutôt parler de «réserve d’argent», ou encore de «carte anti-imprévus».  
Mauvaise perception donc, mais méconnaissance aussi de la part des clients. «Le revolving doit d’abord être bien compris par le grand public et ce n’est toujours pas le cas», estime un professionnel.
Six formules de revolving existent aujourd’hui sur le marché. Il y a celles commercialisées par les sociétés de financement, précisément Cetelem, Salafin et Wafasalaf. En même temps, chacune de ces offres existe sous une appellation commerciale différente chez les banques mères de ces mêmes sociétés de financement, à savoir dans l’ordre, BMCI, BMCE et Attijariwafa bank. Le principe de base de ces produits est la mise à la disposition du client d’une réserve d’argent permanente utilisable au besoin et qui se reconstitue au fil des remboursements effectués.
Le taux d’intérêt pour
le revolving est compris
entre 12 et 14%
La réserve est permanente car le dossier de crédit est constitué une fois pour toutes et il reste valable tant que dure le contrat entre l’établissement prêteur et le client. Et elle est accessible au besoin car ce dernier peut en bénéficier à tout moment à l’aide d’une carte de retrait et de paiement, internationale dans certains cas comme chez Salafin, par exemple. A ce stade, il est à préciser que le montant de la réserve est déterminé selon le score d’emprunteur du client et  son taux d’endettement. Généralement, le plafond alloué est compris entre 3 et 6 fois le salaire net mensuel du demandeur, sachant qu’il peut débuter à 4 000 DH (chez Salafin) et aller jusqu’à 150 000 DH (chez Attijariwafa bank).
Pour ce qui est de la reconstitution de la réserve, celle-ci se fait progressivement, en fonction du rythme et du montant des remboursements effectués par le client. Celui-ci doit toutefois respecter un minimum mensuel qui peut être fixé d’office (250 DH par exemple chez Attijariwafa bank) mais qui reste dans la plupart des cas dépendant de la ligne accordée : de 5 à 10% du montant de la réserve selon son niveau. En contrepartie, le remboursement peut être accéléré par des règlements complémentaires libres, ce qui permet de payer moins d’intérêts. Naturellement, si la réserve n’est pas utilisée, le client n’est redevable de rien, mais il supporte néanmoins les frais de la carte qui se montent par exemple à 10 DH par mois chez Salafin. Et comme pour le crédit amortissable, les mensualités comportent une part qui vient en remboursement du capital emprunté et une autre pour les intérêts sur les utilisations effectives. A ce titre, il est à signaler que l’intérêt appliqué aux crédits revolving varie entre 12 et 14%, soit près du maximum autorisé par la Banque centrale.
Le revolving peut s’avérer avantageux pourvu de ne pas tomber dans certains pièges. La chose à ne surtout pas faire est de considérer cette solution comme un complément de salaire récurrent. «C’est la voie assurée vers le surendettement», avertit Amine Bouabid, président du directoire de Salafin.
A la limite, ce crédit peut se substituer à une formule de crédit à la consommation classique pour générer dans certains cas quelques économies en charges d’intérêts. En effet, un prélèvement de 10 000 DH sur une ligne revolving, remboursable sur 2 ans au taux de 14% par versements mensuels de 500 DH donne lieu chez Salafin à 150 DH de charges d’intérêts en moins par rapport à un prêt personnel de 10 000 DH contracté sur 2 ans. Le coût en intérêt du revolving s’établit à près de 1 450 DH contre à peu près 1 600 DH pour le crédit classique. Ceci dit, il y a deux situations où le crédit revolving montre tout son attrait.
D’abord, quand il s’agit de mobiliser un montant rapidement pour répondre à un besoin urgent et surtout imprévu sans devoir se plier aux formalités des dossiers de crédit qui traînent parfois en longueur.
Ensuite, lorsqu’on anticipe une rentrée d’argent à court terme, le revolving peut être mis à contribution pour bénéficier de fonds dans l’immédiat moyennant une charge en intérêts qui reste contenue. Un exemple chiffré pour s’en convaincre. Un salarié assuré de toucher une prime de 5 000 DH au mois de décembre, effectue un retrait du même montant sur sa ligne de crédit revolving au début du mois de novembre. Une fois sa prime encaissée et versée intégralement pour le remboursement du crédit, le salarié aura supporté une charge d’intérêt de moins de 100 DH en appliquant un taux d’intérêt de 12%.