Bourse de Casa : les indices des principaux secteurs cotés dans le rouge

Bà¢timent, télécoms, assurances, sociétés de financement, distribution, énergie et banques affichent des baisses ou tout au plus de légères hausses.
En cause, des valorisations élevées et un manque de confiance dans les perspectives d’avenir.
Les dividendes 2008 ont dopé les cours dans certains secteurs.

Le comportement et les attentes des investisseurs se font ressentir sur le cours des valeurs cotées à la Bourse de Casablanca. A travers les indices sectoriels de la place, qui agrègent l’évolution des titres appartenant aux mêmes secteurs d’activité, ce phénomène est bien perceptible.
Au moment où le Masi, indice de toutes les valeurs cotées, affichait une performance de 4,31% depuis le début de l’année (au 15 juin 2008), après avoir longtemps évolué dans le rouge durant les mois passés, 14 indices sectoriels avaient réalisé des performances positives. Ce n’est donc que 7 secteurs sur les 21 de la cote qui marquent une régression.
Cette situation peut sembler satisfaisante pour les observateurs, mais il faut prendre ces chiffres avec précaution. Car les 7 secteurs en baisse sont parmi les plus importants de la cote, à la fois en termes  d’activité et de capitalisation. A cela s’ajoute le fait que des compartiments tout aussi importants comme celui des banques ou celui de l’énergie affichent des performances qui n’atteignent pas 3%. Enfin, concernant les secteurs en hausse significative, plusieurs ne comptent qu’une ou deux sociétés -donc ne sont pas représentatifs- et plusieurs ont été dopés par les niveaux élevés de dividendes distribués.

Ralentissement de la croissance pour le ciment, les banques et l’immobilier
La pire contre-performance de la cote au 15 juin 2008 revient au secteur du bâtiment et matériaux de construction, avec une chute de -8,40% depuis le début de l’année. La baisse des cours de Cimar, Holcim et Sonasid explique largement ce recul. Après avoir évolué positivement pendant plusieurs années, le secteur a été pénalisé par les investisseurs en raison de la nette décélération des volumes de ventes de ciment durant ces premiers mois de 2009 (-0,8% à fin mai) consécutive au repli des investissements. «L’entrée de nouveaux opérateurs sur le marché du ciment et le démantèlement douanier en 2012 sont aussi des éléments qui inquiètent le marché dès maintenant», ajoute un analyste.
Le secteur des télécommunications vient, lui, en seconde position en termes de contre-performances avec        -7,09%. Le cours de Maroc Telecom a en effet baissé depuis le début de l’année après avoir signé une bonne progression en 2008. Cette situation est due selon les sociétés de Bourse de la place au renforcement de la concurrence dans le secteur qui induit une pression sur les tarifs -et donc sur les marges- et à l’essoufflement de la croissance du parc mobile, principal segment d’activité de l’opérateur. Une décélération qui devrait se traduire par des taux de progression du chiffre d’affaires et des résultats moins importants que par le passé.
Le secteur des assurances affiche pour sa part une baisse de 1,96%, reflétant le recul des cours de Wafa Assurance et d’Atlanta suite au net repli des résultats 2008 (-37,4%), celui des loisirs et hôtels une régression de 4,06% compte tenu de la conjoncture du secteur touristique affectée par la crise internationale (baisse des nuités et de recettes), et les sociétés de financement une contre-performance de -1,13% en raison du ralentissement de la croissance bénéficiaire prévu pour les établissements de crédit en 2009.
De leur côté, le secteur bancaire et celui de l’énergie réalisent des progressions en termes d’indice respectivement de 2,25% et 0,63% seulement. Le premier, entre le repli des cours de BMCE Bank, BMCI et du Crédit du Maroc et la hausse de ceux d’Attijariwafa bank, la BCP et du CIH, évolue au ralenti, en corrélation avec le tassement de la croissance des dépôts et des crédits (respectivement +9,3% et +12,2% prévus en 2009 contre 17,7% et +25,8% en 2008) qui devrait limiter la progression du PNB du secteur à 13,8% en 2009 contre 23,1% en 2008. Quant au secteur énergétique, la croissance de son indice reste limitée par le manque de visibilité sur l’évolution du marché pétrolier en 2009 ainsi que par le déficit énorme qu’a réalisé la Samir en 2008 et dont les effets devraient impacter même l’exercice en cours.
Pour ce qui est des compartiments en hausse, hormis l’agroalimentaire et les boissons qui bénéficient d’une conjoncture économique favorable qui encourage les investisseurs à s’y positionner (bonne année agricole et demande en constante progression), les autres secteurs n’ont profité que des effets d’une distribution de dividende alléchante ou de rumeurs sur des opérations stratégiques. Tel est le cas du secteur minier (+69,63%) suite au soutien de Managem par quelques opérateurs et aux rumeurs sur la valeur SMI, et des secteurs du transport et de la chimie en raison des rendements de dividende élevés que proposent des valeurs comme la CTM et la Snep. Pour sa part, l’immobilier, même s’il bénéfice toujours des faveurs des investisseurs suite aux bons résultats enregistrés au titre de 2008, devrait subir le regain de prudence du marché vu que le secteur montre déjà des signes de ralentissement.
En définitive, les investisseurs réagissent à la réalité économique et les perspectives de certains secteurs, mais aussi à des paramètres purement financiers et immédiats comme le rendement de dividende. Les résultats semestriels qui seront publiés à partir du mois prochain confirmeront certainement les tendances de quelques compartiements, mais pourront bien changer la donne pour d’autres.