Brasseries du maroc : Le titre présente un potentiel de hausse en Bourse de 18%, selon BMCE Capital

La situation est pour le moins difficile pour  Brasseries du Maroc. Le relèvement de la Taxe intérieure de consommation (TIC) sur les boissons alcoolisées et les déconvenues relatives à l’instauration du marquage fiscal n’ont pas manqué d’affecter l’activité de l’entreprise. Les ventes du premier semestre ont en effet enregistré un recul de 10,6% par rapport aux six premiers mois de 2009, à 496 561 hectolitres, et le résultat net a baissé de 6,1% pour s’établir à 203 MDH. Cette situation ne devrait pas s’arranger au titre du second semestre, car l’augmentation des prix appliquée depuis le début de l’année suite à la hausse de la TIC pourrait continuer à affecter les ventes de la société, impact qui devrait s’amplifier avec l’avènement des mois de Chaâbane et de Ramadan en plein été. De même, l’arrêt de production durant 20 jours en septembre dernier, en raison du litige opposant Brasseries du Maroc et la société de marquage fiscal Sicpa, aura sans doute une incidence sur ses réalisations à fin décembre.
Cela dit, face à ces soucis qui touchent son cœur de métier, la mise en place par la filiale marocaine du groupe Castel de sa stratégie de diversification tombe à point nommé. A ce titre, la société a récemment lancé une eau de source naturelle baptisée Aïn Ifrane, suite à l’acquisition d’une usine d’embouteillage aux environs de la source Ben Smim de la société Euro africaine des Eaux (EAE). Le démarrage de la mise en œuvre de cette stratégie devrait permettre à la société de compenser partiellement l’effet de la baisse de la consommation des boissons alcoolisées.
Les résultats attendus par les analystes au titre de 2010 et 2011font état d’un maintien de l’activité et d’une progression modérée des bénéfices.  Le chiffre d’affaires consolidé de Brasseries du Maroc devrait en effet s’établir à 2,1 milliards de DH en 2010, en baisse de 1% par rapport à 2009, et de 2,16 milliards en 2011, en progression de 3% par rapport à 2010. Le résultat net part du groupe devrait pour sa part afficher une hausse de 8,2%, à 339 MDH en 2010 suite à la non-récurrence d’une charge fiscale constatée en 2009. En 2011, la capacité bénéficiaire devrait se monter à 355,2 MDH, en progression de 4,8%.
Compte tenu de ces prévisions de résultats, et malgré le contexte sectoriel difficile, les analystes de BMCE Capital fixent un objectif de cours de 2 615 DH au titre Brasseries du Maroc, ce qui lui donne un potentiel de hausse en Bourse de 18,8% par rapport à son cours du 27 décembre (2 200 DH). Il faut dire que la valeur s’est inscrite depuis le début de l’année dans une tendance baissière, en réaction à la conjoncture dans laquelle évolue la société et compte tenu de ses réalisations semestrielles. Elle affiche en date du 27 décembre une baisse de plus de 35% depuis le début de l’année.