Comment ça se passe en Europe

Très répandu en Europe, le système d’épargne salariale revêt différentes formes Six exemples.

Bien qu’en Allemagne, la législation ne prévoie aucune mesure particulière d’incitation en faveur de l’intéressement aux bénéfices, il existe un nombre considérable de règlements visant à encourager l’actionnariat des salariés et l’accumulation du capital. Cette participation prend la forme de plans d’épargne d’investissement destinés à augmenter l’épargne et autres actifs chez les salariés, en vue d’assurer la sécurité future des bas salaires. Les principaux acteurs sont les employeurs et le gouvernement. En Allemagne, le système consensuel de gestion des entreprises a conduit à la mise en œuvre de régimes convenus collectivement. Les partenaires sociaux prennent de plus en plus conscience que la participation financière devrait figurer au programme des négociations, en tant qu’avantage pour les salariés.
L’Espagne a développé des règlements mineurs en faveur d’une participation financière basée sur l’actionnariat et, bien que le nombre de régimes de ce type ne soit pas encore très élevé, on s’attend dans les années à venir à voir leur nombre augmenter. Le gouvernement espagnol considère son action fiscale de soutien à la participation aux bénéfices, sous la forme d’un actionnariat, comme l’une des mesures en faveur des PME. En fait, le développement des plans de pension et le soutien apporté aux coopératives et aux sociétés de travailleurs où les bénéfices sont distribués aux salariés devraient être considérés comme des actions complémentaires des principaux dispositifs espagnols destinés à améliorer la participation financière de la main-d’œuvre.
La participation financière est caractérisée, en France, par une participation différée aux bénéfices (obligatoire), large et réglementée par l’Etat, dont l’objectif est d’encourager l’épargne salariale et de conduire à une distribution plus large des richesses et à une plus grande flexibilité des salaires. Les régimes de participation financière sont également utilisés dans le cadre des politiques salariales et de l’emploi. Le système de gestion des entreprises en France offre des possibilités d’actionnariat des salariés limitées en raison d’une plus grande concentration du capital et de la prédominance d’entreprises familiales « étroitement contrôlées ».
L’Irlande possède un type de participation financière plus ou moins semblable à celui du Royaume-Uni. La législation a pour objectif d’encourager l’adoption volontaire et généralisée de la participation financière basée sur l’actionnariat. Prenant exemple sur la mise en œuvre des programmes nationaux de développement économique, le Partnership 2000 et le Programme for Prosperity and Fairness, les syndicats aussi prônent actuellement le développement de la participation financière basée sur des systèmes d’actionnariat.
La participation financière aux Pays-Bas est basée en grande partie sur l’introduction d’un régime d’épargne salariale à l’échelle du pays. Ce régime offre des abattements d’impôts sur les cotisations des employeurs et des salariés aux régimes de participation financière basée sur l’actionnariat. Cependant, la plupart des salariés choisissent le système du compte d’épargne spécial, moins risqué, où les réductions d’impôts sont moins intéressantes. Alors que peu de syndicats réclament actuellement des régimes collectifs, l’on prévoit que les comités d’entreprises inscriront les régimes d’actionnariat de leurs salariés à leur programme.
Le Royaume-Uni a un système qui comprend principalement des régimes différés d’options sur actions, dont l’objectif principal est d’offrir des mesures incitatives à moyen terme aux salariés. Un marché boursier très développé fait une grande place aux investissements basés sur l’actionnariat, le développement de la participation financière étant, au Royaume-Uni, fortement soutenu par la politique et les mesures gouvernementales ; ce qui signifie, comme en Allemagne, que les principaux acteurs sont les employeurs et le gouvernement