Ce qu’ils pensent de la situation du marché Boursier

La concentration des volumes sur un nombre réduit de valeurs n’est pas l’apanage de la Bourse de Casablanca.

Karim Hajji, Directeur général de la Bourse de Casablanca

La concentration du volume sur quelques valeurs est tout à fait normale

« La concentration des volumes sur un nombre réduit de valeurs n’est pas l’apanage de la Bourse de Casablanca. La règle du 80/20 est générale. En effet, dans la plupart des places boursières internationales, 20% des valeurs cotées drainent 80% des volumes échangés. Casablanca n’échappe pas à cette règle universelle. Mais il faut reconnaître que chez nous, les grandes entreprises sont relativement mieux représentées que les PME, contrairement à la structure de l’économie nationale ».

Youssef Benkirane, Président de l’APSB

Les banques ne sont pas adaptées pour vendre des actions

« Le canal bancaire n’est aujourd’hui pas adapté pour commercialiser les produits financiers, et cela s’explique par la peur de voir ces instruments cannibaliser les produits bancaires classiques (compte sur carnet, dépôts à terme…). C’est malheureusement l’état d’esprit qui règne auprès de la majorité des banquiers, chefs d’agence et autres chargés de clientèle. Or, c’est une fausse idée, car c’est en fait le gâteau qui s’agrandit. Actuellement, les services d’intermédiation ne représentent qu’une infime partie du Produit net bancaire des établissements de crédit ».

Hassan Boulaknadal, Directeur général du CDVM

La Bourse ne pouvait rester insensible aux variations des marchés étrangers…

« Il existe plusieurs fenêtres qui ont permis d’importer la crise mondiale au Maroc. La sous-liquidité qu’a connue le marché international depuis l’automne 2008 a fait que les investissements étrangers ont reflué. La deuxième fenêtre reste l’aspect psychologique. Pourquoi le marché marocain resterait insensible aux variations des marchés internationaux ? La conjonction de ces deux facteurs a fait que depuis 2008 le marché casablancais s’est inscrit dans une phase de décroissance en termes de liquidité et de valorisation ».

Hamid Tawfiqi, Directeur général de CDG Capital

Le marché a besoin aussi bien de spéculateurs que d’investisseurs de long terme

« Il est très intéressant pour un marché d’avoir différents profils d’investisseurs. La contradiction des points de vue sur un marché, les différentes lectures mais également des visions d’investissement assez disparates (longs et courts termes) font en sorte qu’une certaine dynamique se crée sur le marché. D’un autre côté, il faudrait doter le marché d’instruments qui permettent de combiner les avis. A terme, cela donnerait la possibilité d’agir, quelle que soit la direction du marché».