Bourse : les secteurs porteurs, selon Upline Securities

Les banques et les compagnies d’assurance devraient profiter de la baisse des taux obligataires n La relance des investissements publics et l’important déficit en logements profiteront aux secteurs immobiliers et du BTP.
Les compagnies minières restent plombées par la poursuite de la chute des cours des métaux.

Le marché boursier devrait poursuivre sa croissance entamée en 2014, selon Upline securities. En effet, la baisse du taux directeur à 2,5% va comprimer les rendements obligataires, ce qui devrait se traduire par un arbitrage en faveur du marché actions. Parallèlement, l’introduction en bourse prévue de Marsa Maroc et Total Maroc ainsi que la cession de la participation de SNI dans le capital de Cosumar et Centrale Laitière apporteront un nouveau souffle au marché. Cela sans évoquer la reprise de l’économie de manière générale, avec une campagne agricole favorable, la relance des investissements publics et le repli du cours du pétrole.

Banques : la baisse  des taux devrait booster l’activité

Le secteur bancaire devrait tirer profit de la hausse de la demande des crédits suite à la baisse attendue des taux débiteurs, ainsi que de l’amélioration de la solvabilité des clients. Par ailleurs, la création prochaine des banques participatives devrait donner un nouveau souffle à l’économie du pays, à travers l’injection de nouveaux fonds et l’attraction des investissements étrangers. A l’international, les analystes considèrent que les trois grandes banques marocaines (Attijariwafa bank, BMCE Bank et la BCP) devraient poursuivre leur développement, capitalisant sur le potentiel important que recèlent les marchés de l’Afrique subsaharienne. Il reste toutefois à savoir si ces facteurs favorables seraient suffisants pour combler la non-récurrence des profits exceptionnels réalisés sur les portefeuilles obligataires suite à la baisse tendancielle des taux. En tout cas, le secteur devrait continuer à progresser en 2015 au même rythme prévu au titre de 2014. La masse bénéficiaire se situerait à 7,6 milliards de DH, en croissance de 5,4%.

Assurances : la branche non-vie prometteuse

La reprise économique-notamment dans sa composante non agricole-devrait contribuer à la progression du marché de l’assurance, principalement de l’activité non-vie qui a accusé un ralentissement de son rythme de croissance. Toutefois, il est prévu que la limitation de la déduction des cotisations d’assurance-retraite à 50% du salaire net imposable pourrait ralentir la dynamique affichée dernièrement par les produits d’épargne. A côté, la politique d’expansion africaine qu’ont adoptée quelques opérateurs marocains, notamment Wafa Assurance, ne pourrait qu’être bénéfique, et ce, compte tenu de la croissance potentielle qu’offrent ces marchés. Du coup, les analystes tablent sur une progression des bénéfices en 2015 de 7% par rapport aux réalisations prévisionnelles de 2014, à 1,3 milliard de DH.

Bâtiment et matériaux de construction : relance de l’activité

Les perspectives de développement du secteur du bâtiment font état d’une amélioration des activités de 2,8% en 2015. En plus de l’important déficit en logements estimé annuellement à 125 000 unités, le secteur devrait tirer profit du lancement, entre autres, de différents projets structurants dont essentiellement les projets d’infrastructures (routes, autoroutes, barrages, réhabilitation des ports), le plan de développement du Grand Casablanca sur la période 2015-2020, le projet de développement de certaines villes telles que Rabat, Tanger, Tétouan, Marrakech et Salé. Grâce à cela, le résultat net sectoriel devrait s’apprécier de 6,7% pour atteindre 3,2 milliards de DH.

Immobilier : le moyen standing comme relais de croissance

Les analystes tablent sur une réorientation progressive des promoteurs immobiliers vers des segments autres que le logement social, surtout à l’approche de la fin des avantages fiscaux en 2020. Dans ce cadre, le principal relais de croissance serait le moyen standing qui n’est actuellement pas assez desservi. La branche du logement social, elle, devrait être développée dans d’autres pays, de l’Afrique subsaharienne notamment. Cela dit, la préoccupation majeure des promoteurs demeure une meilleure gestion du BFR qui doit passer par une limitation des acquisitions en foncier et par un ralentissement du rythme de production. En poursuivant ce rythme de développement, le résultat du secteur devrait se hisser de 20% en 2015 pour s’élever à 3,2 milliards de DH.

Distribution : croissance tous azimuts

Le secteur devrait bien se porter cette année. En effet, l’activité de la distribution automobile devrait tirer profit de l’extension du réseau de commercialisation (100 sites à l’horizon 2020 pour Auto Hall) et de l’obtention de nouvelles cartes par Auto Hall et Auto Nejma. La grande distribution, elle, devrait bénéficier des ouvertures réalisées et celles à venir ainsi que du dynamisme constaté au niveau de la consommation des ménages. Pour leur part, les autres sociétés du secteur devraient augmenter leurs revenus grâce à la relance des investissements publics prévus dans la Loi de finances 2015. Ainsi, le secteur devrait dégager des bénéfices de 440 MDH cette année, en hausse de 15%.

Mines : contexte international toujours difficile

La baisse des cours des métaux précieux sur les marchés internationaux a pesé sur la rentabilité des compagnies minières. Cette situation devrait se poursuivre, surtout avec l’arrivée à échéance du plan quantitatif américain, qui devrait se traduire par une hausse des taux aux Etats-Unis et donc une baisse de la demande sur les métaux précieux. De plus, les difficultés de l’économie européenne à sortir de sa léthargie, conjuguées au repli de la demande chinoise seraient de nature à impacter négativement l’évolution des cours du cuivre. En dépit de cela et grâce surtout à un effet volume, le secteur devrait enregistrer un bénéfice de 998 MDH, en accroissement de 13,5%.