Bourse : investir en 2021…

• La place boursière continuera à être privilégiée en 2021.
• Il faut opter pour les valeurs qui transforment leurs résultats en cash-flow.

Le MASI démarre l’année du bon pied. Hormis deux séances dans le rouge, le baromètre enchaîne les performances. A la clôture du 26 janvier, la performance annuelle est de 4%. Un vent de reprise qui s’installe ? Même s’il est prématuré de le confirmer, certains facteurs plaident pour en tout cas.
Dans un contexte de raréfaction croissante des placements à rendement attractif, la bourse reste l’une de meilleures alternatives aujourd’hui. La projection des investisseurs au-delà de la crise sanitaire est plutôt optimiste. Beaucoup anticipent un retour à la vie normale cette année. La tant attendue campagne de vaccination a démarré après que le Royaume a reçu ses premiers 2 millions de doses du vaccin indien. Ensuite, les précipitations enregistrées ces 3 derniers mois et qui ont permis de résorber progressivement le déficit pluviométrique, ne pourraient être que bénéfiques pour la campagne agricole en cours, estimée meilleure que les années précédentes. Enfin, la place boursière devrait continuer à profiter cette année de la stratégie d’arbitrage entreprise par les investisseurs (renforcée depuis une bonne partie de l’année dernière) en faveur de l’action, à défaut d’un marché obligataire offrant des rendements intéressants. Ce mouvement de réallocation devrait d’ailleurs se poursuivre, compte tenu du bon niveau des finances publiques, ce qui écarte toute possibilité de montée des taux, du moins sur un horizon court-moyen-termiste.
En attendant une confirmation de cette tendance haussière, intimement liée à l’évolution pandémique, du bon déroulement de la campagne de vaccination et des signaux de reprise de l’économie, les analystes conseillent de privilégier certaines valeurs en 2021. Les analystes d’ Attijari Global Research (AGR) placent la génération du cash au cœur de leur stratégie de placement cette année. «Transformer son résultat en cash-flow est pour nous la seule réalité permettant d’assurer à la fois un retour soutenable à l’Actionnaire et un renforcement de la résilience», annoncent-ils.
Les valeurs retenues sont :

Maroc Telecom : Résilience à toute épreuve
Les analystes tablent sur un cours de 160 DH (Vs 148,85 DH au 26/01). Il faut dire que les perspectives de croissance d’IAM sont toujours positives sous l’effet d’une très bonne dynamique des segments “Internet haut & très haut débit” et de la Data Mobile. Les revenus de l’opérateur devraient s’apprécier de 7% selon les estimations.

Ciments du Maroc : Une croissance attendue en double digit du CA
Le potentiel de hausse du titre en bourse est de 7% (le cours devrait atteindre 1800 DH). Sur le plan fondamental, les revenus de CIMAR devraient s’apprécier de 10,2% durant la période 2020-2022, tirant profit de la reprise attendue des ventes de ciment. La marge EBE devrait baisser de 4 pts en 2021 en raison de coûts logistiques plus importants. En effet, l’opérateur envisage la conquête de la région de l’Oriental à compter de 2021 afin de contrebalancer l’entrée en service de nouvelles capacités dans le Sud.

Cosumar : Un RNPG attendu en hausse de 20%
L’augmentation des capacités d’export de la raffinerie de Casablanca et la bonne tenue de la campagne sucrière au Maroc permettraient à Cosumar de franchir le cap des 2 milliards de DH d’EBE en 2022. Un scénario conditionné par une production locale de sucre supérieure à 500 000 tonnes (T) et des exportations pouvant aller jusqu’à 600 000 T à horizon 2022 contre 508 000 T en 2019. En outre, l’intégration par mise en équivalence du projet Durrah sur une année pleine, porterait le RNPG récurrent à près de 1,1 milliard au terme de la période 2020-2022, en hausse de 20%. Dans ces conditions, les analystes d’AGR ressortent avec un cours cible de 240 DH contre 226,5DH initialement.

Total Maroc : 2021, l’année de reprise
Tenant compte des répercussions de la crise sanitaire, Total Maroc devrait accuser en 2020 une baisse de ses volumes de ventes de -10%. À compter de 2021, la reprise devrait pointer du nez grâce au redressement attendu de la consommation de carburant de 12%, à la stabilisation relative de la marge de distribution du secteur après une phase d’instabilité et à un effet stock positif suite à la reprise des cours du baril. Dans ces conditions, le cours objectif du titre est de 1420DH (Vs 1 260 au 26/01).

SNEP : Le CA dépassera la barre de 1 milliard en 2022
Les perspectives de croissance de SNEP sont portées par son projet d’investissement visant à accroître ses capacités de production dès le 2e semestre 2021. En 2022, le CA dépasserait le 1milliard, en hausse de 16% par rapport à 2020. La marge EBE s’établirait autour des 19% sur la période 2020-2022, soutenue par le gain de compétitivité relatif au nouvel investissement.
Au final, les analystes d’AGR sont confortés à l’égard du cours objectif initial du titre SNEP, soit de 685 DH (Vs 544 DH).

Mutandis : Diversification, le leitmotiv gagnant de la Holding
La diversification du portefeuille des activités de Mutandis trouve tout son sens aujourd’hui. En effet, le groupe devrait limiter la baisse de ses revenus à -3% en 2020 avant de renouer avec un profil de croissance autour des 7%. Cette évolution soutenue est justifiée à la fois par le développement continu des détergents, l’effet mix-produit positif des produits de la mer et la normalisation des résultats post-confinement de l’activité Bouteilles Alimentaires.
Le cours objectif du titre de 273 DH est fondamentalement justifié, selon AGR. A la clôture du 26/01, le cours effectif était de 226 DH.

CMT : Des résultats boostés par la hausse des cours et de la production
Durant la période 2020-2022, la CMT afficherait une solide reprise de son EBE de plus de 70%. Cette orientation positive se justifierait par deux principaux leviers. Les niveaux très lucratifs des cours de l’Argent dont la contribution aux revenus devraient dépasser les 33% sur la période prévisionnelle contre 28% en 2019, et le relèvement attendu de la production d’environ 10% à compter de 2022 suite à l’entrée en production du nouveau puits.

SMI : Une belle croissance en 2022
Durant la période 2020-2022, la SMI afficherait une nette amélioration de son EBE de 50%. Ce dernier profiterait d’un double effet positif: Un cours moyen de vente de l’Argent de 22 $/Oz à partir de 2021 contre 19,4 $/Oz en 2020, en hausse de 13,2%, et un retour à une production normative en 2022 de 180 T telle qu’annoncée par le Management (contre 144 T en 2020). Cette amélioration de la performance économique de l’opérateur se reflèterait positivement sur le ROCE qui devrait plus que doubler, passant de 9,6% à 21,3% sur la même période. Tenant compte d’une approche plus conservatrice en termes de production, les analystes ressortent avec un cours objectif du titre SMI à 2 420 DH.