Bourse : sur quelles valeurs se positionner ?

Les analystes recommandent les secteurs agroalimentaire, bancaire et celui des assurances. Maroc Telecom, Taqa Morocco et Lydec restent des valeurs sûres. Les valeurs du secteur des mines sont à  conserver dans le portefeuille.

Le marché a rompu avec la forte croissance du début de l’année. Il a ainsi clôturé la séance du 27 avril avec une performance de 3,3%. En fait, le tassement s’est produit conjointement avec la fin de la période des publications des résultats annuels des sociétés cotées. Alors qu’analystes et investisseurs s’attendaient à une croissance de la masse bénéficiaire, qui allait booster le marché actions et les décisions de placement, celle-ci a affiché un recul remarquable (-12,8%). Il faut rappeler que cette baisse n’a pas touché toute la cote. Deux secteurs seulement ont plombé les réalisations annuelles, à savoir l’immobilier avec Alliances et le pétrole et gaz dont surtout la Samir. En isolant ces deux sociétés, la masse bénéficiaire est en ligne avec les prévisions des professionnels du marché boursier.

Compte tenu de cette situation, les boursicoteurs optent pour la prudence en matière de placement. «Ce comportement est actuellement visible auprès de l’ensemble des intervenants sur le marché. Même les investisseurs institutionnels ont mis leurs interventions sur le marché en stand by ; certains pour effectuer quelques réaménagements dans leurs portefeuilles de placement, d’autres se désengagent de certaines valeurs qui ne présentent plus un bon potentiel de croissance, en vue de libérer du cash, dans l’attente des prochaines introductions en bourse. Allusion faite à Total Maroc et Marsa Maroc», explique un analyste.

Quoi qu’il en soit, le marché réserve encore un potentiel de hausse sur les prochaines années. Ce potentiel est alimenté par la croissance attendue de la capacité bénéficiaire au titre de l’exercice 2015. En effet, un analyste souligne que «la cote devrait bénéficier au moins d’un effet de base favorable qui devrait tirer les réalisations à la hausse, et ce, en l’absence d’éléments exceptionnels difficiles à prévoir».

Partant, la bourse regorge de bonnes opportunités de placement, à commencer par le secteur bancaire. Il devrait bénéficier de la reprise de la demande des crédits consécutivement au redressement de la situation économique et à la baisse prévue des taux débiteurs grâce à l’abaissement du taux directeur et qui devrait exercer moins de pression sur le coût des ressources. Dans ce contexte, les valeurs Attijariwafa bank, la BCP et la BMCE restent les plus recommandées par les analystes car, en plus de la reprise de leur activité commerciale, elles devraient tirer profit du développement de leur activité en Afrique, vu le potentiel dont recèle ce continent. Toutefois, la montée probable du coût du risque tant sur le continent qu’au Maroc pourrait plomber la croissance des bénéfices des banques. Cela, en plus de la non-récurrence des plus-values obligataires réalisées en 2014 grâce à la baisse des taux des bons du trésor, surtout que ces dernières séances ont été marquées par une hausse ininterrompue.

Le secteur des assurances n’est pas en reste. Les trois compagnies cotées ont toujours la faveur des analystes. L’amélioration attendue de la conjoncture économique globale, et spécialement dans sa composante non agricole, serait à même de booster la branche non vie des sociétés. D’autant que l’allègement des tensions sur les liquidités devrait être profitable au développement du segment vie, et ce, même avec le plafonnement des déductions des cotisations aux produits d’assurance-vie à 50% du salaire net imposable. En outre, l’amélioration du marché actions qui s’est favorablement reflétée sur leur résultat financier au terme de l’exercice 2014, devrait être beaucoup plus bénéfique en cette année, vu le potentiel de hausse que présente le marché.

L’appréciation de la consommation intérieure est favorable aux valeurs alimentaires

A côté de ces secteurs, l’agroalimentaire et les services aux collectivités, en l’occurrence la Lydec, restent les secteurs dominants. Cosumar, Lesieur, Unimer et Oulmes sont particulièrement consolées car, aux yeux des analystes, le potentiel de croissance de leur cours en bourse n’est toujours pas épuisé. Cela grâce notamment à la bonne tenue de leur activité, et ce, même si des facteurs défavorables viennent noircir le tableau à l’instar de la hausse du coût de l’énergie suite à la décompensation des prix des produits pétroliers ou encore la volatilité des matières premières. Pour Cosumar, Upline Securities estime que l’abondance des pluies avec un taux de remplissage des barrages de 82,8% à fin mars augure d’une bonne campagne sucrière. Ce qui devrait permettre à l’industriel de s’approcher de son objectif en termes de taux de couverture des besoins du marché par la production nationale, fixé à 43% à l’horizon 2017. De plus, sa trésorerie devrait se renforcer grâce au remboursement des dettes de l’Etat. Du coup, son endettement serait allégé, ce qui permettrait de financer son développement à l’international et de maintenir son rythme de rémunération des actionnaires.

En parallèle, la société de bourse considère que les perspectives de Lesieur Cristal restent prometteuses puisqu’elles sont axées sur la consolidation des marques historiques et sur l’innovation à travers le lancement de nouveaux produits. Cela sans évoquer la dynamisation de ses activités à l’international à travers la conquête de nouveaux marchés. Unimer et Oulmès, pour leur part, devraient tirer profit de l’appréciation de la consommation intérieure et de l’optimisation de leurs coûts opérationnels. Enfin, Lydec devrait continuer de bénéficier de la croissance démographique et de l’extension des zones urbanisées à Casablanca, surtout avec la naissance de nouvelles villes comme Errahma. De plus, elle représente l’une des valeurs de rendement les plus intéressantes avec un dividend yield de 6%. Idem pour Maroc Telecom qui est toujours considérée comme une valeur de fonds de portefeuille de par le rendement du dividende que l’opérateur propose. Mais pas seulement, le lancement prochain de la 4G, la poursuite de l’amélioration du parc des abonnés et la stabilisation prévue des prix sur le mobile constituent des éléments favorables à la poursuite du redressement des réalisations de l’opérateur. Cela sans évoquer l’entrée des six filiales africaines dans le périmètre de consolidation du groupe. Ce qui devrait augmenter la contribution des activités à l’international aux revenus globaux.

Taqa Morocco est aussi une valeur choyée par les analystes. Ils pensent même que la société est en mesure de continuer à dépasser ses objectifs fixés au moment de l’introduction en bourse. En ce sens, Upline Securities met en avant deux éléments, à savoir la performance technique des usines qui semblent capables d’afficher des taux de disponibilité supérieurs à ceux prévus initialement, et les efforts consentis en termes d’optimisation des charges d’exploitation. A ce titre, il faut noter que le top management table sur des économies variant de 30 à 35 MDH par an.

Mais s’il y a bien un secteur qui continue à avoir les faveurs des analystes en dépit de sa méforme, c’est bien celui des mines. Les professionnels du marché estiment que les valeurs minières cotées sont à garder dans le portefeuille, ne serait-ce que pour tirer profit du dividende offert. De plus, les cours des valeurs se situent déjà à un niveau élevé et ne pourraient progresser davantage vu les perspectives de croissance des trois minières qui semblent défavorables, avec la poursuite de la baisse des métaux précieux. Cela dit, elles pourraient bénéficier de la croissance attendue des métaux de base consécutivement au redressement de la situation économique aux Etats-Unis, qui devrait doper la demande industrielle et donc la demande sur ces métaux.