Ces titres qui progresseront encore d’ici la fin de l’année

Le marché est partagé quant aux perspectives d’évolution des indices.
CIH, Wafa Assurance, Samir, BCP et Afriquia Gaz présentent un potentiel
de croissance intéressant, selon Upline Securities.
Neuf valeurs sont surévaluées.

Après avoir marqué une certaine hésitation la semaine dernière, due vraisemblablement au mouvement de prise de bénéfices, les deux indices phare de la Bourse de Casablanca sont repartis à la hausse en ce début de semaine. Lundi 14 novembre, ils ont encore franchi la barre psychologique de 20% et battu ainsi leur propre record enregistré une semaine plutôt. Mardi, ils ont confirmé la tendance et ont atteint +21,67% pour le Masi et +22,26% pour le Madex. Mais la hausse de ce début de semaine paraît plus vigoureuse, dans un marché plus animé.
La visibilité est-elle meilleure pour autant ? Rien n’est moins sûr ! Les analystes et les traders semblaient en tout cas déboussolés mardi, alors que la plupart d’entre eux étaient plutôt fermes quelques jours auparavant. «Les indices avaient déjà trop pris et la plupart des investisseurs ont préféré, à juste titre d’ailleurs, réaliser leur bénéfice, estimant que le marché a atteint ses limites», a expliqué un trader à La Vie éco, vendredi 11 novembre. Il est rejoint en cela par un autre collègue qui estime que «la croissance du Masi ne devra pas s’améliorer davantage d’ici la fin de l’année. Elle tournera autour de 18 à 19% si, toutefois, d’ici-là, aucun événement majeur ne vient secouer le marché. L’explication en est simple : les quelques sociétés qui font l’essentiel du marché ont déjà atteint, voire dépassé leurs valeurs théoriques».

En contact permanent avec les investisseurs, et donc avec l’offre et la demande, les traders estiment que les seuls éléments qui risquent de doper légèrement les indices seraient les désormais traditionnelles opérations de window dressing, allers-retours de blocs effectués par les compagnies d’assurances et quelques institutionnels pour valoriser leurs portefeuilles avant la clôture des comptes.
Mais, avec le retour de la croissance trois jours de suite, les professionnels ne peuvent qu’être perplexes. Même les plus sceptiques ont tempéré leurs propos !
Du côté des analystes financiers, plus penchés sur les valorisations théoriques de différentes sociétés cotées, ce n’est pas le même son de cloche.
Selon Upline Securities, le marché présente encore un potentiel de croissance. Toutes les valeurs n’ont pas, en effet, atteint leur «valorisation théorique limite» et peuvent donc voir leur cours augmenter davantage d’ici la fin de l’année. Par opposition, il est vrai, certaines sociétés traitent à des niveaux largement supérieurs à ceux qui se dégagent de l’évaluation faite par la société de Bourse.
Dans la page qui suit, nous avons classé pour vous plus d’une trentaine de sociétés selon un seul critère : le potentiel de hausse qu’elles présentent, donc les chances de voir leurs cours progresser ou les risques de les voir se détériorer.

Il en ressort trois grands groupes : les sociétés sous-évaluées (pour l’évaluation, Upline Securities a tenu compte des résultats prévus pour fin 2005 et de la moyenne des price earning ratios des différents secteurs qui composent la cote casablancaise) ; celles qui sont correctement évaluées et celles qui sont plutôt surévaluées.
Dans la première catégorie, on remarque une forte présence des établissements financiers (qu’il s’agisse de banques, sociétés de crédit à la consommation ou de leasing) et des compagnies d’assurances. Les représentants du secteur «pétrole et gaz» sont également en bonne position. Pas de trace en revanche du secteur agroalimentaire, encore moins celui des mines.
Dans le lot des sociétés étudiées par la société de Bourse, certaines «méritent», selon Upline Securities, de voir leur cours progresser d’au moins 9% d’ici la fin de l’année.
A leur tête figure le CIH. Si la société de Bourse le place en pôle position, c’est en raison de l’opération accordéon qui débouchera sur un toilettage des comptes et sur la consolidation des fonds propres de la banque. Pour Upline, un investisseur qui participera à l’augmentation de capital se retrouvera avec un titre qui vaut plus de 175 dirhams. Sans parler des perspectives qu’offre la reprise en main par le groupe Caisse de dépôt et de gestion (CDG).

Vient ensuite Wafa Assurance qui devra profiter pleinement de l’effet de synergie avec le groupe Attijariwafa bank, son nouvel actionnaire de référence, mais aussi avec Barid Al Maghrib, rebaptisé La Poste, dont elle pourra désormais exploiter le large réseau. De plus, les résultats semestriels de la compagnie sont plus que satisfaisants et les chiffres attendus pour l’exercice entier promettent d’être meilleurs.Upline estime que le cours de Wafa Assurance est actuellement inférieur à la valeur de l’entreprise et qu’il a encore une marge de près de 16% de progression.
En troisième lieu figure Maghrebail. Là aussi, c’est la synergie qui joue. Cette fois-ci avec le groupe BMCE Bank. Elle est, de l’avis d’Amine Bentaleb, analyste financier chez Upline Securities, de plus en plus apparente. Notre analyste estime que le cours en Bourse de ce spécialiste du leasing n’a pas suivi, malgré les bons résultats semestriels de la société. Et la tendance devra se confirmer à la fin de l’année. Maghrebail a en outre déployé un réel effort d’assainissement du portefeuille client et adopté une politique commerciale on ne peut plus aggressive. Son cours pourrait croître encore de 13%.
La Samir, on s’en doutait, figure parmi les sociétés prometteuses. L’unique raffineur au Maroc affiche des perspectives de croissance rendues évidentes grâce à l’amélioration de la qualité de ses produits, la proportion de plus en plus grande des produits «nobles» dans la production et, surtout, à travers son programme d’augmentation de la capacité de raffinage (pour atteindre 7,5 millions de tonnes à fin 2008). Ce qui pourrait lui permettre de saisir des opportunités d’exportation

vers l’Europe occidentale et l’Amérique du Nord qui sont actuellement en déficit en termes de capacités de raffinage. Sans parler de la volonté du groupe Corral de construire une centrale électrique à même de réduire considérablement les charges d’exploitation. Avec un PER au plus bas par rapport au marché, la Samir est définitivement un titre attrayant. Il présente un potentiel de hausse de près de 12%.

La BCP, qui a toujours traité à un PER inférieur à son secteur, présente quant à elle une marge de progression de 11%. Ses nouvelles orientations (banque commerciale et corportate banking) semblent charmer la société de Bourse qui fait remarquer que la BCP détient en plus un important stock de plus-values latentes (en bons du Trésor essentiellement), qu’elle pourra réaliser assez rapidement.
En sixième position, on trouve Afriquia Gaz. Le 1er opérateur marocain du secteur GPL (gaz et pétrole liquéfiés) séduit par sa nouvelle taille et les opportunités de développement qui vont avec. Désormais premier, il peut abandonner sa course aux parts de marché pour s’orienter davantage vers la rentabilité opérationnelle et financière. On lui prête une marge de progression d’au moins 9%

Selon des traders, les indices termineront l’année avec un score compris entre 18 et 19%.