BONS DU TRESOR ET OBLIGATIONS : Le faible recours du Trésor au marché primaire grève le rendement

Les taux des bons du Trésor ont poursuivi leur tendance baissière entamée en 2014. Toutefois, le recul n’a pas été de la même ampleur, le potentiel de baisse ayant été largement consommé.

Mais si la tendance avait concerné essentiellement les taux à court terme en 2014, elle s’est étendue cette année aux autres maturités. En effet, les bons du Trésor émis sur 15 et 20 ans ne rapportent plus que 4% chacun, en repli respectivement de 14 et 30 points de base par rapport à fin 2014. Les très courtes maturités, elles, sont restées stables vu que l’année dernière, elles avaient concédé de forts reculs. Ainsi, le rendement des bons à 13 et 26 semaines se situe autour de 2,5%, contre 2,56% pour la maturité 52 semaines, en repli de 6 points de base seulement. A titre de rappel, ces taux avaient accusé des replis allant de 1 à 2,2 points en 2014.

Si la rémunération des bons du Trésor poursuit sa baisse c’est en raison de l’amélioration continue de la situation des finances publiques. Avec des recettes en progression de 3,6%, à 82 milliards de DH et des dépenses en contraction de 3%, à 88,7 milliards de DH, le déficit s’est allégé de 22,2% pour atteindre 25 milliards de DH à fin mai. 

Ainsi, le Trésor a réduit son recours au marché des adjudications et a même modifié la structure de ses levées. Alors qu’il se finançait surtout sur la court terme, il s’oriente actuellement de plus en plus vers le moyen et long terme, d’autant que les investisseurs adoptent une politique souple. Même quand ces derniers demandent des rendements plus élevés, le Trésor ne se montre pas près de les satisfaire, compte tenu de la poursuite de l’amélioration de la conjoncture.

Dans ce contexte, les analystes obligataires estiment que l’Etat n’aura aucune difficulté à atteindre son objectif de déficit budgétaire prévu dans la Loi de finances 2015, à savoir 4,3% du PIB.