Bourse : les réalisations 2012 très en deçà  des prévisions des analystes

BMCE Capital prévoyait une croissance bénéficiaire de 9,4% contre une baisse de seulement 1,7% pour Upline Securities. Le résultat déficitaire de la Samir a déçu les analystes qui tablaient sur un bénéfice de plus de 500 MDH. Les réalisations du secteur bancaire ressortent presque conformes aux prévisions.

Les réalisations financières des sociétés cotées au titre de l’exercice 2012 sont très en deçà des prévisions des sociétés de bourse. En effet, la masse bénéficiaire ressort à 26,7 milliards de DH, en baisse de 10% par rapport à fin 2011, alors que, par exemple, BMCE Capital prévoyait une progression de 9,4%, à 32,7 milliards de DH. Upline Securities, elle, s’attendait certes à une baisse de résultats, mais sa prévision est limitée à -1,7%, à 29,3 milliards de DH.

En fait, les analystes des sociétés de bourse, tablant sur un redressement de la situation économique à l’international, une reprise de la demande interne et un ralentissement de la baisse du marché boursier en 2012, ont retenu des hypothèses de base assez optimistes et ont, du coup, surévalué les performances des sociétés de la cote. Notons au passage que ce sont la Samir et le secteur des cimenteries qui ont le plus déçu les analystes.

En effet, si par exemple les bénéfices du secteur bancaire qui s’élèvent à 8,9 milliards de DH sont presque conformes aux estimations des analystes qui tablaient sur 9,1 milliards de DH, ce n’est pas le cas d’autres secteurs. Celui des cimenteries a dégagé un bénéfice de 2,4 milliards de DH contre une prévision de 3,5 milliards pour BMCE Capital et 3 milliards pour Upline, soit un écart de 32% et 18,6% respectivement. Cette différence s’explique par la réalisation d’un chiffre d’affaires de 11,9 milliards de DH au lieu d’une estimation initiale comprise entre 13 et 14 milliards. Les professionnels se sont basés sur une croissance de la consommation nationale du ciment de 6 à 8% alors qu’elle a en réalité baissé de 1,6%. D’autant plus que les cimenteries cotées ont dû faire face à une concurrence rude exercée par Ciments de l’Atlas.
Pour les sociétés de financement, l’écart entre les prévisions et les réalisations est réduit à l’instar du secteur bancaire. En effet, le bénéfice agrégé du secteur a totalisé 489,6 MDH contre 553,5 MDH pour BMCE Capital (-11,5%) et 497 MDH pour Upline (-1,5%). Cela s’explique par des hypothèses d’évaluation conformes à la réalité du marché du crédit à la consommation, notamment en termes de production de crédit et de coût du risque.

Par contre, le secteur des assurances a également déçu les analystes puisque les bénéfices se sont établis à 988,4 MDH tandis que les estimations s’élevaient à 1,4 milliard de DH, soit un gap de 31%. Cela n’est pas dû à une baisse des primes émises qui se sont situées presque au même niveau que les prévisions (11,8 milliards de DH réalisés contre 10,5 milliards de DH prévus), mais plutôt au résultat technique qui est largement supérieur à la réalité. BMCE Capital et Upline tablaient respectivement sur un résultat technique de l’ordre de 2,1 et 1,9 milliards de DH alors qu’il atteint à peine 1,6 milliard de DH suite à la baisse du marché boursier et son impact sur les placements des compagnies.

Par ailleurs, Maroc Telecom, qui accapare 25% de la masse bénéficiaire totale du marché, a réalisé des bénéfices en baisse de 17,5%, à 6,7 milliards de DH. Les estimations étaient supérieures de 15,5% auprès de BMCE Capital, de 5,5% auprès d’Upline Securities et de 23% auprès de Sogécapital Bourse. Les analystes ont surestimé les revenus que dégagerait le groupe de près de 6%, tablant sur une croissance significative du parc clients de l’opérateur au même titre que le résultat opérationnel. Sauf que la recrudescence de la concurrence et la baisse des tarifs de communication sur le mobile ont tiré la rentabilité du groupe vers le bas.

Le secteur de l’énergie n’est pas en reste. Il faut même dire que c’est le secteur qui a le plus trompé les analystes. Les prévisions étaient bien supérieures aux réalisations du secteur. Ce dernier a totalisé des bénéfices de 254 MDH contre une estimation de 914 MDH pour Sogécapital Bourse, 920 MDH pour BMCE Capital et 586 MDH pour Upline Securities. L’écart est donc de plus de 100% pour les trois sociétés de bourse. Et c’est bien évidemment le résultat net de la Samir qui a plombé les réalisations du secteur. Le raffineur a, en effet, réalisé un résultat déficitaire de 130 MDH en raison de l’aggravation de son résultat financier, alors que les prévisions étaient de 553 MDH, 549 MDH et 193 MDH chez les trois sociétés de bourse.

Enfin, le secteur immobilier affiche lui aussi des performances commerciales et financières inférieures aux estimations de la place. Celles-ci portaient sur un volume d’affaires de 19 milliards de DH alors que les trois promoteurs de la cote réunis n’ont réussi à dégager que 16,4 milliards de DH, soit un gap de 13,7%. Ce gap s’est répercutée sur les bénéfices qui se sont situés à 3 milliards de DH, soit 12,5% à 26% d’écart par rapport aux pronostics des sociétés de bourse. En cause, les analystes avaient anticipé une reprise de la demande nationale sur le ciment et les matériaux de base, ce qui devait de toute évidence engendrer une demande plus forte sur les logements.