Bourse : l’atonie d’août n’est pas une tendance de fond, la hausse est à  venir

Le Masi a cédé plus de 2% depuis début juillet sur fond de détachements de dividendes et de manque de papier frais.
Les liquidités additionnelles induites par le retrait d’Ona et Sni et la reprise prévue des offres publiques devraient accélérer le mouvement de croissance.
Les rendements du marché restent attractifs.

Après un premier semestre relativement faste en termes de croissance, la Bourse de Casablanca est entrée dans une phase d’accalmie et d’hésitation durant ces mois d’été. En date du 23 août, le Masi, indice de toutes les valeurs cotées, affiche une baisse de 1,5% par rapport à début juillet, ramenant sa performance depuis le début de l’année à 11%. La liquidité du marché a également marqué le pas. Le volume moyen quotidien sur le marché central s’est en effet établi à 165 MDH durant le mois d’août, contre 510 MDH en juillet et plus de 900 MDH en juin.

Même si les échanges sur le marché de blocs ont atteint des niveaux exceptionnels, avec près de 3 milliards de DH en août et 13 milliards en juillet (dopés entre autres par les transactions sur le titre CGI), le comportement des investisseurs, particulièrement le grand public, était plutôt marqué par l’attentisme. La légère croissance occasionnée début juillet par l’introduction du distributeur automobile tunisien Ennakl a cédé la place à l’incertitude. Les analystes expliquent que le marché attendait l’arrivée de nouvelles opérations d’introduction et la publication des résultats semestriels des sociétés cotées. Dans ce contexte, le mouvement de détachement des dividendes au titre de l’exercice 2009, qui s’est étalé durant les mois de juillet et août, a transformé l’hésitation du marché en une baisse.

Ainsi, il s’agit d’une rupture de tendance ponctuelle et non d’un renversement de fond. Car, selon les professionnels, des signaux positifs qui apparaissent actuellement confortent l’hypothèse d’une poursuite de la croissance entamée depuis le début de l’année, voire une accélération de celle-ci. Les analystes de CFG Marchés expliquent d’abord que l’opération de retrait de l’ensemble Ona/Sni a marqué un réel tournant dans l’accélération du rebond du marché, l’inscrivant dans une nouvelle dynamique haussière. «Même si une partie non négligeable de la croissance s’est réalisée durant le premier semestre, nous pensons qu’il est encore possible d’envisager la poursuite voire l’accélération du mouvement au second semestre», notent les responsables. Ces derniers s’appuient sur trois principaux facteurs pour expliquer leur pronostic favorable. Le premier est la liquidité additionnelle induite par l’effet cash mécanique de l’offre publique de retrait d’Ona et Sni. Signalons que les titres des deux holdings ont été radiés de la cote le 19 août, et que l’opération de retrait a mobilisé plus de 10 milliards de DH que les investisseurs réinjecteront sur le marché.
Le deuxième facteur est la reprise prévue de l’activité sur le marché primaire. Notons que l’introduction d’Ennakl Automobiles S.A a ouvert le bal des offres publiques en 2010, et que la prochaine opération concernera la compagnie d’assurance Cnia-Saâda qui devrait céder durant le mois de septembre prochain 15% de son capital, soit un montant global de près de 800 MDH. En outre, les professionnels du marché s’attendent à ce que l’augmentation du flottant en Bourse des filiales agroalimentaires d’Ona et Sni (Lesieur, Cosumar, Centrale Laitière…) soit réalisée dès le quatrième trimestre de l’année, ce qui doperait davantage l’activité sur le marché primaire.

Le troisième facteur confortant la poursuite de la croissance concerne quant à lui le niveau toujours attractif des rendements des valeurs cotées, et ce, malgré la hausse du marché durant le premier semestre. Une vingtaine de titres affichent en effet un rendement de dividende supérieur à 5,5%, au moment où le marché est seulement à 3,5% de rendement.

Notons en outre que sur le plan fondamental, le redressement des indicateurs conjoncturels se poursuit progressivement. Les sociétés cotées, particulièrement, devraient réaliser une croissance bénéficiaire de 14% au titre de l’année 2010.