Bourse : perspectives favorables d’ici la fin de l’année

Le Masi a été porté puis malmené par les grosses capitalisations en septembre. Le marché est actuellement stable en attendant que les investisseurs revoient leurs stratégies de placement. Conjoncture économique favorable, résultats annuels attendus en hausse, stabilité des taux obligataires…, plusieurs facteurs devraient booster les cours.

L’heure est à l’attentisme sur le marché boursier. Après avoir retenu leur souffle durant la période des publications semestrielles des sociétés cotées, les investisseurs digèrent les résultats et adaptent leurs stratégies sur la base des nouvelles données. Il faut dire que l’indice général du marché en a vu de toutes les couleurs en septembre. Sur les deux premières semaines du mois, le Masi avait atteint ses niveaux du début d’année (mi-janvier), gravitant au-dessus des 12 600 points, soutenu par le bon comportement de certaines grosses capitalisations, notamment les bancaires (Attijariwafa bank a d’ailleurs atteint son plus haut historique à 480,05 DH) et les assurances (Atlanta a gagné 10%, à 59,38 DH, atteignant ainsi son plus haut depuis septembre 2015) qui ont dégagé de bons résultats semestriels. Toutefois, malgré une série de publications positives, la prudence est restée de mise, comme en témoigne la baisse de l’indice à partir de la deuxième moitié du mois, impacté par la publication de résultats décevants, notamment par LafargeHolcim et les promoteurs immobiliers.

Une fois ces semaines rythmées par les publications terminées, l’indice est entré dans une phase d’équilibre durant le mois d’octobre. Exception faite du mouvement de rebond déclenché le 4 octobre, une séance exceptionnelle où le marché a gagné 240 points, soit une hausse 1,96% portée par quasiment toutes les grandes valeurs (BCP, BMCE, LafargeHolcim, Ciments du Maroc…).

Maintenant, quelle sera l’orientation du MASI d’ici la fin de l’année ? Positive, à en croire les analystes interrogés, puisque plusieurs conditions sont réunies pour soutenir l’indice. Notamment des réalisations financières semestrielles bien orientées, un maintien des taux des Bons du Trésor à leurs niveaux actuels d’ici la fin de l’année, mais aussi une conjoncture économique favorable, compte tenu de l’amélioration de certains indicateurs macroéconomiques. Il s’agit de la poursuite de l’amélioration des finances publiques (déficit budgétaire en allègement à fin août 2017) et un maintien d’une inflation modérée (autour de 0,6% sur les huit premiers mois de 2017). Cette amélioration de l’ensemble des indicateurs d’activité et de conjoncture est confortée par les nouvelles projections 2017 de BAM: une croissance du PIB de 4,3% (Vs. 1,2% en 2016), une prévision d’inflation à un niveau modéré de 0,6%, un déficit du compte courant en atténuation à 3,9% du PIB (Vs. -4,4% en 2016) et un déficit budgétaire ramené à 3,5% du PIB.

Les bénéfices des sociétés cotées devraient progresser de 13% à fin 2017, selon BMCE Capital

Ces facteurs devraient donc booster l’indice d’ici la fin de l’année, selon les analystes qui semblent également enthousiastes par rapport aux réalisations des sociétés cotées à fin 2017.

En plus des éléments cités, les sociétés cotées devraient profiter, selon les analystes de BMCE Capital, d’une poursuite de la hausse des cours de certaines matières premières, notamment les métaux industriels (le cobalt et le cuivre) et le pétrole, ainsi que d’une dynamique commerciale maintenue, hormis dans le secteur des télécoms impacté essentiellement par la libéralisation de la téléphonie sur IP depuis novembre 2016 au Maroc, la réintroduction d’une asymétrie sur les tarifs de terminaison d’appel en mars 2017 au Maroc et la baisse des tarifs de terminaison d’appel au niveau des filiales africaines ainsi que la désactivation de clients non identifiés.

Exception faite de ce secteur, les principaux secteurs devraient dégager des résultats bien orientés.

En effet, pour les 40 principales valeurs de la place, les analystes de BMCE Capital Research tablent sur un accroissement des revenus 2017 de 4,9%, à 218,7 milliards de DH. Ceci grâce aux industries, notamment Total Maroc & Afriquia Gaz qui devraient profiter d’un effet prix positif du fait de l’augmentation des cours du pétrole à l’international. La filiale de la major pétrolière française devrait également profiter de l’expansion continue de son réseau de stations-services. Cosumar devrait également booster ses ventes du fait de l’accroissement des revenus à l’export vraisemblablement suite à un effet volume favorable en dépit d’une baisse des cours internationaux.

Pour les minières, Managem devrait se démarquer en raison de la hausse des cours des métaux de base au niveau international. Label’Vie, compte tenu de l’élargissement continu de son réseau de points de vente et de l’appréciation escomptée des ventes des boissons alcoolisées suite au glissement des mois sacrés de Chaâbane et Ramadan vers le 1er semestre (période basse de l’année), devrait également enregistrer de bons résultats.

En outre, les établissements financiers devraient assister à une amélioration de leur Produit Net Bancaire suite à un redressement des marges d’intermédiation au 1er semestre 2017, devant compenser le recul du résultat sur opérations de marché, dû lui-même à la baisse des taux d’intérêt. Pour le secteur des assurances, l’on s’attend à une progression des primes d’assurances, traduisant une dynamique de l’activité des compagnies, notamment au niveau de la branche Vie qui devrait afficher une hausse à deux chiffres en 2017.

S’agissant des réalisations opérationnelles, elles devraient s’améliorer de 3,4%, à 60,8 milliards de DH à fin 2017, tenant compte de la non-récurrence d’éléments exceptionnels favorables pour le secteur des télécoms, d’une poursuite de la hausse des coûts énergétiques, devant impacter les industries énergivores, de l’alourdissement des charges d’amortissement suite aux investissements importants lancés à fin 2016, notamment par Marsa Maroc, et du resserrement des marges opérationnelles pour les acteurs de la distribution spécialisée dans un contexte de compétitivité accrue.

A la lumière de ces éléments, la capacité bénéficiaire devrait progresser de 13%, à 31,4 milliards de DH, portée par la non-récurrence de l’impairment test de 1,2 milliard de DH constaté par Ciments du Maroc sur sa filiale égyptienne ; la comptabilisation par Managem d’une plus-value de 500 MDH (avant impôts) suite à la restructuration de ses actifs en République Démocratique du Congo ; et la maîtrise du coût du risque par les banques.

Parallèlement à la publication de résultats semestriels au beau fixe, les cours de certaines valeurs ont marqué de fortes progressions, preuve que le marché a bien accueilli leurs annonces. Il s’agit de Snep par exemple qui, suite à une annonce faite en juillet par le management prévoyant des résultats semestriels en hausse (confirmés en septembre), a vu son cours monter en flèche : alors qu’elle s’échangeait début juillet à 405,40 DH, elle a atteint le 9 octobre un cours de 713,60DH. Pour rappel, l’opérateur national de PVC a connu un redressement notable de son activité suite à un retour à la normale des conditions concurrentielles nationales et internationales, ce qui a positivement impacté ses résultats. Jet contractors a également eu la reconnaissance du marché boursier. Depuis l’annonce de ses résultats semestriels, et du 26 septembre jusqu’au 17 octobre, le cours de la valeur a réalisé une performance de 55%, passant d’un cours de 249,80 DH à 388,50 DH. A noter que la société a réalisé un RNPG semestriel en expansion de 2,6x ; à 62,9MDH. Dans une moindre mesure, Sonasid a bonifié son cours depuis l’annonce de ses résultats le 25 septembre. Le cours de la valeur a pris plus de 11% au bout d’une semaine. A noter que la valeur a réussi à améliorer ses revenus, suite à un effet prix positif, et à redresser fortement son RNPG.

Selon les prévisions de BMCE Capital, l’enveloppe des dividendes devrait reculer de 6,7%, à 21,1 milliards de DH, suite entre autres à la non-récurrence de la distribution par LafargeHolcim Maroc d’un dividende exceptionnel de près de 2,1 milliards de DH prélevé sur sa prime de fusion et ses réserves facultatives au titre de 2016, et dans une moindre mesure la baisse du payout 2017 de Marsa Maroc à 40% contre plus de 79% en 2016. Hors distribution exceptionnelle du mastodonte cimentier, la masse de dividendes devrait augmenter de 2,7% en 2017. Le secteur agroalimentaire devrait s’adjuger la première marche du podium avec des dividendes prévisionnels additionnels de 309 MDH en 2017 (profitant principalement des bonnes réalisations escomptées de Cosumar), suivi de la branche immobilière avec 179MDH (intégrant un payout ratio de 40% en 2017 pour RDS contre 20% en 2016).