CMT lance deux emprunts obligataires de 400 MDH en juillet prochain

Le premier de 250 MDH se fera par l’émission d’obligations convertibles en actions.
Le second de 150 MDH consistera en une levée obligataire classique.
Les deux serviront au financement du plan de croissance interne et externe de l’entreprise sur les 5 prochaines années.

L’annonce est passée presque inaperçue. La Compagnie minière de Touissit (CMT) s’apprête à lancer une opération assez spéciale pour le marché financier marocain. Il s’agit d’une émission d’obligations convertibles en actions. Jusque-là, l’unique opération du genre sur la place casablancaise a été menée par BMCI…Il y a près de 9 ans !
De quoi s’agit-il au juste ? Une obligation convertible en action donne à son détenteur, pendant la période de conversion, la possibilité de l’échanger contre une ou plusieurs actions de la société émettrice. Autrement dit, il s’agit d’une obligation classique avec une option d’achat sur des actions nouvelles de l’émetteur. Dans sa partie classique, l’opération de CMT consiste donc en l’émission d’obligations (à l’adresse exclusive d’investisseurs institutionnels) courant sur 5 ans et cotées à la Bourse de Casablanca pour un montant total de 250 MDH (voir tableau ci-dessous). L’émission est assortie d’un taux de base de 3,40% (bons du Trésor sur 5 ans) renchéri d’une prime de risque. Celle-ci devrait avoisiner les 120 points de base mais n’a pas encore été précisément déterminée. A ce titre, le management envisage de boucler les ultimes détails de l’opération courant juillet, pourvu que soit obtenu l’accord des actionnaires à la suite de l’assemblée générale extraordinaire prévue pour le 2 juillet. S’agissant de l’option de conversion, elle pourra être exercée sur 2 périodes : 60 jours précédant respectivement  la fin de la 4e et de la 5e année.

Des contacts pour des acquisitions en Afrique de l’ouest aboutiront dans les prochains mois
Reste la valeur de conversion. Celle-ci est fixée à  1 250 DH par action, environ le double de la valeur moyenne du titre depuis sa première cotation et nettement plus que le cours de l’action CMT au 8 juin 2008 (770 DH). Driss Traki, président directeur général de CMT, s’en justifie : «A travers cette valeur de conversion, nous visons à limiter l’effet dilutif de la conversion en actions». Il faut dire que déjà en cas de conversion de la totalité des 250 MDH en actions, les 195 000 nouvelles actions qui seraient créées entraîneraient une dilution de 12% environ. C’est d’ailleurs pour cela que le management envisage comme solution de renfort pour contenir la dilution du capital de lancer un programme de rachat d’actions. L’autre argument justifiant une valeur de conversion de  1 250 DH invoque la conformité de cette dernière valoriation avec les perspectives de croissance sur 5 ans de CMT. Le président évoque notamment le plan de développement sur 5 ans que va justement financer l’émission obligataire convertible en actions. A celle-ci s’ajoute d’ailleurs un emprunt obligataire classique d’un montant de 150 MDH qui sera levé en même temps. La manne totale est donc de 400 MDH et son affectation est bien claire pour le management. Il s’agira, d’une part, de financer la croissance organique de CMT. En effet, l’entreprise investit chaque année jusqu’à 45 MDH en travaux d’infrastructures et de recherches, soit sur un horizon de 5 ans, un besoin de financement total de 200 à 250 MDH. Par ailleurs, la société travaille actuellement sur des recherches  qui pourraient déboucher d’ici un an et demi sur des projets d’exploitation (or à Tighza, cuivre à Midelt…) qui n’ont à ce jour jamais été pris en compte dans la valorisation de l’entreprise. En outre, compte tenu de la conjoncture internationale actuelle favorable aux acquisitions, CMT est à la recherche active d’opportunités de croissance externe dans le secteur minier, au Maroc comme à l’étranger. Les bruits du marché se sont empressés d’évoquer la possibilité d’une absorption de SMI par CMT. Mais cette piste n’est pas du tout plausible car  «pour cette seule opération, CMT aurait eu à lever plus d’un milliard de DH», recadre un analyste. Plus avancée, la croissance externe hors Maroc a déjà donné lieu à des contacts en Afrique de l’ouest, à des fins de prise de participation dans des entreprises minières exploitant l’or, l’argent et le zinc.
«Ces négociations devraient aboutir  dans les prochains mois», révèle Traki. Les premières retombées de ces annonces sont favorables et CMT, qui fait déjà l’unanimité en offrant le rendement de dividende le plus élevé de la cote (13% pour 2009 selon Attijari Intermédiation), rassure davantage en s’étant assuré un financement à moindres frais.