Cours en hausse, pensez au fonds action !

Ils affichent une performance minimale de 12,8%.

Les gestionnaires proposent des déclinaisons différentes.

Le type de gestion pratiqué et la taille du portefeuille ont un impact sur les résultats.

Depuis le début de l’année, les fonds actions sont sans doute ceux qui ont le plus largement bénéficié de la reprise observée à la Bourse des valeurs de Casablanca. En effet, les gestionnaires de fonds ont renoué avec une pratique dont ils avaient perdu l’habitude durant 3 ans : afficher des performances positives, et ce, chaque vendredi, jour du calcul de la valeur liquidative de leurs OPCVM (organismes de placement collectif en valeurs mobilières). Les 30 fonds actions qui sont proposés au public arborent désormais sans exception des progressions largement positives. L’évolution de la valeur liquidative de ces fonds depuis le 1er janvier 2003 varie en effet entre 12,8 % pour les moins performants d’entre eux et 26,63 % pour les plus.
Ces performances ont certes réussi à redorer le blason des OPCVM actions, mais n’ont pas encore réussi à faire oublier à certains investisseurs les pertes essuyées lors du passage à vide de la Bourse. Les performances calculées sur trois années glissantes sont d’ailleurs encore dans le rouge (entre – 1,82 % et – 20 %).
Toutefois, dans un élan d’optimisme – ou d’intuition ?- les investisseurs ne sont pas restés insensibles à la forte progression des performances des fonds actions, même si la réaction tarde quelque peu à venir. «On n’a toujours pas assisté à un rush,mais les investisseurs recommencent à s’intéresser sérieusement à cette catégorie de fonds, commente un gestionnaire. Cela nous change de la période où on n’enregistrait aucune souscription pendant plusieurs mois d’affilée». «Tant qu’il subsiste un doute quant au bien -fondé et à la solidité de la reprise de la Bourse, les investisseurs resteront méfiants vis-à-vis des OPCVM actions, qui ne sont finalement que le miroir de ce qui se passe en bourse», lance un gestionnaire. «On a beau expliquer aux épargnants que tous les indicateurs permettent aujourd’hui de croire à une réelle reprise, explique un autre professionnel en contact direct avec la clientèle des particuliers, ils préfèrent le plus souvent attendre avant de mettre leur épargne en jeu. On ne peut pas leur en vouloir ! ».
30 produits qui se ressemblent : un choix difficile
Supposons toutefois que la décision d’investissement soit indépendante de la conjoncture boursière et que l’épargnant soit décidé à allouer une partie de son épargne à des OPCVM actions. Tout investisseur digne de ce nom devra s’assurer de connaître parfaitement son profil ainsi que son horizon de placement. Il faut savoir qu’un investissement en actions n’est recommandé que pour des gens qui tablent sur une espérance de rendement relativement élevée et qui sont prêts à prendre des risques (ne pas récupérer la mise de départ par exemple). De plus, un placement en bourse (ou en OPCVM actions) est censé être un investissement à moyen-long terme (minimum de deux années).
Les sociétés de gestion de la place proposent aujourd’hui une trentaine de FCP et de Sicav actions. Difficile de faire son choix parmi autant de produits qui, à première vue, se ressemblent. Il arrive parfois qu’une même société de gestion en propose toute une panoplie, souvent confiée en gestion à la même personne.
Pour Zouhair El Kaissi, responsable de gestion à BMCE Capital gestion, le premier critère à prendre en considération reste la fiscalité, puisque certains fonds sont exonérés de plus-value (ceux qui investissent au moins 85% de leur actif en actions) alors que d’autres subissent une imposition de 10 % retenue à la source (ceux qui investissent au moins 60 % de leur actif en actions). Par ailleurs, la majorité des fonds actions sont aujourd’hui obligés d’investir au moins 85 % de leur actif en actions ce qui ne laisse pas une grande marge de manœuvre pour le gestionnaire. Il existe toutefois plusieurs déclinaisons qui permettent aux sociétés de gestion de différencier leur offre par rapport à la concurrence mais également par rapport aux autres fonds appartenant à la même catégorie.
Différentes déclinaisons pour des fonds de la même catégorie
Ainsi, à côté des fonds dits classiques, des sociétés de gestion ont mis en place certains fonds avec des caractéristiques techniques relativement originales. C’est le cas par exemple des fonds indiciels dont le portefeuille est censé reproduire exactement la composition d’un des indices de la place. Ce genre de fonds colle, en principe, parfaitement à la tendance du marché. «L’avantage, explique M. Kaissi, est de pouvoir supprimer entièrement le risque lié au gestionnaire». Outre les fonds indiciels, il existe également sur le marché des fonds thématiques. Le leitmotiv du gestionnaire de ces fonds est d’investir exclusivement dans certains secteurs.
Le portefeuille d’un OPCVM industriel sera ainsi entièrement composé de titres de sociétés qui opèrent dans des secteurs industriels (BTP, agroalimentaire, mines, énergie…). Toujours dans la même logique, certains fonds sont dits «éthiques», lorsque leur stratégie d’investissement repose sur des considérations morales voire religieuses : un OPCVM islamique refusera, par exemple, que les titres de banques, de sociétés de crédit, d’assurance ou de producteurs d’alcool figurent dans son portefeuille.
Une fois que l’épargnant aura fait son choix quant au type de fonds dans lequel il désire placer son argent, il devra suivre de près la rentabilité de son investissement. Il faut savoir qu’une performance n’a de sens que quand elle est rapportée à un benchmark. Tout gestionnaire de fonds possède ainsi un objectif de performance que lui impose un indice de référence. On ne peut, par exemple, en vouloir au gérant d’un fonds d’afficher une contre-performance lorsque l’indicateur de son objectif de performance en affiche -5 %.
Les sociétés de gestion communiquent un certain nombre d’informations et d’indicateurs qui renseignent périodiquement les clients afin, justement, de leur permettre d’effectuer une évaluation de la rentabilité de leur placement. L’investisseur devrait s’attarder sur les écarts de rentabilité entre la performance de l’OPCVM et celle de son benchmark. Si cet écart est important et durable dans le temps, l’épargnant devra alors demander des comptes à son gestionnaire ou encore changer d’OPCVM. Flashs hebdomadaires, reportings mensuels et/ou trimestriels, publications de comptes semestrielles sont autant de moyens qui permettent à l’épargnant de suivre et de contrôler son investissement.
Enfin, sachez qu’à l’achat de parts d’OPCVM, vous payez un droit d’entrée compris entre 2 et 3% (des fonds investis) et 0,5 à 1,5% (de la valeur liquidative) si vous voulez vendre vos parts.