Cartier Saà¢da en Bourse dans les semaines à  venir

Spécialisée dans la conserve de fruits et légumes, la société introduit 30% de son capital en Bourse.
Elle compte lever 20 à 30 MDH pour doubler sa capacité de production.

Une nouvelle société viendra renforcer le secteur de l’agroalimentaire en Bourse très prochainement. Il s’agit de Cartier Saâda, entreprise basée à Marrakech et détenue par les familles Debbarh (67%) et Cartier (23%), les 10% restants appartenant au Français Delieuze, un client-partenaire de l’entreprise depuis les années soixante-dix.

Si la marque Cartier Saâda n’est pas très familière au grand public même si elle existe depuis 1947, c’est parce que l’entreprise est à 92% tournée vers l’export. Mais ce ne sera certainement plus pour longtemps, la Bourse ayant toujours un effet sur la notoriété. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui poussent Cartier Saâda à faire son entrée sur le marché boursier. Mais ce n’est pas tout. La société, spécialisée dans les conserves de fruits et de légumes (principalement les abricots et les olives), veut également profiter des opportunités offertes par son secteur. Evoluant dans un secteur encouragé par les possibilités qu’offrent les différents accords de libre-échange, Cartier veut ainsi doubler sa capacité de production, d’où le recours au marché.

Une PME en bonne santé
Dans ce contexte, l’introduction se fera par augmentation de capital et ce dans les semaines à venir. De source bien informée, on parle d’une fourchette de 20 à 30 millions de dirhams, en fonction du prix d’introduction (qui reste jalousement gardé). Cartier ouvrira ainsi près de 30% de son capital, après augmentation, aux investisseurs particuliers et institutionnels.

La société rejoindra le troisième compartiment de la Bourse de Casablanca, conformément aux critères de taille et d’activité mis en place. Son capital social s’élève aujourd’hui à 27 millions de dirhams. En consolidé (y compris une filiale spécialisée dans la distribution locale), son chiffre d’affaires s’est élevé en 2005 à 70 MDH, pour un résultat net de 3,5 MDH. Ce bénéfice a toutefois été fortement impacté par d’importantes dotations aux amortissements au titre d’investissements réalisés en 2005. Quant à l’endettement de la société, il est insignifiant, ses besoins étant principalement financés par les fonds propres.
Cartier Saâda produit dans un site de 25 000 m2 (déjà agréé par la Food and Drugs Administration américaine, ce qui ouvre la voie de l’export aux USA) et dispose d’une capacité de production de 6 000 tonnes de fruits et légumes par an. Laquelle sera portée à 11 000 tonnes dans trois ans. Par ailleurs, Cartier Saâda est certifiée ISO 9001 version 2000, et compte décrocher la norme ISO 22 000 pour l’hygiène alimentaire avant fin 2006.

L’exemple de Dari Couspate semble avoir inspiré les actionnaires de Cartier Saâda. Ils ont d’ailleurs fait les mêmes choix que le producteur de couscous et de pâtes alimentaires et, concernant les modalités d’introduction, sont passés par le même intermédiaire : Finergy, qui commence à devenir le spécialiste des PME en Bourse.