Cartes bancaires : ce que vous risquez en cas de vol, perte, piratage sur internet…

Sur un GAB ou après un achat en ligne, le numéro de votre carte et le code secret peuvent être capturés pour être réutilisés sur de fausses cartes.
Vous pouvez contracter une assurance auprès de votre agence contre le vol de votre carte. Durée de couverture : 48 heures.
Vol, perte, opérations douteuses : les bons gestes pour limiter les dégà¢ts à  temps.

Les cartes bancaires connaissent depuis quelques années un développement important au Maroc. Avec la progression de la bancarisation et la modernisation des commerces, de plus en plus de Marocains utilisent les cartes pour accéder plus facilement à  leurs comptes et régler leurs achats de façon pratique. Ceci sans parler des cartes de crédit revolving qui ont connu un fort engouement de la part de la clientèle. Selon le Centre monétique interbancaire (CMI), le nombre de cartes distribuées au Maroc par les établissements financiers a atteint 4,3 millions d’unités à  fin 2007.

Cela dit, l’utilisation des cartes bancaires, qu’elles soient de retrait et de paiement ou de crédit, présente plusieurs risques. En effet, certains ont vu leurs comptes vidés après qu’ils aient perdu leurs cartes, d’autres ont été débités d’opérations qu’ils n’ont jamais effectuées…
En fait, les risques liés aux cartes bancaires sont de quatre types : le vol et la perte, l’utilisation frauduleuse, le piratage et enfin le surendettement.

Si les trois premiers sont du domaine de l’imprévu, le dernier risque, le surendettement, est, lui, lié au comportement du client. En effet, le plus souvent, les chargés de clientèle des banques proposent aux nouveaux clients de prendre des lignes de découvert (dépassement du solde) au moment de l’ouverture des comptes sur chèques. Ces lignes peuvent atteindre dans certains établissements 100% des revenus, ce qui veut dire qu’un client peut consommer en un mois le double de son salaire. Avec la facilité qu’offrent les cartes bancaires pour le retrait d’argent et le règlement des achats, nombreux sont ceux qui dépassent largement leurs soldes en compte et creusent de manière dangereuse leurs déficits. A la fin du mois, une bonne partie des revenus sert à  rembourser les dépassements.
Ceci sans oublier les intérêts, dont le taux atteint souvent le niveau maximum fixé par les autorités monétaires, à  savoir 14% actuellement (taux maximum des intérêts conventionnels appliqués par les établissements de crédit).

Pour les cartes de crédit revolving, le risque de surendettement est encore plus grand. En effet, si leurs détenteurs ne les utilisent pas de façon rationnelle, les remboursements ainsi que les intérêts peuvent rogner considérablement les revenus.
En principe, la vocation des cartes revolving est de mettre à  la disposition du client une réserve d’argent à  utiliser en cas d’imprévu (accident de voiture, hospitalisation…) ou pour saisir une opportunité (période de soldes limitée dans le temps, par exemple). Or, le plus souvent, les clients, mal conseillés par les chargés de clientèle des banques, utilisent ces cartes non pour subvenir à  des besoins exceptionnels mais pour leurs dépenses courantes. Résultat : des montants de remboursement conséquents sont prélevés au début de chaque mois.

Les réserves d’argent accordées aux clients peuvent atteindre des sommes importantes générant ainsi des remboursements lourds pour le budget. En effet, les montants maximum accordés pour les cartes revolving varient entre 40 000 DH (BMCE Bank) et 150 000 DH (Attijariwafa bank) pour des remboursements mensuels qui peuvent atteindre jusqu’à  8% du montant de la réserve. Quant aux taux d’intérêt appliqués à  ce genre de cartes, ils varient entre 9% (Attijariwafa bank) et 12,95% (BMCI).
Pour éviter le surendettement, il n’y a pas de recette miracle. Il faut diminuer le recours aux découverts, dépenser avec prudence et limiter l’utilisation des réserves d’argent aux cas de force majeure.

En cas de vol, il faut alerter directement le CMI et les services de police
Pour ce qui est du vol ou de la perte, le titulaire de la carte doit aviser immédiatement (par téléphone, fax ou déclaration écrite) son agence pendant les heures d’ouverture, ou contacter le centre d’opposition du CMI qui est disponible 24h/24 et communiquer les 16 chiffres gravés sur sa carte bancaire. Par la suite, il doit procéder à  une déclaration de perte ou de vol auprès des services de police. Laquelle déclaration devra accompagner la mise en opposition que le client doit absolument déposer auprès de son agence bancaire, même s’il a déjà  contacté le CMI.

En ce qui concerne les fraudes, elles peuvent aller du plus simple au plus sophistiqué. La technique qui est de plus en plus en vogue, avec l’explosion des nouvelles technologies, est le piratage sur internet. Le principe est simple: un hacker se connecte au serveur d’une entreprise qui a un site marchand pour y récupérer des fichiers clients et des identifiants bancaires (les 16 chiffres plus les 3 derniers chiffres au verso de la carte), qu’il peut aussi capturer grâce à  des logiciels espions. Une fois ces éléments récupérés, il peut alors utiliser votre carte pour acheter sur internet.

Conscient de ces risques, le CMI vient de déployer une nouvelle plate-forme certifiée Visa (Verified by Visa) et MasterCard (MasterCard SecureCode) pour permettre le traitement des opérations de paiement en ligne en toute sécurité, conformément aux standards internationaux. Avec cette infrastructure sécurisée, les organismes publics et privés peuvent offrir leurs services et vendre leurs biens en ligne à  une cible de trois millions de porteurs de cartes bancaires. Ainsi, l’internaute marocain désireux d’acheter en ligne doit seulement fournir le numéro de sa carte bancaire locale, sa durée de validité, plus les trois chiffres du code de sécurité qui figurent au dos de la carte.

Mis à  part le piratage en ligne, d’autres risques de fraudes à  la carte bancaire existent. Certains commerçants mal intentionnés peuvent récupérer, grâce à  leurs terminaux de paiement électronique (TPE), les identifiants des clients et les introduire sur des cartes vierges qui deviennent ainsi des sortes de duplicata, qui fonctionnent parfaitement.
Autre phénomène : le piratage au distributeur. Les spécialistes de cette technique utilisent un petit boà®tier placé sur la fente qui va enregistrer les données contenues sur la piste magnétique de la carte au moment de son introduction, y compris le code secret à  quatre chiffres. Par la suite, ils recopient, là  aussi, l’information sur des cartes vierges pour les réutiliser.

Par ailleurs, il ne faut pas négliger le risque d’erreur sur le montant tapé sur le TPE. Le porteur de la carte doit toujours vérifier le montant inscrit sur son ticket. Certains commerçants peuvent également profiter du fait que les anciens TPE fonctionnent sans le code secret et ce, même avec les nouvelles cartes à  puce, afin d’effectuer plusieurs autres prélèvements sans que le titulaire de la carte ne s’en aperçoive.

L’assurance sur les cartes n’est pas proposée systématiquement
«Aujourd’hui, personne n’est à  l’abri de ce genre de fraudes qui peuvent ruiner leurs victimes. Car, même lorsqu’il y a indemnisation, celle-ci ne dépasse pas, dans le meilleur des cas, 30% des sommes perdues. Face à  ce risque, les banques ne cachent pas leur impuissance», explique Mostapha Haboucha, responsable «risk management» à  BMCE Bank.

En effet, la plupart des émetteurs (banques et autres institutions financières) offrent des assurances permettant la couverture du risque d’utilisation frauduleuse de la carte. Cette assurance n’est pas obligatoire et elle n’est contractée qu’à  la demande du client. En général, les assurances proposées au moment de la demande de carte bancaire permettent de protéger le client porteur de la carte contre les opérations frauduleuses suite à  un vol par effraction, agression et à  l’arraché, ou à  la perte de la carte.

Et ce à  hauteur d’un montant déterminé par événement et par année d’assurance (variant selon la carte assurée) et pour une période qui court de la date du vol ou de la perte à  la date de mise en opposition auprès de l’émetteur.
Il faut savoir, toutefois, que l’assurance ne peut couvrir le client victime du vol que pour les opérations effectuées dans les 48 heures, au maximum, qui suivent l’opposition.

Par ailleurs, seules les cartes de retrait et de paiement peuvent faire l’objet d’une telle couverture. Les cartes de crédit, elles, ne sont assorties que d’une assurance vie (qui protège la banque et non le client). Quant aux carte revolving, elle ne bénéficient d’aucune couverture.

Certes, les risques liés à  la fraude sont de plus en plus réduits grâce à  la migration des cartes à  piste vers les cartes à  puce (norme internationale EMV), ce qui rendra obligatoire la saisie du code confidentiel pour les opérations de paiement. Mais, pour se prémunir contre les mauvaises surprises et détecter les anomalies à  temps, il n’y a pas mieux qu’un suivi minutieux, hebdomadaire s’il le faut, de votre compte !