Crédit du Maroc débat des Green Bonds avec les institutionnels

Un marché en plein essor avec plus de 150 milliards de dollars d’actifs en 3 ans. Depuis le début de l’année, les émissions s’élèvent à plus de 60 milliards de dollars.

Crédit du Maroc et Crédit Agricole CIB se sont réunis, le 3 novembre, avec les grands institutionnels nationaux et internationaux pour débattre du thème des Green Bonds, cet outil indispensable pour la lutte contre le réchauffement climatique au Maroc et dans le monde. Cette conférence a été animée par Eila Kreivi, représentante de la Banque Européenne d’investissement, qui n’est autre que l’émetteur le plus important du monde, et Chairman des Green Bonds Principles; Hervé Guez de Mirova, l’un des investisseurs pionniers et le plus engagé sur ce marché; Akane Zoukpo Sanankoua, Senior Financial Markets Officer d’African Development Bank; Nadia Taobane de Masen, l’un des acteurs majeurs de la transition énergétique au Maroc et Tanguy Claquin, Head of Sustainable Banking de Crédit Agricole CIB.

La genèse du marché des Green Bonds s’est faite dans un contexte de prise de conscience collective des enjeux environnementaux, dans le but de réduire les impacts des activités humaines sur l’environnement. Ces instruments ont pour objectif de rendre sûrs les investissements en faveur du développement durable et signalent aux investisseurs les actifs permettant de générer des «bénéfices environnementaux». Ils doivent permettre le financement de projets de développement d’énergies renouvelables ou ceux de technologies «vertes» permettant, par exemple, d’améliorer l’efficacité énergétique de certaines structures, avec trois avantages pour les investisseurs, à savoir des rendements fixes, une liquidité élevée et un gain en termes d’image. Les Green Bonds permettent aussi un meilleur contrôle et un suivi des impacts de ces investissements que les autres actifs. Les obligations vertes émises par la Banque mondiale sont d’ailleurs notées AAA/Aaa. Les émetteurs s’engagent en effet à se montrer transparents sur la traçabilité des fonds alloués et à apporter la preuve quantifiable d’une plus-value environnementale ou sociale et de la conformité aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) du projet, via un reporting régulier. Au‐delà du projet, c’est l’émetteur lui-même qui est évalué.

Notons que le marché des Green Bonds connaît une croissance rapide, avec plus de 150 milliards de dollars d’actifs en circulation en l’espace de 3 ans. En effet, de 1,22 milliard de dollars émis en 2011, le marché des obligations vertes a représenté près de 37 milliards de dollars à travers le monde en 2014 et plus de 41 milliards en 2015. En 2016, une année record, le montant des émissions a déjà dépassé 60 milliards de dollars.