Crédit du Maroc : le bénéfice 2010 lourdement impacté par le coût du risque

Le résultat net baisse de 14%, à  363 MDH, sous l’effet d’un doublement des provisions pour créances en souffrance. Le PNB, lui, progresse de 11%, à  2 milliards de DH.

Malgré des performances commerciales et opérationnelles satisfaisantes, le Crédit du Maroc dégage au titre de 2010 un bénéfice en net recul. Les effets de la crise internationale sur certains secteurs d’activité marocains ont de fait rogné la rentabilité de la banque, notamment suite à l’envolée du risque d’impayés.
Sur le plan commercial, la filiale du Crédit Agricole français affiche des réalisations en croissance. Son réseau d’agences a été renforcé par 30 nouveaux points de vente en 2010, pour atteindre 308 agences, et le nombre de guichets automatiques bancaires a été porté à 336, soit 30 guichets de plus qu’en 2009. Les dépôts de la clientèle ont atteint 33,8 milliards de DH, en hausse de 9,9% par rapport à 2009, sous l’effet de l’évolution de toutes les catégories de ressources, et particulièrement les dépôts à vue dont la progression a été de 6,5%. Pour leur part, les créances sur la clientèle ont été maintenues au même niveau qu’en 2009, soit à 33,2 milliards de DH. La banque a volontairement limité sa production de crédits destinés à l’entreprise pour maîtriser ses risques, notamment en matière de crédits de trésorerie, mais a poursuivi son effort de distribution vis-à-vis des particuliers, comme en témoigne la progression de 14,2% de son encours de crédits immobiliers.
Dans ces conditions, le Produit net bancaire (PNB) du Crédit du Maroc a enregistré une hausse de 11,2%, à 2 milliards de DH. Cette croissance a été portée par l’accroissement de 10,9% de la marge d’intérêt et de 13,2% de la marge sur commissions. Et compte tenu d’une évolution maîtrisée des charges générales d’exploitation (+6,4%, à 843 MDH), le résultat brut d’exploitation progresse de près de 15%, à 1,07 milliard de DH. Le coefficient d’exploitation de la banque (charges/PNB) s’améliore ainsi de 1,7 point pour s’établir à 46,5%.
Un dividende de 30 DH par action
Mais comme précisé précédemment, cette croissance opérationnelle a été entièrement absorbée par l’aggravation du coût du risque. En effet, les provisions nettes des reprises pour créances en souffrance ont plus que doublé, passant de  239 MDH en 2009 à 481 MDH en 2010. Ceci a plongé le bénéfice net part du groupe à 363 MDH, soit 14% de moins qu’en 2009. Notons qu’outre les répercussions de la crise, la banque s’est ajustée aux normes de sa maison mère en matière de provisionnement, en procédant à une extension du champ d’application de la provision collective, ce qui a davantage alourdi son coût du risque.
Malgré cette baisse du bénéfice, le management du Crédit du Maroc a décidé de distribuer le même niveau de dividende qu’au titre de 2009, soit 30 DH par action.
Cela dit, afin de renforcer son assise financière, dans ce contexte de montée des risques, et soutenir son plan de croissance, il a prévu de reconduire cette année encore l’opération de conversion optionnelle des dividendes en actions. Ainsi, les actionnaires auront le choix de percevoir leur rémunération soit en numéraire soit en actions. Mais vu que le Crédit Agricole français est actionnaire de la banque à hauteur de 76,71%, on peut déjà dire que le plus gros du dividende de l’exercice 2010 sera transformé en actions nouvelles.
Notons qu’une autre opération en cours du Crédit du Maroc renforcera davantage ses fonds propres complémentaires, en vue d’accroître sa capacité de distribution de crédits tout en respectant le ratio de solvabilité de la directive Bâle II. Il s’agit d’une émission d’obligations subordonnées (titres assimilés à des quasi-fonds propres) pour un montant de 500 MDH. Cet emprunt, d’une maturité de 10 ans, est composé de plusieurs tranches, dont deux qui seront cotées à la Bourse de Casablanca.
La rémunération proposée aux investisseurs est, selon la tranche, soit fixe (4,12%) soit révisable annuellement en référence au taux des bons du Trésor à 52 semaines. Dans les deux cas une prime de risque de 90 à 120 points de base est offerte. La période de souscription, quant à elle, a démarré le 17 mars et sera clôturée le 21.