Bourse : les valeurs à  vendre, selon BMCE Capital

Atlanta et CIH Bank arrivent en tête, la première en raison de son exposition au marché boursier et la seconde à  cause du retard pris dans sa transformation en banque universelle n Centrale Laitière et Unimer ne sont plus recommandées à  cause de la concurrence et des difficultés d’approvisionnement. L’augmentation des capacités de production et la hausse des coûts énergétiques pénalisent Sonasid.

Le marché boursier offre de nombreuses opportunités de placement compte tenu de la tendance haussière qu’il a empruntée depuis le début de l’année. Cela dit, certaines valeurs ne séduisent plus autant les analystes. BMCE Capital, dans son dernier rapport, recommande de se désengager de plusieurs titres à l’instar d’Atlanta, Centrale Laitière, CIH, Sonasid et Unimer, vu la baisse prévue de leurs cours en bourse.

La société de bourse prévoit pour Atlanta un cours cible de 50,70 DH alors qu’elle s’échange actuellement à 72 DH. Elle devrait donc baisser de 29,6%. La compagnie d’assurance dispose d’un portefeuille de placement très exposé aux aléas du marché boursier et d’un matelas de plus-values latentes assez faible, totalisant à peine 170 MDH à fin 2013. De plus, elle pâtit de la concurrence acharnée des autres assureurs sur la branche vie notamment. D’ailleurs, sa part de marché sur ce segment s’établit à 2,3% seulement au premier semestre. Toutefois, cette situation pourrait s’améliorer suite à l’entrée du CIH dans son capital. En attendant la concrétisation des synergies avec ses actionnaires de référence, à savoir Holmarcom qui détient 70% du capital et le CIH avec 10%, BKB recommande de vendre le titre et prévoit la réalisation d’un bénéfice de 116 MDH en 2014, en hausse de 5%.
Notons que le CIH compte porter sa participation dans le capital de l’assureur à 35% à moyen terme pour ainsi répondre à ses objectifs de banque multi-métier. Et afin de financier cette opération, la banque prévoit de procéder à une émission obligataire d’un milliard de DH, ce qui devrait lui permettre de maintenir son ratio de solvabilité à 15%. Cela n’a pourtant pas séduit les analystes de BKB puisqu’ils s’attendent à ce que le cours de la banque recule de 5% pour se situer à 332,50 DH. Ils argumentent cette valorisation par le niveau élevé du coefficient d’emploi, qui dépasse 140% et qui traduit un besoin grandissant en ressources. D’autant plus que la faible couverture géographique avec l’ouverture de seulement 7 agences en 2013 ne joue pas en faveur de la banque au même titre que l’absence de relais de croissance à l’international. Dans ces conditions, la banque devrait poursuivre son processus de transformation en banque universelle à travers l’étoffement de son offre de produits et services, la diversification de ses crédits (hors immobilier, surtout dans un contexte de baisse des demandes de financement dans le secteur) ainsi que l’accroissement des synergies avec les structures du groupe. Cela n’empêche pas BKB de prévoir un résultat net part du groupe en croissance de 2,2%, à 526,3 MDH à fin 2014.

Par ailleurs, la nature défensive du secteur agroalimentaire en bourse ne le prémunit pas forcément d’un changement d’avis des analystes. En effet, Centrale Laitière et Unimer ne sont plus plébiscités. La société de bourse leur a fixé un objectif de cours respectivement de 1 014,80 DH et de 170,40 DH. La baisse potentielle des cours des deux sociétés s’établit dès lors à 30% et 11,5%.

Les analystes estiment que la mise en œuvre par Gervais Danone du programme d’investissement visant la mise à niveau des usines et des plateformes logistiques de la Centrale Laitière implique aujourd’hui une faible utilisation de l’outil industriel ainsi qu’un retard dans la mise en place effective des synergies avec la maison mère aussi bien sur le marché national qu’à l’export. En parallèle, la société devrait accuser un retrait de ses marges, induit par sa dépendance à l’amont agricole, à la volatilité des prix des matières premières à l’international, notamment la poudre de lait et à l’alourdissement des coûts énergétiques. Cela sans parler de l’exacerbation de la concurrence entraînant de fait une offre plus variée pour les consommateurs. En tout cas, les bénéfices de l’industriel du lait devraient croître de 10,5%, à 243,6 MDH.

Pour sa part, Unimer n’arrive toujours pas à sécuriser ses approvisionnements tant sur le marché national à travers sa filiale Unimer Dakhla que sur le plan international via le protocole d’accord conclu avec le gouvernement mauritanien pour l’implantation d’un complexe industriel visant la transformation et la valorisation du poisson pélagique. Cependant, le groupe poursuit sa stratégie de diversification de ses produits. Il prévoit de démarrer l’activité de conserverie du thon sous la marque Pikarome d’ici la fin de l’année. A moyen terme, il compte lancer un projet de valorisation de la farine de poisson. En attendant, le résultat net devrait baisser à la fin de cet exercice de 33,5% pour totaliser 39,5 MDH.
Enfin, Sonasid devrait atteindre un cours de 873,8 DH, en recul de 20,4% par rapport au cours actuel. La société de bourse considère que même si les mesures de sauvegarde ont été instaurées, elles ne pourraient, à elles seules, sortir l’industrie de son marasme. En effet, la hausse attendue des coûts énergétiques liés au fuel et à l’électricité, ainsi que le renforcement des capacités de production dû à l’accroissement de la concurrence devraient continuer à affecter la rentabilité du secteur. Malgré cela, le résultat net du groupe devrait totaliser 141,2 MDH, en progression de 64,2%.