Ce qu’auront rapporté vos placements en six mois

La Bourse, apparemment moins performante qu’en 2004, cache des petits bijoux…
La baisse généralisée des taux a affecté l’ensemble
des instruments à  rémunération fixe. n Les produits anciens
(livret, compte sur carnet…) n’offrent plus d’intérêt.
Les OPCVM constituent le meilleur compromis.

L’année 2005 a entamé depuis deux semaines son second semestre. Vos placements ont-ils été judicieux ? Il n’est pas inutile de faire le point sur les revenus engrangés et sur la pertinence des choix que vous avez fait au début de l’exercice. Le tableau n’est certes pas aussi rose que les deux dernières années, mais les plus avertis auront su tirer royalement leur épingle du jeu et réaliser des performances tout à  fait honorables. Les meilleurs ont pu multiplier par 2,5 leur mise initiale alors que les moins chanceux ont dû essuyer des pertes allant juqu’à  40% de leur capital.

Bourse : les valeurs de retournement créent la surprise
Les deux indices boursiers Masi et Madex n’auront pas dépassé le seuil de 5% durant les six premiers mois de l’exercice. On est donc loin des performances à  deux chiffres réalisés au cours du semestre précédent. La moisson a été maigre et n’a débouché finalement que sur un petit 2% à  fin juin. Autant que les taux de rémunération des comptes sur carnet.
Mais attention, ce pourcentage ne représente qu’une «moyenne» mesurée par l’indice composite de la Bourse de Casablanca. Une analyse plus fine fait ressortir des performances à  trois chiffres même pour certaines sociétés cotées. Il en est ainsi de Diac Equipement dont le cours a progressé de 175%, passant de 24 à  plus de 63 dirhams ; Zellidja qui évolue de 293 à  près de 800 dirhams (+157%), le CIH (+118%) et Diac Salaf dont les actionnaires ont enregistré une plus value de 106%. Des prouesses pour des valeurs qui caracolaient en tête des flops à  fin décembre derniers (Le CIH et Diac Salaf avaient terminé l’année 2004 avec des contre-performances respectives de 49 et 45 %).
Dans la liste des valeurs qui ont progressé de plus de 50%, on trouve encore Papelera de Tetuan et Maroc Leasing. Le dénominateur commun entre ces six valeurs est leur appartenance à  cette catégorie qu’on appelle communément «valeurs de retournement». C’est-à -dire des valeurs qui ont été «massacrées» par le passé en subissant de lourdes sanctions boursières. Aujourd’hui, certaines d’entre elles – pas toutes, malheureusement – ont réussi leur redressement, grâce à  leur reprise en main par des groupes solides. Elles ont changé de managers, ont mis en place un contrat-programme avec l’Etat et sont en passe de finaliser leur plan de restructuration ou encore ont externalisé des plus-values latentes.

Les investisseurs parmi vous qui ont su se positionner assez tôt sur ces valeurs ont pu profiter pleinement de leur retour en grâce.
Mais au-delà  de ces exceptions, la moisson du premier semestre apporte une quinzaine de valeurs qui ont réalisé un parcours boursier tout à  fait satisfaisant, avec des performances comprises entre 10 et 40%. Quinze autres sociétés ont fait mieux que l’indice, mais sans dépasser la barre de 10% en termes de progression de cours. Au total, ce sont plus de 37 sociétés sur les 53 cotées, ou encore 70 % de la cote qui auront surperformé le Masi.
Les investisseurs les moins avertis auront perdu entre 30 et 40% de la valeur de leur portefeuille s’ils avaient investi, exclusivement, dans les titres Managem ou SMI.

z OPCVM Actions : tous ont fait mieux que l’indice, mais ont été plafonnés à  12%
Moins risqués que l’investissement direct en Bourse, les OPCVM actions (Organismes de placement collectif en valeurs mobilières, investis essentiellement en actions) se sont bien comportés au terme du premier semestre. Ils ont tous surperformé l’indice. Mission relativement facilitée, il faut dire, par le fait que le Masi n’a progressé que de 2% depuis le début de l’année.
Au 1er juillet 2005, les valeurs liquidatives de ces fonds faisaient état de progressions allant de 3,13% à  11,77%. Cette dernière performance a été réalisée par le fonds CFG Emergence qui avait d’ailleurs remporté l’Asset Management Trophy de La Vie éco dans la catégorie OPCVM Actions et ce, sur deux périodes d’observation, à  savoir 1 an et 3 ans (cf. «Palmarès des OPCVM», in La Vie éco du 22 avril 2005 ou encore sur notre site www.lavieeco.com).

OPCVM Diversifiés : 5% au maximum, mais aucun n’a perdu sa mise
Les OPCVM Diversifiés affichent pour la première moitié de 2005 des performances allant de 1,16% à  5,13%. Ces performances sont nettement inférieures à  celles qui sont affichées par les fonds actions. La raison en est simple : le portefeuille des fonds diversifiés contient aussi bien des actions que des titres de taux. Et comme les premières n’ont pas vraiment excellé ce semestre et les deuxièmes ne produisent généralement que des rendements mitigés, le résultat final coule de source.

OPCVM Obligataires
MLT : rendement correct pour un risque minimal
Emergence Fund (Capitale Gestion) et FCP Maroc Obligations (Marogest) arborent à  fin juin dernier des performances supérieures à  4%. Sur la même période le bas de la fourchette se situe à  0,91% pour cette catégorie d’OPCVM investis dans les obligataires moyen et long terme (OMLT). Naturellement inférieures aux performances des deux précédents types d’OPCVM (Actions et diversifiés), ces niveaux doivent être analysées à  l’aune du risque couru et donc des titres qui composent leur portefeuille. Bien évidemment, on ne peut comparer que des choses comparables. C’est pour cela qu’il faut nuancer et considérer les réalisations des OMLT comme étant satisfaisantes. Car les investisseurs qui optent pour ce type de fonds privilégient plus la sécurité de leur capital que la rentabilité. Ils désirent rémunérer au mieux leur investissement, mais ne veulent pas prendre le risque de perdre leur mise. C’est acquis !

OPCVM Monétaires et Obligataires CT : une moyenne de 1% pour des placements short
Pour un risque quasi nul, ces deux types d’OPCVM offrent des performances allant de 0,92% à  2,96%. Cette borne supérieure est un peu décalée par rapport à  la moyenne de la catégorie qui se rapproche plutôt de 1% que de 3%.
Dans cette catégorie, nous avons regroupé et les fonds purement monétaires et les fonds obligataires à  court terme. Tous deux s’adressent essentiellement aux institutionnels et aux entreprises qui pratiquent une gestion dynamique de leur trésorerie.

Comptes sur carnet : 1,6% net de TPPRF autant que le livret d’épargne
2,27% hors taxes. C’est-à -dire 1,59% nets, après les 30% prélevés au titre de la TPPRF (taxe sur les produits de placement à  revenu fixe). Voilà  le taux minimum offert par les banques aux comptes sur carnet. Le qualificatif «minimum» ne doit pas suggérer que certaines banques surenchérissent pour attirer leur clientèle vers ce produit. Loin s’en faut. La plupart d’entre elles s’alignent sur ce niveau, déterminé automatiquement à  travers une formule adoptée depuis le premier juillet 1999. A compter de cette date, le taux de rémunération minimum des comptes sur carnet est égal au «taux moyen pondéré des bons du Trésor à  52 semaines, émis par adjudication au cours du semestre précédent, diminué de 100 points de base».
Pour le deuxième semestre 2005, ce taux sera de 2,28% (H.T.), en stagnation par rapport au premier semestre. Il se maintient pour le première fois d’ailleurs depuis juillet 2003. Depuis cette date, les taux n’ont pas cessé de baisser, conséquence mathématique de la baisse des taux des bons de trésor (voir tableau : Comptes sur carnet). Dépôts à  terme et bons de caisse : au pays des aveugles…
A fin mai dernier (derniers chiffres disponibles), le taux moyen pondéré des DAT et bons de caisse à  6 mois était de 3,31%. Les mêmes bons à  12 mois ont été rémunérés à  hauteur de 3,58%. Ces niveaux sont en légère hausse par rapport à  fin 2004 (cf. graphique). Sur une année glissante, l’évolution est contrastée : une amélioration de 15 points pour les comptes et bons à  six mois et un recul de 30 points de base pour les bons à  12 mois.
Les taux, vous l’aurez remarqué, sont supérieurs aux taux minimums appliqués par les banques aux comptes sur carnet. Sauf que les établissements de crédit, en situation de surliquidité, ne courent pas après l’épargne quand elle n’est pas non rémunérée.
Contraignants, les dépôts à  terme sont par définition peu liquides. Toute sortie avant terme entraà®ne naturellement majorations et pénalités. Ils sont également sont soumis au régime de la TPPRF : 30 % libératoires.

Bons du trésor à  six mois : 1,82% en net. C’est à  vous de choisir
Certains continuent à  les appeler «bons sur formule», bien qu’ils soient inscrits en compte depuis la dématérialisation des titres et la mise en place de Maroclear, le dépositaire central. Ces bons sont taillés sur mesure pour les particuliers puisqu’ils sont disponibles auprès des trésoreries du royaume, agences de Bank Al Maghrib et guichets de banque au prix unitaire de 1 000 DH. Ils présentent l’avantage de devenir liquides à  l’expiration des 3 premiers mois, avec la possibilité en plus de pré-escompter 50% des intérêts trimestriels.
Le taux de cet instrument est indexé sur le taux moyen pondéré (TMP) des bons de Trésor à  26 semaines, émis par adjudication durant le trimestre précédent. A ce TMP, on ajoute une prime de 25 points de base. Le résultat a donné 2,60% à  fin juin 2005, soit 10 points de base de moins par rapport au quatrième trimestre 2004. Et les pronostics prédisent un maintien de ce taux pour le trimestre à  venir, voire une légère hausse de l’ordre de 5 points de base.

Bien entendu, le taux de 2,60% est un taux brut, auquel il faut appliquer une TPPRF de 30%.

Livret d’épargne : la gratuité du service fait encore des adeptes
1,55% : le taux de rémunération de l’épargne gérée sur livret par Barid Al Maghrib fond d’un semestre à  l’autre. A se demander s’il y a encore des adeptes de la Caisse d’épargne nationale. Si les bureaux de poste continuent d’attirer les utilisateurs du livret, c’est certainement en raison de la gratuité totale des opérations ; l’exonération de tous impôts ou taxes pour les personnes physiques; la disponibilité des fonds et la garantie par l’Etat du remboursement des dépôts à  la CEN ainsi que du service des intérêts.
Autre avantage énorme pour ces épargnants, la possibilité de faire des mini-versements. D’ailleurs, la souscription au dernier produit de Barid Al Maghrib, appelé «Epargne scolaire» et destiné aux écoliers, démarre avec dépôt minimum deÂ… 5 DH. A épargne populaire et garantie, une rémunération maigre et sèche.

Epargne-retraite et épargne-éducation : près de 4% entre taux garanti et bonus
Même si la tendance est encore timide, de plus en plus de Marocains optent pour l’épargne retraite. Plus retraite qu’épargne dans leur tête certes, mais ces vecteurs de placement présentent l’avantage d’offrir un taux minimum garanti de 3,25% auquel s’ajoute un bonus. Ce dernier varie en fonction du gérant de votre compte et des opportunités de placement qu’il a pu lui-même saisir. Les compagnies d’assurances contactées avancent des taux légèrement supérieurs à  4%, bonus compris ce qui n’est pas si mauvais que cela compte tenu de la baisse générale des rendements et de la performance mitigée de la Bourse de Casablanca au terme de ce premier semestre.
L’épargne retraite ou épargne-éducation (de plus en plus en vogue) présente des avantages certains : choix libre du montant et de la périodicité des cotisations avec la possibilité d’augmentation, diminution, ou de suspension de ces dernières en fonction de vos contraintes. La liberté de disposer d’une partie ou de la totalité de votre épargne à  tout moment sous forme d’avance ou de rachat est aussi appréciée par les adeptes de ce genre de produits. Tout comme la promesse d’assurer l’avenir de ses enfants et de leur construire progressivement une épargne dans l’objectif de financer leurs études supérieures ou leur faciliter l’entrée dans la vie active

Ce sont 37 sociétés sur les 53 cotées qui ont surperformé le Masi.