Bourse de Casablanca : le reclassement dans l’indice MSCI, un bon signal pour les investisseurs étrangers ?

Le poids du Maroc passera dans le compartiment «Frontier market» à  6,7% contre 0,08% actuellement. Maroc Telecom représentera la plus grande capitalisation de ce compartiment. Dix valeurs seront intégrées dans l’indice contre trois seulement dans le précédent.

La Bourse de Casablanca se porte toujours mal. Outre la contre-performance des indices qui atteint près de 7% en date du 11 juin, les volumes de transactions sont en net recul. Ils se sont établis à 82,8 MDH en moyenne quotidienne depuis le début de l’année, en repli de 13% par rapport à la même période de l’année précédente. Il faut dire que la liquidité, facteur déterminant dans l’attractivité d’une bourse de par le monde, présente un réel problème sur le marché marocain. A ce titre, Karim Hajji, DG de la Bourse de Casablanca, qui intervenait lors d’une conférence de presse tenue le 10 juin, se désole : «La Bourse de Casablanca est la place la moins liquide de toute la région MENA». D’ailleurs, c’est à cause du manque de liquidité  que les opérateurs de l’indice MSCI ont décidé le reclassement du Maroc pour le ramener du compartiment «Emerging market» à celui de «Frontier market».
Néanmoins, FTSE a maintenu récemment le positionnement du Maroc dans la catégorie du marché émergent.

En tout cas, le Maroc devra figurer désormais aux côtés de plus de 30 pays dont le Koweit, l’Arabie Saoudite, le Nigeria, le Kenya et la Tunisie. Ainsi, le reclassement de la bourse casablancaise, qui sera effectif à partir de novembre de cette année, contribuera à donner une vision claire aux investisseurs étrangers sur ses réalisations par rapport à ses concurrentes. En ce sens, M. Hajji souligne : «Ce reclassement présentera une bonne opportunité dans la mesure où le nouveau positionnement du Maroc sera plus attractif». En effet, ce sont plusieurs valeurs qui seront intégrées dans le nouveau compartiment, dont Maroc Telecom, Addoha, Attijariwafa bank, BCP, BMCE, CIH, Alliances, CGI et Managem. Notons que le premier compartiment ne prenait en compte que les trois premières capitalisations dans la pondération du Maroc.

Du coup, le poids de la bourse sera plus important. Il passera à 6,70%, alors qu’il n’était que de 0,08%, surtout que le Qatar et les Emirats Arabes Unis, qui faisaient partie de cette catégorie, ont été surclassés pour passer au compartiment des marchés émergents. Ceci fournira davantage de visibilité pour les investisseurs. De plus, Maroc Telecom présentera la plus grande capitalisation du MSCI frontier market.

Quand bien même le reclassement présente une bonne nouvelle pour favoriser le flux des capitaux, le risque d’investissement est évidemment élevé. Par conséquent, la prime de risque que demanderont les investisseurs serait nettement supérieure par rapport au compartiment initial. Ce qui devrait pousser les acteurs concernés à redoubler d’efforts en vue d’améliorer la liquidité. L’accent est mis surtout sur la mise en place d’un marché à terme et l’entrée en vigueur de la loi sur le prêt-emprunt des titres.