Capital investissement : seulement 5 milliards de DH investis en 15 ans

Depuis 2000, 155 entreprises ont bénéficié du capital investissement. Les entreprises à  caractère familial restent réticentes à  ouvrir leur capital.

Le capital investissement au Maroc se développe à très petits pas. Certes, à fin 2014, le secteur compte 21 sociétés de gestion et 42 fonds d’investissements, avec un montant levé totalisant 15,7 milliards de DH dont 5,5 milliards réservés aux fonds d’infrastructure. Mais en 15 ans d’existence, ce sont seulement 5 milliards de DH qui ont été investis dans 155 entreprises, dont 14% au titre de l’année dernière. Avec une durée d’investissement de 5,6 années, le montant des désinvestissements a atteint 2 milliards de DH depuis 2000. Notons que 78% des sorties effectuées depuis 2011 ont été réalisés par des cessions à des industriels ou par appel public à l’épargne.

Ces montants, peu significatifs, s’expliquent notamment par la réticence des PME, notamment à caractère familial, à faire appel à ce moyen de financement, surtout que les fonds de capital investissement sont exigeants en termes de gouvernance, de pilotage et de reporting. «Sur une centaine de dossiers déposés par des entreprises pour solliciter un financement, seulement 2 ou 3 sont retenus», affirme Adil Rzal, administrateur à l’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC). Parmi les entreprises financées, 98% ont mis en place un système complet de gouvernance. Par ailleurs, 67% des fonds sont investis dans la phase du capital développement, 21% dans la phase transmission et 6% dans le capital retournement ; le reste étant réparti à hauteur de 5% et 2% pour les phases risque et amorçage respectivement.

Cela dit, vu la multiplicité des demandes reçues et la diversité des secteurs, l’accompagnement par des professionnels du marché, en l’occurrence les experts comptables, est indispensable depuis la phase de la prospection jusqu’à la liquidation, en passant par la réalisation des investissements et le suivi des participations. Ces experts sont à même de juger la rationalité de l’opération tout en fournissant une opinion sur les comptes annuels du fonds, de déterminer les difficultés éventuelles d’intégration et les risques non chiffrables que le mandant ne pourrait apprécier. Aussi, comme ce dernier ne peut connaître avec exactitude les tenants et aboutissants de la transaction, il fait appel à l’expert-comptable en vue de l’assister dans la détermination du prix, et ce, en analysant la qualité des revenus, les flux de trésorerie et en appréciant la qualité et la cohérence des hypothèses du business plan. Sa mission va même au-delà puisqu’il apporte son aide également dans l’analyse de la qualité des actifs et dans l’inventaire des risques fiscaux. Cela sans évoquer son apport en matière de due diligences comptables et fiscales ainsi qu’en termes de mode de gouvernance.