CIMR, les règles changent : trois astuces pour doper votre retraite

Régime de base et complémentaire n’en font plus qu’un. Douze taux de cotisation possibles au lieu de huit. Le salaire n’est plus plafonné.
Versements supplémentaires, rachats des périodes de non cotisation et option de retraite à  55 ans sans anticipation permettent d’augmenter votre pension jusqu’à  près de 40%.

Améliorer sa pension de retraite est une question qui préoccupe de plus en plus les employés et cadres marocains. Quand on sait que la prestation brute servie par la CNSS aux retraités du secteur privé ne peut dépasser les 4 200 DH par mois, il y a en effet de quoi s’inquiéter pour ses vieux jours. Pour doper ces revenus futurs, nombreux sont ceux qui souscrivent aux différents plans d’épargne commercialisés par les compagnies d’assurance de la place. Toutefois, avant même de se tourner vers ces produits accessoires, il y a matière à renforcer votre pension si vous êtes affiliés au régime complémentaire -facultatif pour le moment- de retraite des salariés du secteur privé, celui de la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraite (CIMR). «Face à l’insuffisance des prestations servies par le régime de base, la CIMR fournit un complément de retraite significatif qui peut même devenir la principale pension quand le salaire est important. De plus, plusieurs moyens existent pour améliorer la pension», indique Jaouad Tadlaoui, directeur commercial de la CIMR.
Plusieurs techniques peuvent être utilisées pour augmenter sa retraite à la CIMR. Mais avant d’en parler, il convient de faire la lumière sur quelques changements intervenus à l’issue de la dernière assemblée extraordinaire de la caisse tenue en décembre 2008 et qui ont pris effet depuis le 1er janvier dernier.

La cotisation salariale peut aller désormais jusqu’à 10%
Le premier changement est la fusion du régime normal de la CIMR avec le régime appelé complémentaire. Avant 2009, les entreprises adhéraient à un régime de base qui contenait cinq taux de cotisation (part salariale) possibles : 3%, 3,75%, 4,50%, 5,25% et 6%. Les entreprises pouvaient, afin d’augmenter la retraite de leurs salariés, souscrire au régime complémentaire qui comprenait, lui, trois taux supplémentaires : 1%, 1,5% et 2%. Ainsi, le taux de cotisation, en ayant une retraite complémentaire, pouvait aller jusqu’à 8% du salaire brut.  Aujourd’hui, les deux régimes ne font plus qu’un et un employeur peut décider de relever le taux de cotisation sans avoir à adhérer à un autre régime.
Deuxième nouveauté : l’assiette des taux de cotisation a été élargie pour passer de huit taux à douze. Quatre niveaux ont en effet été rajoutés, à savoir 8,50%, 9%, 9,50% et 10%.
Enfin, troisième changement, il n’existe plus de plafond de salaire pour les cotisations. Avant, le salaire brut annuel sur lequel est appliqué le taux de cotisation était limité à un niveau fixé chaque année par la caisse pour le régime normal (1 108 000 DH en 2008) et à une fois et demie ce niveau pour le régime complémentaire.
Ces mesures, qui sont des préalables à la réforme du secteur des retraites que compte mener le Maroc, visent à assouplir les procédures d’adhésion aux régimes de la CIMR et à encourager les entreprises adhérentes à augmenter les pensions de leurs salariés. En effet, le principal moyen pour améliorer ses revenus de retraite reste l’augmentation du taux de cotisation. Cela dit, il s’agit d’une décision que doit prendre l’employeur et les salariés doivent déployer des efforts de persuasion pour amener ce dernier à relever la cotisation patronale.

Majorez vos cotisations pour augmenter votre pension
Mais outre le relèvement du taux de cotisation, d’autres moyens existent pour doper votre retraite et qui peuvent être plus accessibles.
Souscrire à l’option «Retraite à 55 ans sans anticipation» est un bon moyen pour améliorer sa pension. Certes, cette formule a été conçue à la base pour permettre aux affiliés de la CIMR de sortir en retraite dès l’âge de 55 ans sans subir de réduction de leurs pension. «Un départ en retraite à 55 ans se traduit par une réduction de 28% de la prestation si on ne souscrit pas à cette option», précise Jaouad Tadlaoui. Mais même si l’affilié compte rester actif jusqu’à l’âge de 60 ans, il peut adhérer à cette formule car elle permet de bonifier la pension qu’il touchera à sa sortie. En effet, avec cette option, les prestations sont majorées de 6% si l’affilié reste actif jusqu’à 56 ans, de 13% s’il le reste jusqu’à 57 ans, et ainsi de suite pour atteindre un bonus de 39% quand il atteint l’âge de 60 ans. La majoration de la pension continue à courir dans le cas où l’affilié reste actif au-delà de 60 ans pour atteindre, à l’âge de 65 ans, 74% de la retraite initiale.
L’affiliation à cette option est entièrement libre et ouverte à tous les affiliés de la CIMR quels que soient leur taux de cotisation et leur âge, sans aucune condition de nombre d’affiliés pour l’entreprise adhérente. Bien entendu, elle a un coût. L’option se traduit en effet par la majoration des contributions globales de 38,89%. Mais l’avantage ici, et contrairement au cas de relèvement du taux de cotisation dans le régime de base, est que le salarié peut supporter tout seul la totalité de la majoration que l’employeur prélèvera de son salaire et versera à la caisse. Par ailleurs, l’affilié a la possibilité de transformer ses points retraite acquis avant son adhésion à cette option en points retraite à 55 ans, moyennant le rachat des services passés, sachant que les montants des rachats bénéficient de la déductibilité fiscale de l’impôt sur le revenu.
Un autre moyen pour augmenter votre retraite consiste à procéder à des versements supplémentaires. Si par exemple votre entreprise vous verse une prime, vous pouvez la solliciter pour la placer totalement ou partiellement dans votre retraite CIMR, étant donné que la caisse accorde la possibilité à ses affiliés d’effectuer à tout moment des versements exceptionnels pour améliorer le nombre de leurs points de retraite. Dans  ce cas, le montant de vos versements est divisé par le coût du point (voir encadré ci-haut) afin de déterminer le nombre de points correspondant. En chiffres, une prime annuelle de 30 000 DH qu’un salarié âgé de 35 ans décide de consacrer à sa retraite CIMR lui rapporterait un complément annuel à 60 ans de l’ordre de 7 430 DH.
Outre ces versements, il est possible de procéder au rachat des points correspondant aux années de non cotisation. En effet, durant sa vie active, un salarié peut travailler au sein de trois ou quatre entreprises, voire plus. Des entreprises qui, peut être, n’adhèrent pas toutes à la CIMR. Si c’est le cas, l’option «rachat» permet à l’affilié de reconstituer sa retraite en payant pour les années où il n’a pas cotisé et ce, indépendamment de son employeur actuel, tout en profitant de la déductibilité fiscale du rachat de l’impôt sur le revenu.

En cas de relèvement du taux de cotisation, vous pouvez mettre à niveau les anciennes contributions
Le barème de rachat diffère selon l’âge du salarié. Le montant du rachat est égal au nombre de points à racheter multiplié par le salaire de référence en vigueur (indice  reflétant l’évolution du salaire moyen de l’ensemble des affiliés cotisant à la CIMR) et le coefficient d’âge.
Prenons un exemple. Un salarié âgé de 30 ans n’a pas cotisé à la CIMR pendant trois ans. Pour récupérer les années perdues, à raison de 200 points par an, il doit racheter 600 points qui lui coûteront 68 823 DH. Ce montant correspond au produit du salaire de référence pour l’année 2009, qui est égal à 18,63 DH, et du coefficient d’âge de  30 ans, fixé par la caisse à 6,157, le tout multiplié par le nombre de points à racheter (600 points).
Le rachat de points peut également s’effectuer lorsque l’employeur décide de relever le taux de cotisation (par exemple de 4,5% à 6%), afin que l’affilié puisse remettre à niveau les années passées et faire appliquer le nouveau taux aux anciennes cotisations.
Enfin, dans le cas où un affilié quitte son entreprise et demande la liquidation de ses droits, c’est-à-dire que la caisse lui restitue ses cotisations, il a la possibilité, s’il souhaite reconstituer son capital retraite par la suite, de procéder au rachat des points correspondant selon la formule précisée ci-dessus.